POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

pas d’élections à la Chambre de commerce

«Une décision scandaleuse et illégale»



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Jean-Christophe Burkel (3e à droite) va solliciter le ministre pour un rendez-vous en urgence. (Photo: Uless/Alexander Anyfandakis)

Trois de ses candidats ayant été écartés, la liste de Jean-Christophe Burkel pour les élections à la Chambre de commerce a été radiée. Une décision qui scandalise le directeur de l’Uless. 

Il n’y aura donc pas d’élections afin de renouveler l’assemblée plénière de la Chambre de commerce.  Les vérifications menées par le ministère de l’Économie ont en effet conduit à radier trois candidats d’une des deux listes en lice dans le groupe 1 (Commerce et autres activités commerciales). Ainsi amputée, cette liste ne remplissait plus les conditions pour rester en course et a donc été écartée.

Suite à cela, le président du bureau de vote a constaté que pour chacun des six secteurs, il n’y avait plus qu’une liste proposant chacune le nombre exact de délégués effectifs et suppléants. «Dans ce cas, il n’y a pas lieu d’organiser des élections», indique le ministère de l’Économie. La désignation des membres effectifs et suppléants pour les cinq années à venir est automatique.

Si on doit arriver à cela, on y arrivera: on fera un procès au ministère de l’Économie.

Jean-Christophe Burkel,  directeur,  Uless

Cette décision, officialisée ce mardi matin, a suscité l’étonnement. Mais aussi la colère. Notamment dans le chef de Jean-Christophe Burkel , directeur de l’Union luxembourgeoise de l’économie sociale et solidaire (Uless). C’est la liste qui avait été déposée par ses soins qui a été radiée. «Je trouve cela tout simplement honteux et, oui, dégueulasse», indique-t-il à Paperjam. «On a déposé une liste mais on nous refuse le simple fait de pouvoir être présent aux élections. Si cela se confirme, cela voudra dire qu’on a un terrible problème avec la démocratie dans ce pays!»

Le directeur de l’Uless savait que son initiative serait moyennement appréciée. «J'ai donc été très prudent en confectionnant la liste. Les listes électorales ont été arrêtées le 7 février et tous mes candidats étaient dessus. Le 13 février, tous les noms des personnes - car il s'agit de personnes physiques et non de sociétés - ont été vérifiés avec un membre du ministère. La proposition de candidats a alors été déposée, et j'ai un PV qui en atteste. Ces 24 personnes figuraient bien sur la liste de la Chambre de commerce comme arrêtée peu avant. La décision d'en radier trois est donc illégale.» Jean-Christophe Burkel a dès lors demandé en urgence un rendez-vous avec le ministre de l'Économie Étienne Schneider

Si nécessaire, nous ferons un procès au ministère de l’Économie.

Jean-Christophe Burkel,  directeur,  Uless

Contacté, le ministère de l’Économie a expliqué que le président de bureau avait constaté que «certaines sociétés délégantes sur cette liste ne sont pas ressortissantes de la Chambre de commerce, mais de la Chambre des métiers». De là leur mise à l'écart. «C'est faux», déplore Jean-Christophe Burkel. «Elles sont toutes inscrites sur les listes de la Chambre de commerce. Nous payons d'ailleurs tous nos cotisations à la Chambre. Pour payer, on nous trouve. Mais pas pour nous autoriser à participer à des élections.»

Le président de l’Uless voit aussi là un beau gâchis. «Nous avions sur la liste des jeunes et des plus anciens, des frontaliers... Elle était très représentative. Le résultat ne comptait pas pour nous. Ce qui importait, c’était de participer et de dire que l’économie sociale et solidaire est une réalité. Mais même cela, on n’en a pas le droit.»

Le ministère de l’Économie précise que l’arrêté va maintenant être publié au Memorial. Suite à cela, une voie de recours est possible en cas de contestation «tout d’abord auprès du ministre». Si celui-ci entérine la décision du président du bureau de vote, il reste encore la possibilité d’un autre recours devant le tribunal administratif. «Nous allons introduire un recours, évidemment. Et s’il n’y a pas d’élections, nous ferons un procès au ministère» conclut Jean-Christophe Burkel.