POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

édito 

«Un savoir-faire à faire savoir»



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Thierry Raizer, rédacteur en chef de Paperjam. (Photo: Maison Moderne / Archives)

Leurs brigades ont pris l’allure d’escadrilles, rompues aux manœuvres de haut vol que sont, parfois, les événements à destination d’un public B2B. À l’image des principaux traiteurs et cuisiniers du pays qui ont réussi à faire monter leurs prestations en gamme pour répondre aux besoins des entreprises et autres institutions, les prestataires du Mice se sont, dans l’ensemble, professionnalisés depuis 10 ans.

Cet édito est paru dans le supplément Paperjam: Mice 2019 .

Poussé par un secteur financier et son écosystème gourmands en festivités de tailles variables, tantôt pour célébrer l’inauguration d’un nouveau siège, tantôt pour retrouver des clients ou prospects en petit comité, le Mice a appris à grandir, à faire passer ses prestations d’artisanales à industrialisées, sans perdre une touche «humaine», indispensable lorsque l’utilisateur final, l’invité, vient à la rencontre de ses troupes.

«L’ambition de faire du secteur Mice luxembourgeois, à l’avenir, une des 50 meilleures destinations pour l’organisation de congrès internationaux sera poursuivie», peut-on lire dans l’accord de gouvernement conclu par le DP, le LSAP et Déi Gréng pour la période 2018-2023. Une continuité de la volonté affichée en septembre 2018 par la secrétaire d’État à l’Économie de l’époque, Francine Closener . Car les arguments sont nombreux pour plaider en faveur de l’essor du tourisme d’affaires. À commencer par les vocations qu’il peut créer. Aux côtés de la finance ou de l’ICT, friands de main-d’œuvre, montrer aux jeunes écoliers et étudiants que l’économie luxembourgeoise offre d’autres perspectives ne peut que favoriser une égalité des chances sur le marché du travail.

La volonté politique de faire du Luxembourg «the place to be» pour les événements d’affaires qui correspondent aux secteurs économiques phares et de diversification doit entraîner un renforcement, voire un développement, des formations initiales ou continues ad hoc. La valorisation ou l’encadrement de métiers spécifiques – des chauffeurs VIP aux agents de sécurité – peut aussi mettre à l’emploi des profils qui ne se sentent pas forcément attirés par d’autres débouchés, voire proposer un nouveau chemin de vie à des personnes sans emploi.

Petits fours «made in Luxembourg», légumes du primeur local, vins des bords de la Moselle… Le Mice est aussi une invitation à découvrir le fruit du travail des acteurs locaux de l’agroalimentaire, en empruntant les chemins courts qui font aussi du bien à la planète. Une conférence au Kirchberg, un dîner en ville et une visite des charmes du Mullerthal: le Mice reste aussi et surtout un moyen de montrer le Luxembourg autrement, de faire rayonner son image à l’étranger par du concret, grâce à ses charmes naturels que des professionnels mettent en valeur. Autant de savoir-faire qu’il faudrait faire savoir à l’étranger, dans des campagnes publicitaires renouvelées, avec l’apport d’une autre industrie poussée par le gouvernement: les créatifs.