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Pandémie

L’Europe veut contrôler ses exportations de vaccins



Ursula von der Leyen a convaincu les 27 États membres de contrôler les exportations de vaccins, une question qui divisait. (Photo: Shutterstock)

Ursula von der Leyen a convaincu les 27 États membres de contrôler les exportations de vaccins, une question qui divisait. (Photo: Shutterstock)

Les chefs d’État et de gouvernement se rallient à la Commission, qui veut renforcer le mécanisme de contrôle des exportations de vaccins hors de l’Union européenne.

Le Conseil européen virtuel de ce jeudi 25 mars avait la question des vaccins à son menu au moment où les difficultés d’approvisionnement en vaccins contre le Covid-19 sont au cœur d’un différend entre Bruxelles et Londres. Les 27 États membres ont reconnu la nécessité de renforcer le mécanisme de contrôle des exportations de vaccins hors de l’Union européenne (UE), comme le souhaitait la Commission. Une reconnaissance discrète. Si les dirigeants européens ont reconnu et validé la nécessité de renforcer le mécanisme de contrôle des exportations de vaccins, ils ne se sont pas prononcés sur les modalités que devait prendre ce durcissement.

Une modération qui s’explique par le fait que la question divisait les États membres. D’un côté, il y a la volonté – soutenue par les États qui hébergent une industrie pharmaceutique ou de tradition libérale, avec l’Irlande, la Belgique, les Pays-Bas et la Suède en tête – d’éviter une guerre commerciale, alors qu’aucun pays n’est autonome pour la production de vaccins. Et, d’un autre côté, il y a l’exaspération montante des citoyens européens face à la pénurie de vaccins et aux «atermoiements» d’AstraZeneca.

Réciprocité et proportionnalité

Désormais, la Commission peut interdire les exportations dans deux hypothèses. D’abord, face à des laboratoires qui ne tiennent pas leurs engagements vis-à-vis des 27. Mais aussi dans le cas où les pays vers lesquels l’industrie compte expédier ses doses sont totalement «fermés» – comprendre qu’ils n’exportent pas également vers l’Europe. On parle de «réciprocité» dans le jargon communautaire ou, si leur population est déjà plus vaccinée qu’en Europe, on parle de «proportionnalité». Évidemment, le Royaume-Uni est clairement dans la ligne de mire en ce qui concerne ces deux critères. Et alors que les échanges sur le sujet entre Bruxelles et Londres étaient inexistants, un accord sur plus de livraisons de vaccins AstraZeneca produits en Angleterre pourrait survenir ce week-end. On parle de 100 millions de doses. Moins que les 200 qui auraient dû être livrées selon les contrats conclus.

Si Emmanuel Macron s’est félicité de l’accord et parle de la «fin de la naïveté», Jean-Claude Juncker , le prédécesseur d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission,  n’est pas convaincu qu’une guerre des vaccins soit la bonne méthode au nom de la réputation de l’UE en termes de libre-échange .