POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Observatoire de la formation des prix

Uber absent, Taxiapp secoue le cocotier



278672.jpg

Uber absent, une association de chauffeurs de taxi appelle à de nouvelles mesures... au moment où Taxiapp prend une part du gâteau de plus en plus grosse. (Photo: Shutterstock)

Uber ne parvient toujours pas à entrer sur le marché luxembourgeois... ce qui profite à Taxiapp, note l’Observatoire de la formation des prix, dans une analyse du marché publiée ce lundi. Une «association des chauffeurs de taxi» veut redistribuer les cartes.

Uber n’a «actuellement aucun projet de lancement au Luxembourg [car] le principe même de l’entreprise ne correspond pas aux normes sociales et aux taxes appliquées au Grand- Duché». Bien que la société américaine se soit installée à Metz, Nancy ou Strasbourg en septembre, elle restera – pour l’instant – à la frontière, a reconnu la directrice de la communication du groupe, Rym Saker.

Droit du travail, sécurité sociale, impôts: à leur entrevue, le ministre de la Mobilité, François Bausch , a rappelé à l’opérateur la liste des critères qu’il devrait remplir pour avoir son autorisation d’exercer.

Uber absent, une nouvelle plate-forme a vu le jour le 17 janvier dernier «de réservation indépendante de mise en relation entre chauffeurs professionnels de taxi et d’utilisateurs», appelée Taxiapp.lu.

Le nouvel entrant, qui propose des prix de course inférieurs de 20 à 50% à ceux des acteurs traditionnels bien qu’il se soumette à toutes les règles du jeu, n’a pas tardé à agacer les syndicats. «50% des licences de taxis accordées dans le pays concernent des indépendants», a répondu le ministre dans une réponse parlementaire. «Les gens qui conduisent pour Taxiapp.lu sont des indépendants enregistrés légalement. Ils paient leur sécurité sociale, leurs impôts.»

Ils reversent entre 5 à 10% de leurs courses aux fondateurs de l’application.

Trois tarifs sont disponibles selon le modèle du véhicule: 1,99 euro/kilomètre, 2,40 euros/kilomètre et 2,80 euros/kilomètre.

Des tarifs encore en hausse

L’Observatoire de la formation des prix, qui avait déjà étudié la variation de quatre parcours entre 2004 et 2017, a refait le calcul entre 2017 et 2019. Son étude montre que:

- le trajet 1 (Luxembourg-ville, 4,3km, en semaine, aller simple) a encore augmenté de 12,8% à 17,33 euros;

- le trajet 2 (Luxembourg-gare centrale à Mersch-gare, 26,5km, dimanche, aller simple) a augmenté de 17,1% à 90,77 euros;

- le trajet 3 (Walferdange à Hôpital Kirchberg, 9,5km, en semaine, aller simple) a même augmenté de 19% à 35,90 euros;

- et que le trajet 4 (Luxembourg-ville à Strassen, 8,5km, en semaine, après 22 heures, aller simple) a augmenté de 14,7% à 27,10 euros.

Le grand écart des prix

Sur cette base, l’OFP établit à 56,3% la différence de prix entre les différents acteurs sur le trajet 1, 153,6% pour le trajet 2; 81% pour le trajet 3 et 106,6% pour le trajet 4.

Il n’est pas difficile de comprendre qu’à la lecture de ces chiffres, certains aient tiqué, ce lundi matin.

Une «association des chauffeurs de taxi Luxembourg» a publié un manifeste dans lequel ces chauffeurs disent vouloir s’engager «à la construction d’une profession plus solidaire et plus juste».

Selon eux, «l’organisation actuelle du marché du taxi au Luxembourg est totalement obsolète et favorise l’émergence d’une concurrence sauvage et déloyale, une agressivité entre professionnels du taxi. Le monde du taxi au Luxembourg doit être repensé et recentré sur le client, sur la qualité de l’offre de transport et du service dû au client, mais aussi que le chauffeur de taxi doit bénéficier d’une vraie reconnaissance professionnelle de la part de l’employeur.»

Manque d’éthique sur les tarifs, manque de professionnalisme dû à une absence de formation, distorsions tarifaires, l’ACTL réclame une nouvelle convention collective, une formation obligatoire, une tarification indexée par l’État et une obligation de services au client.