ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

De la fintech aux medtech

Tuspark oublie le Luxembourg et les fintech



Toutes les 30 secondes dans le monde, une opération permet de revasculariser le muscle cardiaque grâce à l’introduction d’implants dans les artères qui l’irriguent. R-One, le premier robot de Robocath, améliore les conditions de travail des chirurgiens. (Photo: Robocath)

Toutes les 30 secondes dans le monde, une opération permet de revasculariser le muscle cardiaque grâce à l’introduction d’implants dans les artères qui l’irriguent. R-One, le premier robot de Robocath, améliore les conditions de travail des chirurgiens. (Photo: Robocath)

Annoncée il y a un an pour amener des fintech chinoises au Luxembourg, la chinoise Tuspark a investi dans deux medtech françaises avec la création d’activités… en Chine.

«Nous n’en sommes qu’au début. Je ne sais pas si, finalement, nous lèverons jusqu’à 100 millions d’euros. La difficulté est que nous voudrions attirer des fintech chinoises vers le Luxembourg dans le cadre de leur expansion en Europe. Seulement, la Chine est un grand marché, et le Luxembourg est déjà très développé en termes de présence de fintech…»

C’était il y a un an. Daniel Wang joue profil bas. Le CEO de Tuspark Capital Management a été présenté à la BIL comme un nouveau fonds d’investissement, lancé par la plus grosse université chinoise, pour attirer des fintech chinoises au Luxembourg .

Un an après cette prise de contact avec la place financière luxembourgeoise, Tuspark n’a officiellement investi que dans deux sociétés, des start-up européennes du domaine médical, qu’on appelle des medtech, et sans qu’aucune des deux n’ait rien à voir avec le Luxembourg, ni maintenant, ni demain. Dans les deux cas, elles seront même «invitées» par leur nouvel actionnaire à poser un pied en Chine.

Le 30 avril, elle a participé à un tour de table de 30 millions d’euros pour un tiers des parts de Robocath , emmené par Microport Scientific Corporation, cotée à Hong Kong, avec Zhejiang Silk Road Fund, CS Group et Anaxago. «Nous ne communiquons pas de détails sur la part de chacun», explique la porte-parole de cette start-up spécialisée dans le développement de robots pour le traitement de maladies cardiovasculaires. Mais le package prévoit la création d’une joint-venture en Chine. 

«Robocath compte capitaliser sur cette expertise pour ouvrir le marché asiatique grâce à cette joint-venture, et ainsi initier dans cette zone géographique cible la commercialisation de R-One™. Afin de faciliter son intégration sur ce marché stratégique et d’y assurer une distribution optimale, l’assemblage de la plate-forme robotique et la fabrication des consommables seront réalisés localement», dit le communiqué

Deux mois plus tôt, le 12 février, le fonds d’investissement luxembourgeois avait placé son premier deal, de 20 millions d’euros, dans Stilla Technologies, pionnière dans l’analyse génétique de précision par PCR digitale.

«Il y a eu une vraie volonté de ma part d’aller chercher du capital en Chine, car on réalise 90% de notre chiffre d’affaires à l’international, et 50% en Asie. J’en ai donc parlé à nos investisseurs, et c’est Illumina Ventures qui nous a présenté Tus-Holdings», précise Rémi Dangla, président et cofondateur de Stilla Technologies, aux Échos .

«Tus étend activement ses investissements dans le secteur de la santé, au moyen de participations axées sur le diagnostic in vitro, la médecine de précision, les instruments médicaux et les services de santé. L’investissement total du groupe dans la santé se monte désormais à plus de 300 millions d’euros», indique même le communiqué de la société française, diffusé à cette occasion. Soit trois fois plus que prévu, il y a un an, au Luxembourg.

Les 20 millions d’euros permettent au CEO de Tuspark Capital Management, Daniel Wang, d’accéder au conseil d’administration de Stilla Technologies. Contacté par Paperjam, il n’a pas donné suite à nos demandes.