POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

mission économique

Trois jours pour séduire les Émirats arabes unis



Le salon Arab Health réunira plus de 106.000 visiteurs. (Photo: Arab Health)

Le salon Arab Health réunira plus de 106.000 visiteurs. (Photo: Arab Health)

Une importante mission économique sera à Dubaï et Abu Dhabi jusque mercredi, emmenée par le Grand-Duc héritier et composée d’une centaine d’entrepreneurs, avocats, banquiers et hommes d’affaires. 

La dernière mission à l’étranger du ministre de l’Économie et de la Santé  Étienne Schneider  (LSAP) ne sera pas la moins importante. Tout d’abord du fait de sa composition: dimanche, une centaine de personnes vont en effet prendre leur vol pour Dubaï et Abu Dhabi, accompagnées du  Grand-Duc héritier Guillaume  et du ministre des Finances  Pierre Gramegna  (DP).

Outre des représentants de différents ministères et de la Chambre de commerce, de la Luxembourg Space Agency, de Luxembourg for Finance, du Luxembourg National Research Fund, on compte aussi nombre de représentants de plus de 80 entreprises, dont Murat Mutlu (Immo Luxembourg), René Grosbusch (Grosbusch), Sven Bodry (Rak Porcelain)… Mais également des membres des équipes de la Bil ou de la banque Havilland, et même du cabinet Arendt & Medernach. Les directions des principaux centres hospitaliers du pays feront aussi le déplacement vers les Émirats, tout comme le patron de Post, Claude Strasser .

Collaborer avec la Dubai Future Foundation

L'ampleur et la diversité de la délégation se justifient sans aucun doute par le programme des trois journées prévues sur place, qui a pour but de renforcer davantage encore les relations politiques et économiques entre les deux pays et de faire la promotion de la place financière luxembourgeoise dans la région. 

Deux signatures de «memoranda of understanding» sont prévues. L’une entre le Luxembourg et les Émirats en vue d’intensifier la coopération dans les domaines économique et technique. L’autre entre la Chambre de commerce et la Fédération des chambres de commerce et d’industrie des Émirats afin de là aussi renforcer les collaborations.

Lundi, la délégation visitera la Dubai Future Foundation. Son rôle est de façonner de manière concrète le futur des Émirats, en jouant un rôle de coordination entre différents acteurs locaux, comme le Dubai Future Accelerators, et internationaux. Son ambition est aussi de proposer aux compagnies mondiales de tester aux EAU leurs solutions technologiques et industrielles. Un accord de coopération sera signé avec Luxinnovation pour accompagner la transformation technologique des EAU. Cet accord permettra aussi aux start-up et entreprises technologiques luxembourgeoises de bénéficier de programmes de développement et de financement locaux.

C’est ensuite un séminaire sur les investissements et financements dans le domaine  spatial qui sera organisé à l’Abu Dhabi Global Market. La Luxembourg Space Agency et l’UAE Space Agency y présenteront leurs activités respectives, en présence du Grand-Duc héritier.

Un des plus importants salons au monde dédié à la santé

La seconde journée, mardi, sera orientée «business» avec d’abord plusieurs entrevues prévues entre le Grand-Duc héritier, les ministres et notamment Majid Saif Al Ghurair, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Dubaï. Lors du séminaire économique organisé par la Chambre de commerce luxembourgeoise, Pierre Gramegna évoquera les orientations du secteur financier de l’après-Brexit, tandis que Carlo Thelen, directeur de la Chambre de commerce, fera la promotion du potentiel luxembourgeois.

Dans l’après-midi, c’est une visite au salon Arab Health de Dubaï qui est inscrite à l’agenda, où le Luxembourg dispose d’un pavillon. Ce salon est un des plus importants au monde traitant du domaine de la santé et de l’industrie des soins: 55.000 participants, plus de 106.000 visiteurs, 159 pays représentés (dont 64 qui exposent et 17 qui ont un pavillon) et 4.250 sociétés présentes!

Mercredi, le focus sera mis sur la prochaine exposition universelle avec la signature de plusieurs accords de partenariat et une visite du chantier du pavillon luxembourgeois. Les deux ministres et le Grand-Duc héritier rencontreront également le président-directeur général de la compagnie aérienne Emirates.

40 ans de relations bilatérales

La mission sera importante, ensuite, car entre le Luxembourg et les Émirats, il existe bien des intérêts communs et de nombreuses possibilités d’échanges futurs. Les relations bilatérales ont presque 40 ans et un premier Luxembourg Trade and Investment Office (LTIO) a ouverte à Abu Dhabi en 2006. Plusieurs accords existent déjà dans les domaines de la finance, des fintech ou de l’aérien. Une vingtaine d’entreprises luxembourgeoises sont déjà présentes là-bas. En tout, plus de 50 visites et contacts de haut niveau ont déjà eu lieu entre les deux pays.

Et de nouvelles possibilités se dessinent notamment dans le domaine de la finance.  «Dubaï et Luxembourg constituent des centres financiers internationaux de premier ordre», explique le ministère des Affaires étrangères. «Il y a des débouchés dans la gestion de patrimoine ou le private banking, mais aussi pour l’industrie des fonds. Et des relations sont établies dans le domaine de la finance islamique afin de développer des synergies», souligne le ministère des Affaires étrangères.

Et les EAU voient dans le Luxembourg une voie idéale pour atteindre un marché plus important, notamment dans le domaine de la finance «verte» et «durable». 

Des obstacles et des opportunités

S’implanter à Dubaï ou Abu Dhabi n’est en tout cas pas chose aisée en raison de certains obstacles. Les réglementations sont nombreuses. Et la concurrence réelle. «Beaucoup d’acteurs sont présents sur ce marché, déjà mature, donc il faut se faire sa place. Et les produits et services proposés doivent être en adéquation avec la demande locale», souligne Loïc Bertoli, deputy commissioner general of Luxembourg at Expo 2020.

Qui est convaincu que les opportunités sont toujours non seulement réelles, mais aussi nombreuses aux Émirats. «Les entreprises luxembourgeoises présentes n’ont pas décidé de partir ni de diminuer leur envergure, donc la situation n’est pas mauvaise», dit-il.