ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

ArcelorMittal

Une tripartite «sidérurgie» le 6 octobre



578 postes vont être supprimés sur les différents sites d’ArcelorMittal au Luxembourg. (Photo: Matic Zorman/Archives Maison Moderne)

578 postes vont être supprimés sur les différents sites d’ArcelorMittal au Luxembourg. (Photo: Matic Zorman/Archives Maison Moderne)

Un premier tour de table entre patrons, syndicats et gouvernement a eu lieu suite à l’annonce d’ArcelorMittal quant à son souhait de se séparer de 578 personnes. Une première réunion en tripartite a été décidée pour le 6 octobre.

Les choses n’ont pas traîné suite à l’annonce d’ArcelorMittal Luxembourg quant à son souhait de se séparer de 578 personnes sur ses différents sites luxembourgeois, soit environ 15% de son personnel. La réunion de suivi des anciens accords conclus en tripartite, fixée de longue date à ce lundi dans l’après-midi, a donc été l’occasion d’un premier tour de table entre patronat, syndicats et les ministres de l’Économie,  Franz Fayot  (LSAP), et du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire,  Dan Kersch (LSAP).

Le climat était logiquement assez tendu, confie-t-on à Paperjam. Les syndicats ont en effet été «choqués» par cette annonce et «par sa violence puisque, d’entrée de jeu, l’entreprise indique qu’un plan social est une réelle possibilité, sans la moindre concertation».

D’entrée, les ministres ont reconnu que la situation de crise ne pouvait être niée face à l’ampleur des départs souhaités. Et que la tripartite devait être le lieu de discussion entre les parties. «Mais c’est au gouvernement d’en décider. Les ministres vont donc faire rapport au conseil de gouvernement, qui décidera alors officiellement d’organiser une tripartite», explique Stefano Araujo, de l’OGBL. Il n’y a aucun suspense à ce sujet et la date du 6 octobre a déjà été retenue pour une première réunion.

«Traditionnellement, les réunions en tripartite font toujours l’objet d’une préparation. Ce sera encore le cas ici puisqu’un groupe de travail a été constitué, composé de membres des syndicats, de l’entreprise et des représentants du gouvernement», développe Patrick Dury , président du LCGB.

Pour que ce travail soit efficace, «nous devrons disposer de vrais détails sur ce qu’ArcelorMittal compte faire. Pour le moment, ce n’est pas le cas. Les ministres ont exigé que cela évolue», disent les deux syndicalistes.

Pour le LCGB et l’OGBL, plusieurs points sont déjà problématiques. «Combien de départs et sous quelle forme? Quels postes? Quels moyens utiliser? Ce sont quelques-unes des questions que nous avons et qui sont sans réponses actuellement», disent les syndicats.

Penser à ceux qui resteront

Qui sont aussi interpellés par les perspectives d’avenir. «D’un côté, on annonce des départs et, de l’autre, on donne des pourcentages de production à tenir avec ces gens en moins. Comment l’entreprise va-t-elle continuer à fonctionner? Quelle sera la sécurité du personnel sur certains postes? Nous devons aussi nous préoccuper de ceux qui resteront», pointe notamment Stefano Araujo. Qui subodore «qu’ArcelorMittal veut pérenniser une situation exceptionnelle qui était celle du Covid-19: du télétravail, moins de personnel… mais des usines qui tournent quand même.» La direction locale aurait en tout cas indiqué ne pas envisager de fermeture de site.

ArcelorMittal Luxembourg, via un communiqué, a indiqué «son souhait d’étudier l’ensemble des outils d’accompagnement social mis à disposition par la loi luxembourgeoise, afin de trouver la meilleure solution possible pour les salariés impactés par ce projet. (…) La direction d’ArcelorMittal Luxembourg est convaincue que ce projet permettra à la sidérurgie luxembourgeoise de répondre aux nombreux défis actuels auxquels elle doit faire face et poursuivre ainsi le développement de ses activités.»