POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Grève des femmes

«Le travail du ‘care’ est déconsidéré et mal rémunéré»



Isabelle Schmoetten, de la plate-forme JIF, rappelle qu’«au Luxembourg, les femmes passent deux fois plus de temps que les hommes au travail du ‘care’, qu’elles soient rémunérées ou non». (Photo: plate-forme JIF)

Isabelle Schmoetten, de la plate-forme JIF, rappelle qu’«au Luxembourg, les femmes passent deux fois plus de temps que les hommes au travail du ‘care’, qu’elles soient rémunérées ou non». (Photo: plate-forme JIF)

Samedi aura lieu la première grève des femmes, organisée par la plate-forme JIF, autour du thème du travail du «care», ces tâches domestiques réparties de manière inégalitaire entre hommes et femmes. Isabelle Schmoetten, représentante de la plate-forme JIF, a répondu aux questions de Paperjam.

La première grève des femmes au Luxembourg , organisée par la plate-forme de la Journée internationale des femmes (JIF), aura lieu samedi, la veille de la Journée internationale des femmes. Le thème choisi est le travail du «care», ces tâches de ménage, de cuisine, d’écoute, d’attention, très majoritairement effectuées par les femmes. Isabelle Schmoetten, représentante de la plate-forme JIF, a répondu aux questions de Paperjam.

Quelle est la situation des femmes au Luxembourg?

Isabelle Schmoetten. – «Au Luxembourg, les femmes passent deux fois plus de temps que les hommes au travail du ‘care’, qu’elles soient rémunérées ou non. 34% des femmes travaillent à temps partiel, contre 6% des hommes, et 58% d’entre elles déclarent le faire pour des raisons familiales.

Cette situation a des répercussions sur les pensions de vieillesse. Ainsi, 44% des femmes bénéficiaires d’une pension de vieillesse ont seulement droit à une pension minimale. Pour les hommes, ce pourcentage est de 4,5%. En outre, il faut savoir que les mères sont à la tête de 90% des familles monoparentales, et 46% d’entre elles risquent de tomber sous le seuil de pauvreté.

Ces conditions précaires sont notamment dues au fait que le travail du ‘care’ est invisible, déconsidéré et mal rémunéré.

Quelles revendications portez-vous?

«Le travail du ‘care’ relève de la responsabilité commune de la société, qui ne fonctionnerait pas sans. Beaucoup de changements sont nécessaires. Nous réclamons pour le travail du ‘care’ plus de temps, plus d’argent et plus de respect, notamment un salaire minimum net au-dessus du seuil de pauvreté.

Un congé parental égalitaire est nécessaire, car après un premier enfant, la femme reprend tout le travail du ‘care’ et les inégalités, si elles n’étaient pas encore présentes, ressurgissent. Donc il faut un congé parental obligatoire pour les deux parents. Mais ce ne sont que des exemples, nous avons une liste de revendications sur notre site.

Quel est le programme de cette journée de grève?

«Nous appelons les femmes à ne pas effectuer les tâches liées au travail du ‘care’. Pour ce qui est du travail rémunéré, nous n’avons pas de base légale pour faire grève, donc ce sera une grève symbolique. L’OGBL a développé un guide de pratiques, comme s’habiller en violet, porter un badge, prendre une pause midi pour en discuter…

Et tout le monde est appelé à manifester à partir de 15h, place d’Armes. Le cortège passera par la Chambre des députés, où nous exposerons nos revendications, puis auprès de la Gëlle Fra, avant de finir aux Rotondes, où des concerts sont prévus à partir de 18h.

Nous avons eu beaucoup de feed-back positifs, donc nous avons bon espoir qu’il y ait du monde. Les hommes solidaires sont évidemment les bienvenus!»