Les tests PCR pour motif de voyage représentent 80% du volume d’activité Covid-19 du laboratoire Bionext Lab, selon son directeur et fondateur. (Photo: Maison Moderne/Romain Gamba)

Les tests PCR pour motif de voyage représentent 80% du volume d’activité Covid-19 du laboratoire Bionext Lab, selon son directeur et fondateur. (Photo: Maison Moderne/Romain Gamba)

L’ouverture sans limites du large scale testing aux voyageurs non vaccinés passe mal pour le laboratoire Bionext Lab. Il parle de concurrence déloyale et annonce se tourner vers la justice.

Dès la fin de ce mois de juin,  non vaccinés, ont annoncé vendredi dernier le Premier ministre (DP) et la ministre de la Santé (LSAP).

La nouvelle a fait réagir le laboratoire d’analyses Bionext Lab: dans une lettre ouverte adressée dimanche soir à la ministre de la Santé, son directeur crie à la «concurrence déloyale» et annonce: «Nous mènerons toutes les actions juridictionnelles nécessaires au rétablissement de la légalité.»

Le responsable demande l’ouverture de ce dépistage gratuit à l’ensemble des laboratoires d’analyses médicales et non plus aux 8 stations du large scale testing, dont les prélèvements sont analysés par les Laboratoires Réunis.

Les voyageurs contraints d’aller dans le privé, puis de retourner au LST

Le patron de Bionext Lab salue l’ouverture du testing PCR sans frais pour l’ensemble de la population, mais il dénonce le fait que dans les laboratoires d’analyses ne participant pas au LST, comme le sien, mais aussi le réseau Ketterthill et les Laboratoires Réunis, les personnes se présentant sans ordonnance médicale doivent supporter les frais engendrés, à savoir une soixantaine d’euros par test.

Pour rappel, les autorités sanitaires avaient , les priant de s’adresser – à leurs frais – aux laboratoires d’analyses privés.

La part des tests pour ‘motif de voyage’ représente 80% de notre volume global d’activité Covid-19.
Jean-Luc Dourson

Jean-Luc Doursondirecteur et fondateurBionext Lab

«La part des tests pour ‘motif de voyage’ représente 80% de notre volume global d’activité Covid-19», illustre Jean-Luc Dourson pour Paperjam. Il n’exclut d’ailleurs pas «de devoir envisager une restructuration du laboratoire et peut-être même un plan social». Le nombre de salariés de son laboratoire est passé de 140 avant la crise sanitaire à 200, soit une hausse de 43%.

Il estime que le LST est un «système subventionné illégalement par l’État», des propos qui rappellent la en mai 2020 pour dénoncer le recours aux tests de Fast Track Diagnostics – utilisés par les Laboratoires Réunis – plutôt que ceux de Seegene utilisés par ses deux concurrents dans le cadre du large scale testing.

Mais cette fois, Ketterthill n’est pas de la partie. Le laboratoire basé à Belval n’a pas donné suite aux sollicitations de Paperjam. Quant au ministère de la Santé, il a confirmé ce lundi matin avoir «bien reçu la lettre ouverte du Dr Dourson et l’analysera».

Jean-Luc Dourson n’a, pour l’heure, pas porté plainte dans le cadre de l’attribution du marché du LST. «Les études sont en cours», dit-il, tout en précisant ne pas exclure d’informer la Commission européenne.

La lettre ouverte a aussi été envoyée au Conseil de la concurrence, à la Fedil, à la CLC, à l’UEL, à la FDA, à la CNS et à l’AMMD notamment.