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Température des ETF: 3 découvertes surprenantes



 Three penguins  (Photo: iStock-171282122)

Three penguins (Photo: iStock-171282122)

En janvier, Lyxor lançait son outil COtool , accompagné de sa méthodologie. Il vous permet de mesurer la température de vos ETF et d’évaluer comment ces derniers s’alignent sur les objectifs fixés par l’Accord de Paris. À la suite des premières utilisations, voici une analyse des principaux constats.

De nombreux titres européens des services aux collectivités sont alignés sur l'objectif de 1,5°C

Les entreprises des services aux collectivités fournissent de l'électricité, du gaz naturel et de l'eau, entre autres services publics. Ce secteur est exclu de nombreux indices ESG en raison de son empreinte carbone élevée. Pourtant, selon l'outil COtool, le secteur européen des services aux collectivités est aligné sur l'objectif de 1,5°C, 65% de son encours se situant même sous ce seuil.

Même l'indice MSCI World Utilities, qui est composé à plus de 50% d'entreprises américaines, affiche une température implicite de 1,8°C, soit sous le niveau de 2°C du scénario central de l'Accord de Paris. Pourquoi?

Le secteur des services aux collectivités est de fait «sous le budget». Notre méthodologie attribue en effet un budget carbone aux services aux collectivités sur la base de l'approche de décarbonation sectorielle («sectoral decarbonisation approach», SDA). La SDA tient compte des opportunités de décarbonation d'un secteur donné et, si des budgets carbone élevés sont alloués aux entreprises des services aux collectivités dès lors qu'elles ont tendance à afficher une forte intensité de carbone, ces budgets baissent d'année en année.

En réalité, la plupart des entreprises des services aux collectivités sont en ligne avec l’objectif de température car le secteur est plus avancé que d’autres sur la voie d’une économie faible en carbone. S’il reste beaucoup à faire pour décarboner le secteur, un nombre important de projets visant à réduire les émissions ont été lancés au cours des dix dernières années. Nombre d'entreprises du secteur se sont par ailleurs fermement engagées en faveur d'un scénario de réchauffement bien inférieur à 2°C, selon l'initiative Science Based Targets (SBT – objectifs fondés sur la science).

La plupart des indices pointent à plus de 3°C

En fonction de votre connaissance de l'industrie financière, cette révélation peut ou non vous surprendre. Mais il vaut la peine de souligner que la plupart des indices sont en ligne avec une issue conforme à une poursuite des activités comme à l'ordinaire, soit supérieure à 3°C.

Une possibilité pour réduire l'impact sur la température d'un composant-clé d'un portefeuille, comme le S&P 500, consiste à prendre en compte la variante de l'indice S&P alignée sur l'Accord de Paris. Le fonds Lyxor S&P 500 Paris-Aligned Climate (EU PAB) (DR) ETF est en ligne avec le scénario le plus ambitieux de l'Accord de Paris, à savoir un réchauffement limité à 1,5°C.

Les indices ESG peuvent être «chauds»

Il nous a plusieurs fois été demandé comment un ETF ESG pouvait afficher une température élevée, ou être «plus chaud» que son indice parent ou ETF non ESG comparable.

Prenons pour exemple le DAX 30: cet indice reflète un pan de l'économie allemande qui affiche une forte intensité carbone, en raison de la part importante de charbon dans le secteur de l'électricité du pays et de la forte représentation des entreprises de cette industrie au sein du DAX.

Toutefois, l'outil COtool démontre que le DAX 30 est compatible avec un scénario de réchauffement limité à 1,5°C, tandis que l'indice DAX 50 ESG affiche une température supérieure à 3°C.

Ainsi, un indice peut afficher une empreinte carbone très élevée actuellement et être tout de même aligné avec l'Accord de Paris. La température indique si l'indice est sur une trajectoire en ligne avec l'Accord de Paris, et non s'il présente une forte intensité carbone à l'heure actuelle.

Dans notre exemple, le DAX 30 reprend plusieurs grandes entreprises du secteur de l'électricité. Celles-ci sont connues pour la part importante qu'elles réservent au charbon dans leur mix énergétique. Elles sont responsables de volumes d'émissions très élevés, et sont donc exclues des indices ESG. Mais, dès lors qu'elles se sont fermement engagées à réduire leurs émissions (une initiative plus ambitieuse encore que celle préconisée par leur trajectoire de décarbonation SDA attendue), elles sont alignées sur l'objectif de 1,5°C.

À terme, la meilleure façon de comprendre cette situation est de reconnaître qu'un indicateur ESG est fondamentalement différent d'une mesure de température.

Une notation ESG évalue un émetteur en fonction de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, tandis qu'une mesure de température se concentre plus exclusivement sur l'alignement avec les objectifs de l'Accord de Paris. Une entreprise à forte intensité carbone peut tout de même afficher une note élevée s'agissant des aspects sociaux ou de gouvernance, susceptible de compenser un faible score sur le front environnemental pour déboucher sur une note ESG robuste.

Si la méthodologie d'un indice ESG surpondère les émetteurs présentant des notes ESG élevées, et si ceux-ci ne sont pas alignés sur les objectifs de l'Accord de Paris, cela peut mener à une température élevée, ou supérieure à celle de son indice parent.

Quelques remarques

Le constat que nous dressons aujourd'hui correspond à un instantané. Les températures évolueront dans les mois à venir, conformément à leur potentiel. Plusieurs raisons expliquent cela:

• Évolution de la composition et des pondérations du fonds;

• Variations de la valeur d'entreprise des émetteurs compris dans le fonds (fluctuations de leur capitalisation boursière, hausse ou baisse de leur endettement, liquidités disponibles, etc.);

• Réduction effective des émissions des émetteurs au sein du fonds;

• Évolution des budgets carbone théoriques à partir des scénarios climatiques mis à jour;

• Expansion de la base de données Trucost grâce à de nouvelles données relatives à des émetteurs qui n'étaient pas couverts jusque-là.

À noter que la réduction de la température d'un fonds n'est pas nécessairement due à une baisse effective des émissions d'émetteurs repris dans ce fonds. De la même manière, une augmentation n'est pas nécessairement due à une hausse des émissions.

L'outil COtool ne prend pas encore en compte les émissions «scope 3». Ce périmètre se rapporte aux émissions indirectes de gaz à effet de serre qui résultent des activités de l'entreprise, mais qui ne proviennent pas de sources détenues ou contrôlées par celle-ci. Ces émissions indirectes découlent souvent de la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise, y compris les émissions en amont et en aval. Exemples: achats de biens et de services, voyages d’affaires et élimination des déchets.

Pour certains secteurs tels que l'automobile et le pétrole ainsi que le gaz, les émissions «scope 3» représentent une part importante des émissions du secteur. Elles doivent être prises en compte dans l'évaluation de l'alignement au sein de ces secteurs afin d'avoir une vision d'ensemble correcte de leur intensité carbone. Malheureusement, le reporting concernant les émissions «scope 3» des entreprises est insuffisant, il est difficile de modéliser ces émissions, et les scénarios sur le climat utilisés pour fixer les objectifs n'intègrent pas encore les émissions «scope 3» dans les projections de transition.

Pour concrétiser le potentiel de l'outil COtool, nous travaillons à l'intégration des émissions «scope 3» dans notre méthodologie applicable à l'automobile et au pétrole ainsi qu’au gaz.

Voici donc une première analyse depuis le lancement de COtool qui aspire à évoluer. N’hésitez pas à nous envoyer vos questions et remarques.

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Si vous êtes un investisseur professionnel et souhaitez en savoir plus sur COtool et la gamme de Lyxor ETF dans ce domaine, nous vous invitons à visiter  notre site internet .

À l’attention des investisseurs professionnels. Les ETF présentent un risque de perte en capital ainsi que d’autres risques détaillés ci-dessous.