POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Pandémie

Le Covid-19 pousse les institutions européennes au télétravail



Les institutions européennes et assimilées comme la BEI appliquent depuis plusieurs semaines des mesures de précaution à l’aune du risque inhérent à leurs activités. (Photo: Nader Ghavami/archives/Maison Moderne)

Les institutions européennes et assimilées comme la BEI appliquent depuis plusieurs semaines des mesures de précaution à l’aune du risque inhérent à leurs activités. (Photo: Nader Ghavami/archives/Maison Moderne)

De la Commission européenne à la Banque européenne d’investissement, les institutions présentes au Luxembourg se dirigent peu à peu vers un télétravail généralisé de leurs collaborateurs afin d’enrayer la propagation du Covid-19.

Toutes n’ont pas pris les premières mesures de précaution au même moment, mais la plupart arrivent petit à petit à un télétravail largement recommandé dans le but de réduire la propagation du coronavirus qui a déjà contaminé 26 personnes au Grand-Duché . Initialement limitées aux personnels revenant de Chine, les mesures ont été graduellement élargies et renforcées, incluant la limitation des réunions, des voyages non essentiels et la fourniture de gel hydroalcoolique et d’équipements de travail à distance pour les agents.

Dernière annonce en date: la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a décidé de placer en télétravail tout le personnel de son institution «n’occupant pas des fonctions critiques», indique à Paperjam la représentation permanente de la Commission à Luxembourg. Quant au personnel restant sur place, il «travaillera en deux roulements indépendants». Jusqu’à présent, déjà près d’un tiers des effectifs de la Commission travaillaient déjà de chez eux depuis une ou plusieurs semaines.

La BEI confirme un cas de coronavirus

La Banque européenne d’investissement, poids lourd européen au Luxembourg avec près de 3.630 collaborateurs (en comptant le Fonds européen d’investissement, mais sans les intérimaires et consultants), avait pris les devants dès le 5 février, alors que l’épidémie était encore strictement limitée au territoire chinois. Les collaborateurs revenant de Chine puis de Hong Kong, Macao et Taïwan étaient d’office placés en télétravail durant 14 jours. Les destinations ont ensuite été étendues au fil de la propagation du coronavirus. Les missions dans ces zones à risque sont dorénavant interdites, sauf exception et en suivant une procédure très stricte. Depuis mardi, les personnes ayant une santé fragile ont également été conviées à rester à la maison.

L’institution a appris mercredi soir qu’un de ses collaborateurs était infecté. Il a été mis en quarantaine dès suspicion de sa contamination et l’ensemble des collaborateurs de son département ont été appelés à travailler de chez eux.

Mise à jour à 17h45: L'ensemble du personnel de la BEI travaillera à domicile à compter de lundi, hormis certaines fonctions critiques.

Les frontaliers français priés de rester à la maison

La Cour des comptes européenne, qui emploie 950 personnes, interdit de son côté toute visite dans ses locaux à compter de jeudi. Le personnel est incité à travailler à domicile jusqu’à nouvel ordre – hormis le personnel dont la présence est requise, notamment l’encadrement. Tous les voyages professionnels à destination de zones à risque ont été annulés. Tous les voyages professionnels non essentiels ont également été annulés, tandis que les voyages personnels vers les zones à risque ont été «fortement déconseillés». Ont également été reportés les réunions internes, événements et formations professionnelles non essentielles.

Mise à jour à 11h32: La Cour des comptes européenne indique vendredi qu'à compter de lundi, tout son personnel non indispensable dans les locaux sera tenu de télétravailler.

Le Parlement européen, qui compte 2.100 collaborateurs à Luxembourg, a mis en place depuis le 24 février des mesures de précaution, en commençant par recommander aux personnes souffrantes de rester à la maison et de consulter leur médecin. Les collaborateurs ayant voyagé dans une zone à risque ont été d’emblée placés en télétravail durant 14 jours, avec ordre de surveiller leur température et leur état de santé.

L’institution a déjà demandé à ses effectifs résidant en France de travailler de la maison depuis jeudi dans la mesure où la région Grand Est est désormais considérée comme une zone à risque avec plus de 460 cas de coronavirus. À compter de lundi, elle ira plus loin en incitant ses collaborateurs dont la présence n’est pas indispensable à rester chez eux.

Les écoles européennes fermées durant deux semaines

De son côté, la Cour de justice de l’UE, qui comprend environ 2.300 personnes, indique que le télétravail «n’est pas obligatoire, mais activement encouragé». Les mêmes précautions ont été prises quant aux collaborateurs ayant voyagé dans une zone à risque.

Les écoles européennes ont également annoncé jeudi leur décision de suspendre les cours du 16 au 29 mars. Celles du Grand-Duché, qui seront fermées pour deux semaines à partir de lundi, avaient déjà demandé aux élèves du Grand Est de rester chez eux mercredi.

Le président du Conseil de l’UE, Charles Michel, a par ailleurs fait savoir que seules les réunions essentielles du Conseil seraient maintenues, ouvrant la possibilité de vidéoconférences ou de décisions écrites.