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carte blanche

«Les techs au chevet de la société pendant la crise»


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Les crises sanitaires et économiques ont forcé l’adoption de technologies nouvelles, contraignant la société à l’évidence de l’utilité citoyenne de celles-ci. Les techs ont largement permis à la société de retrouver un sens du collectif et une prise de conscience due à un changement de paradigme.

«Les difficultés maîtrisées sont des opportunités gagnées.» (Winston Churchill) Chaque jour durant depuis février, les héros en première ligne, les infirmières, les médecins, les caissières, le personnel de nettoyage, les policiers, les ambulanciers, les pompiers et bien d’autres encore, ont dû se répéter cette phrase inlassablement en prenant consciemment des risques pour la collectivité. Ces difficultés, les «techs» ont su les prendre en compte et y apporter une réponse rapide et efficace face aux besoins collectifs.

L’impact de cette crise sanitaire inouïe sera important sur la population et la manière de vivre tout autant que le sera la crise économique massive, qui débouchera indubitablement sur une réflexion profonde quant à une nouvelle forme d’économie et de société.

La population, les personnels soignants, les gouvernements, les banques centrales ont dû composer avec une nouvelle inconnue: l’absence d’information utile. La gestion de l’information s’est avérée critique, les modèles mathématiques et statistiques dépassés, entraînant des nouvelles méthodes d’évaluation basées dorénavant sur des scénarii et non plus des modèles. Par ailleurs, la désinformation surabondante circulant sur les réseaux sociaux, mélangeant faits, rumeurs et mensonges débouchant sur une véritable infodémie, a forcé l’adoption de solutions technologiques nouvelles et les réseaux sociaux à réagir.

Finalement, la marche forcée engendrée par le coronavirus aura été un détonateur en raison de l’urgence, contraignant la société à bouleverser ses comportements et intégrer des solutions en accélérant de manière exponentielle un processus d’adoption souvent traînassant. À titre d’exemple, le paiement sans contact qui existait timidement et de manière limitée depuis des années devenu la norme pour certaines catégories d’achats.

L’adoption de ces technologies nouvelles d’utilité «citoyenne» influe directement sur la structure sociale, l’environnement, le travail et les libertés individuelles au profit d’une démarche collective et solidaire. Finalement, cette crise sanitaire a contraint chacun à changer son comportement en adoptant des nouvelles technologies et donc en augmentant, en raison de l’urgence, sa dépendance à celles-ci.

Qu’en sera-t-il à la sortie: la révolution ou le retour au monde d’avant? Le retour en arrière n’est plus possible. L’accélération de la digitalisation dans de très nombreux domaines a déjà déclenché une nouvelle révolution dans la manière de vivre, de travailler et de communiquer. Ainsi, les solutions de télétravail existaient, et la crise tend à normaliser une pratique ayant démontré son efficacité dans une période de crise exceptionnelle.

L’intelligence artificielle va connaître une croissance fulgurante dans les prochaines années en raison de son potentiel illimité. À cet égard, les domaines médicaux n’en sont pas au début, mais la visibilité a été accrue pendant la pandémie avec des caméras à reconnaissance faciale, la prise de température à distance, l’analyse des résultats de scanner, les robots désinfectants, les téléconsultations, la gestion de l’information croisée, les chatbots au sein des centres d’aide, les chiens robots dans les parcs, les drones de surveillance, etc.

L’intelligence artificielle jouera également un rôle déterminant dans le cadre de la gestion de l’information et plus particulièrement de la désinformation, circulant plus rapidement que les faits eux-mêmes sur les réseaux sociaux. Cela ne touche évidemment pas que la crise sanitaire, mais concerne tout autant les questions relatives aux élections politiques, le changement climatique, autant de sujets de société souvent clivants.

Finalement, il faut espérer que la dématérialisation des connaissances et la digitalisation des enseignements intervenues au cours des derniers mois permettront l’éveil des jeunes générations au besoin de se diversifier, rendu impératif. À l’évidence, cette tendance semble irréversible; à l’avenir, les carrières ne seront plus uniques mais seront ponctuées de différentes fonctions au gré des opportunités, des formations, des connaissances, des apprentissages.

L’accélération de la digitalisation et du développement de l’intelligence artificielle conduiront à la disparition des fonctions répétitives pour faire place à des nouveaux métiers; il est donc essentiel de recentrer les efforts sur l’éducation et la formation.

Dans un monde où notre dépendance aux nouvelles technologies sera décuplée, la théorie de Charles Darwin sur l’évolution des espèces reste visiblement d’actualité; c’est, en effet, celui qui sait le mieux s’adapter au changement qui survivra et non nécessairement le plus fort ni le plus intelligent. La différence se jouera dans la valeur au temps retrouvée et sa mise à disposition au profit de tous; ainsi que l’empathie et la bienveillance que la société parviendra à mettre en place pour assister les plus faibles et les plus démunis. D’ailleurs, la grandeur d’une nation se mesure à la façon dont les faibles sont traités, les technologies joueront indéniablement un rôle dans cette démocratisation et ce bien-vivre.