POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Après la reprise officielle par Liberty Steel

Les syndicats «rassurés, en partie» pour Dudelange



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Sur les 300 emplois du site de Dudelange, 70 sont des postes intérimaires, qui devraient être conservés par Liberty Steel. (Photo: Archives/OGBL)

Après l’annonce officielle ce lundi par ArcelorMittal de la vente du site de Dudelange à Liberty Steel, les syndicats gardent une certaine inquiétude quant à l’avenir du site. Les 70 postes d’intérimaires sur les 300 emplois au total seraient gardés par Liberty Steel.

«Nous étions déjà inquiets auparavant concernant l’avenir du site de Dudelange. ArcelorMittal n’y réalisait plus d’investissements importants, alors que le groupe continue à investir par exemple à Florange», réagit Robert Fornieri, secrétaire général adjoint du LCGB en charge de l’industrie, à l’annonce ce lundi de la vente officielle du site de Dudelange à Liberty Steel. Une vente demandée par les autorités européennes en raison du rachat de l'italien Ilva par ArcelorMittal qui est tombé sous le coup de la législation concernant les positions dominantes d'entreprises.

«Nous avons un sentiment partagé», confirme Jean-Claude Bernardini, secrétaire central du syndicat sidérurgie et mines de l’OGBL. «Nous sommes rassurés en partie, parce que d’un côté Liberty Steel s’est toujours engagé de manière verbale à garder l’ensemble des 300 salariés du site dudelangeois, et d’un autre côté, la direction reste assez vague sur les projets qu’elle souhaite mener.»

Des discussions avec les six autres sites repris

Sur les 300 emplois du site de Dudelange, 70 sont des postes intérimaires, qui devraient donc être conservés par Liberty Steel. «Le groupe a annoncé lancer un audit de 100 jours, mais nous n’attendrons pas cette échéance pour échanger avec la direction sur les grandes lignes du projet et du plan industriel», confie Jean-Claude Bernardini.

«Mais cela m’interpelle tout de même, parce que le groupe investit, pour les sept sites d’ArcelorMittal qu’il reprend, 740 millions d’euros, mais ne lance l’audit qu’à l’issue de l’annonce officielle?», s’interroge le représentant de l’OGBL. «Ou bien ils ont réalisé des audits dans le cadre de la reprise, et ne veulent pas communiquer dessus.»

«Ne plus dépendre d’ArcelorMittal»

«Nous avons désormais un contact régulier une fois par mois avec la direction de Liberty Steel», précise Robert Fornieri. «Ils sont en train de scruter les marchés, vont voir nos clients, on sent une certaine dynamique à vouloir développer.» Des discussions se font également au niveau européen avec les six autres délégations sur la stratégie globale que veut engager Liberty Steel avec le rachat de ces sites.

«Ils sont en train de scruter les marchés, vont voir nos clients, on sent une certaine dynamique à vouloir développer», ajoute le secrétaire général adjoint du LCGB. Liberty Steel a également confié aux syndicats qu’ils cherchaient «une solution pour l’approvisionnement en acier du site, afin de ne plus dépendre d’ArcelorMittal.»

Quid de la production?

L’autre question soulevée par les syndicats pour la pérennité du site de Dudelange concerne la production qui y sera réalisée. Interrogé par Paperjam en avril dernier , Jean-Claude Bernardini s’exclamait: «On va faire des boîtes de conserve! Des produits sans aucune valeur ajoutée...» Si le ton était du second degré, «nous restons dans l’expectative quant aux produits que fabriquera le site», poursuit aujourd’hui le représentant de l’OGBL.

«L’acier destiné au secteur alimentaire ne permet pas de réaliser d’importantes marges, et si Dudelange se développe sur ce marché, le site ne sera pas viable. L’acier pour l’automobile, à haute valeur ajoutée, dégage au contraire de plus grandes marges.»

L’audit de 100 jours qui débute aujourd’hui permettra peut-être de répondre à cette question majeure pour la pérennité de ces emplois.