POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Dialogue social

Les syndicats dénoncent en force un «boycott patronal»



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L’Alvisse Parc Hotel a accueilli plus d’un millier de personnes. (Photo: Paperjam)

Plus d’un millier de personnes étaient réunies, mardi soir, à l’Alvisse Parc Hotel pour répondre à l’appel à manifester contre «le boycott patronal du dialogue social» lancé par les syndicats LCGB, OGBL et CGFP. Et défendre le «modèle social luxembourgeois».

«Quand on n’est plus un partenaire social, on devient un adversaire social», déclarait mardi soir le président de l’OGBL (jusque décembre), André Roeltgen, lors de la manifestation qui réunissait, à l’Alvisse Parc Hotel, sa formation, ainsi que le LCGB et la CGFP, contre ce qu’ils qualifient de « boycott patronal du dialogue social ».

«Tous ensemble, nous représentons aujourd’hui la riposte catégorique du mouvement syndical luxembourgeois à l’attaque scandaleuse du patronat», expliquait André Roeltgen , sous les applaudissements d’une salle pleine de plus d’un millier de sympathisants.

Une démonstration de force et médiatique organisée après l’annonce, le 18 septembre dernier, faite par l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) – l’organisation patronale –, de revoir les modalités de discussions au Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE) en faisant passer des négociations tripartites en dialogue bilatéral, la responsabilité de trancher revenant in fine au gouvernement.

Protéger le modèle social luxembourgeois

Une attaque à l’encontre du «modèle social luxembourgeois» , selon les syndicats, soutenus pour l’occasion «à 100%» par l’Aleba.

«Nous ne laisserons pas nos droits de négociation syndicale être remis en question, ni par le patronat, ni par la politique», prévient André Roeltgen, qui menace d’une «contre-offensive syndicale» si le patronat persiste dans cette stratégie.

Si le président de l’OGBL précise que cette protestation est dirigée contre l’UEL, et non pas contre le gouvernement, il rappelle néanmoins les promesses de celui-ci, qui déclarait en 2014 vouloir revitaliser le dialogue social après les années d’austérité.

Un gouvernement «muet»

Or, selon le président du LCGB, Patrick Dury , «le gouvernement est pour le moment un acteur muet, trop muet» qui, s’il ne prend pas position, se rend «complice du vandalisme social de l’UEL».

Le Premier ministre, Xavier Bettel  (DP), s’est pour l’instant limité à rappeler son soutien au «dialogue» lors de son discours sur l’état de la Nation , exhortant les partenaires sociaux «à parler ensemble, plutôt qu’à parler les uns sur les autres».

L’UEL estime de son côté être «pour le dialogue, mais nous voulons le séparer du programme du gouvernement», selon les propos de son président,  Nicolas Buck . L’UEL préconise ainsi de se limiter à des discussions bipartites entre le gouvernement, le patronat et les syndicats, en laissant au gouvernement la décision finale.

Le CPTE convoqué en décembre

Cela démontre «l’incompétence de l’UEL», selon Patrick Dury, qui ajoute: «Les entreprises ont aussi largement tiré profit du modèle tripartite, avec des charges sociales extrêmement réduites comparé aux pays voisins et une paix sociale qui n’a pas son pareil en Europe.»

Une réunion du CPTE est convoquée en décembre par le ministre du Travail, Dan Kersch  (LSAP). «Non seulement nous serons présents, mais prêts à traiter tous les sujets évoqués dans le programme gouvernemental en matière de droit du travail dans le cadre tripartite», assure André Roeltgen, détaillant le programme: adaptation de la loi sur les conventions collectives, garanties en matière de plan social, formation continue, droit à la déconnexion, ou encore télétravail.