POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

second échec

Sylvie Goulard recalée à la Commission



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La candidature de Sylvie Goulard a été entachée par deux affaires gênantes: les emplois fictifs du Modem et sa rémunération par l’Institut Berggruen. (Photo: Shutterstyock)

Sylvie Goulard, la candidate française à la Commission européenne, a été définitivement recalée par les députés lors de sa seconde audition. Un véritable camouflet pour le président Emmanuel Macron.

Sylvie Goulard ne deviendra pas commissaire européen en charge de la Défense, du Marché intérieur, de l’Espace, du Numérique et de l’Industrie. Les députés des commissions compétentes ont en effet rejeté sa candidature après sa seconde audition. Le vote a été cruel: 89 voix contre, et seulement 32 pour.

Outre des lacunes apparues quant à la maîtrise de certains dossiers et un ton hautain, Sylvie Goulard a surtout été salie par deux dossiers très gênants. Le premier est le dossier dit des emplois fictifs qui avait conduit à sa démission du gouvernement français. Le second est en lien avec des rémunérations de 10.000 euros par mois de la part de l’institut américain Berggruen en plus de son salaire d’eurodéputée.

Macron ne comprend pas

Cet échec est en tout cas un véritable camouflet pour le président de la République Emmanuel Macron, qui s’était personnellement engagé en faveur de Goulard. Celui-ci a avoué ne pas comprendre la décision des députés européens, alors qu’Ursula von der Leyen lui aurait apporté des garanties quant à l’élection de Sylvie Goulard. Certains voient là la main de Manfred Weber, écarté de la présidence de la future Commission par Macron et qui aurait trouvé là l’occasion rêvée de se venger.

En attendant, la crise est réelle. Il apparaît maintenant que la nouvelle Commission ne pourra pas être adoubée par le Parlement européen le 23 octobre. Et n’entrera donc pas en fonction le 1er novembre. Au lendemain d’un Brexit «dur» qui apparaît de plus en plus probable.