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Covid-19

Les écoles rouvriront le 22 février avec masque obligatoire



Écoles rouvertes au Luxembourg dès le 22 février, programmes allégés, mesures sanitaires renforcées, campagnes de tests rapides et aides: voici ce qu’il faut retenir de la conférence de presse du ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch (DP), qui s’est exprimé ce vendredi.

Les écoles pourront ouvrir après les vacances. Le ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch , s’est exprimé ce vendredi 12 février pour en dire plus sur ce qui attend parents, élèves et étudiants dans les semaines à venir, alors que  l’annonce de la fermeture des écoles  avait été faite la semaine dernière.

Concrètement, les mesures seront renforcées, et le programme, adapté et allégé. «Nous allons nous limiter aux contenus essentiels tant en fondamental qu’en secondaire. Il nous faut du temps pour préparer les élèves pour l’année prochaine, alors peut-être qu’il faut mettre de côté ce qui n’est pas absolument essentiel. Écouter et apprendre, cela nécessite du temps», a expliqué le ministre.

Masque obligatoire

Par ailleurs, le nombre de cas positifs restant, de l’aveu de M. Meisch, «trop élevé», le masque sera obligatoire partout et pour tous, à l’exception des centres de compétences et du cycle 1. Davantage de tests seront réalisés, tant au niveau du personnel que des élèves, et des tests rapides seront introduits en mars «pour avoir un aperçu permanent, être capables de réagir plus rapidement et tester l’environnement plus souvent», a détaillé le ministre. Mais tout cela ne se fera pas sans un effort collectif, a avancé le ministre, qui a insisté sur le fait que «personne ne retournerait en classe sans test négatif après une période de quarantaine». «C’était encore trop souvent le cas, nous ne pouvons plus le tolérer. Sans test négatif, la quarantaine sera prolongée», a-t-il ajouté.

Souhaitant éviter un brassage qui impliquerait des risques accrus, le comité de pilotage est d’ores et déjà chargé de proposer des solutions et analyses plus fréquentes, afin de relever les mesures sanitaires d’un cran.

Ce plan par étapes présenté par le ministre inclut également une mise à disposition de moyens plus importants, tant en termes financiers que de personnel, pour les maisons relais et la possibilité d’organiser différemment les horaires en cas de présence du virus dans une école ou une commune. Néanmoins, si un apprentissage en alternance pourrait être envisagé pour une partie des étudiants, M. Meisch a insisté sur l’importance du maintien d’un rythme classique pour les élèves de première, qui doivent préparer leurs examens, et ceux de 7e, dont le passage au lycée peut représenter un risque d’échec scolaire.

Quid de l’apparition du variant à grande échelle?

Conscient que l’évolution de la pandémie est aussi incertaine que la date de sortie de crise, le ministre a appelé à respecter scrupuleusement – et collectivement – les règles, tout en présentant un plan en cas d’apparition de clusters dus aux variants, britannique notamment, du Covid-19. C’est d’ailleurs pour lui «une question de temps avant que le variant du virus ne soit dominant dans le pays».

Ainsi, plusieurs stratégies sont sur la table, mais la plus probable consisterait, selon le degré de gravité de la situation, en une ouverture des écoles, et un enseignement en présentiel, uniquement le matin. Les cantines seraient fermées, tout comme les maisons relais, et les parents pourraient obtenir un congé pour raisons familiales l’après-midi. Quelques activités ponctuelles pourraient être organisées, sans que plus de détails n’aient été donnés en la matière.

«Nous ne savons pas quand nous serons dans cette situation, mais les écoles et les communes vont s’y préparer. Nous avons 5.000 tablettes en stock disponibles pour le jour où les élèves, qui ne seraient pas équipés, seront à la maison. Ceci est également valable pour les classes en alternance. Nous avons déjà fait face à ce problème au cours des derniers mois. Si jamais ça arrive à nouveau, nous avons des solutions», a assuré le ministre de l’Éducation nationale.

Le personnel des maisons relais pourrait être réquisitionné pour multiplier les ressources dans les écoles afin d’organiser des appuis scolaires et se concentrer sur les potentiels retards accumulés.

Cette stratégie pourrait être réorientée et amener, selon l’évolution sanitaire, à une fermeture totale des classes, a glissé le ministre, rappelant néanmoins que ceci relevait du domaine de l’hypothétique.

Un mal-être grandissant

Les pensées suicidaires et le mal-être des jeunes ayant fortement augmenté depuis le début de la pandémie, Claude Meisch a parsemé son discours d’accents sur la nécessité de parler, d’échanger et de soutenir les jeunes.

«La pandémie ne laisse pas seulement des traces sur le plan scolaire, mais aussi sur le plan émotionnel et humain. J’ai eu, ces derniers jours, beaucoup de discussions avec des spécialistes, mais aussi des jeunes, et la conclusion est toujours la même: il faut se préoccuper du virus, mais aussi du bien-être des jeunes. Entre angoisse, doute, monotonie, beaucoup d’entre eux sont mal», a-t-il relaté, rappelant au passage que le nombre de jeunes ayant des pensées suicidaires a explosé avec la pandémie. «Il y a beaucoup de monde en psychiatrie juvénile. On ne doit plus seulement trier les patients Covid, mais également les aides dans les assistances psychiatriques. On risque d’en arriver à un point où on ne pourra traiter que ceux qui ont des pensées suicidaires.»

Outre le vecteur social et la stabilité que représente l’école, Claude Meisch a également souligné que les contacts, bien que soumis à des restrictions, ne devaient pas se limiter à la sphère scolaire, et qu’il était important que les enfants voient des amis et échangent.

«Si des adultes invitent un couple le samedi soir, ça doit être tout aussi évident de faire la même chose pour les enfants. Les cinémas, les piscines, il y a des possibilités. On peut se rencontrer à quelques-uns dehors et voir des amis. On peut aussi miser sur les plateformes en ligne», a développé le ministre de l’Éducation nationale, avant d’ajouter: «2021 pourrait également être l’année des jeux de société. C’est important dans une famille, d’avoir des contacts, de s’écouter, et d’oublier ce qui se passe en dehors de la pandémie.» Le gouvernement a d’ailleurs prévu, dans cette logique, de mettre à disposition, dans les écoles, des boîtes de jeux de société, qu’il sera possible d’emporter à la maison.

Retrouvez l’intégralité de la conférence traduite en français ci-dessous: