Diplômée en sociologie de travail et en gestion d’entreprises, a rejoint KPMG en 2006. Elle y a passé sept années au service des ressources humaines, qui lui ont permis d’acquérir une forte expérience dans la gestion du capital humain couplée à la gestion stratégique de l’entreprise. Soucieuse du décalage entre les attentes des entreprises et les profils des candidats présents sur le marché du travail, elle intègre en 2013 l’asbl Jonk Entrepreneuren Luxembourg en tant que directrice. Cette position lui permet de développer le potentiel entrepreneurial des jeunes dans lequel elle croit fortement. Stéphanie est également membre du conseil d’administration du Fonds national de la recherche et de la Fondation Idea asbl. En octobre 2023, elle rejoint la Chambre de commerce du Luxembourg en tant que directrice Entrepreneuriat et prend la tête de la House of Entrepreneurship.
Pensez-vous que l’égalité hommes-femmes progresse au sein des conseils d’administration?
«Oui, je pense que l’égalité hommes-femmes fait des progrès significatifs au sein des conseils d’administration. J’ai observé une prise de conscience croissante quant à l’importance de la diversité des genres dans les postes de leadership. Cette évolution est encouragée par un changement de mentalités, mais aussi par des initiatives législatives qui poussent les entreprises et organisations à revoir leurs politiques de sélection. Cependant, il reste encore beaucoup à faire et ce progrès n’est pas uniforme partout. Pour que ces améliorations soient vraiment efficaces et durables, on doit continuer à pousser cet engagement à tous les niveaux. Nous devons veiller à ce que les conseils d’administration reflètent réellement la diversité, les différentes perspectives et les compétences de notre société, en mettant l’accent sur une diversité qui dépasse la simple question de l’égalité hommes-femmes.
Que pensez-vous des quotas pour les femmes dans les conseils d’administration? Sont-ils nécessaires ou contre-productifs selon vous?
«Les quotas sont effectivement un sujet complexe et parfois controversé. Toutefois, je pense qu’ils sont nécessaires pour accélérer le changement et favoriser une meilleure représentation des femmes, mais ils soulèvent également des questions de perception qui peuvent affecter la crédibilité des femmes nommées. Personnellement, j’avoue, que je ne souhaiterais pas occuper le poste réservé aux femmes.
De plus, se concentrer uniquement sur les quotas ne s’attaque pas véritablement aux racines du problème de disparité de genre qui nécessitent une action plus profonde et je pense que simplement augmenter le nombre de femmes ne garantit pas forcément une diversité accrue des perspectives.
Et, bien sûr, l’objectif ultime serait d’arriver à un point où la compétence seule détermine l’accès aux postes de décision, sans que les quotas ne soient nécessaires, mais nous avons encore un long chemin à parcourir pour y arriver.
Selon vous, quelles solutions ou quelle politique pourraient encourager une meilleure parité?
«Je pense que pour encourager une meilleure parité, nous devons commencer par l’éducation. Éduquer les filles comme les garçons est essentiel pour engager un changement profond. En intégrant des programmes éducatifs qui favorisent l’égalité des genres et déconstruisent les stéréotypes, nous préparons le terrain pour un monde où les rôles de responsabilité sont accessibles à tous. Cette approche sème des graines de curiosité, d’innovation, de confiance en soi et encourage les jeunes à explorer leurs intérêts et à poursuivre leurs rêves, sans distinction de genre ou d’origine. Après, il est également important de valoriser à temps le potentiel des femmes, de les promouvoir dans des rôles clés et de les équiper ainsi de l’expérience nécessaire pour assumer des rôles de leadership. Ensuite, il faut les soutenir pour qu’elles soient vues, reconnues et envisagées pour des postes dans les conseils d’administration. Le mentorat et surtout le réseautage peuvent aider à avancer dans cette direction.
Quel conseil donneriez-vous à une femme qui hésiterait à se lancer?
«Mon conseil serait de croire en ses capacités et d’oser. Il est vrai que les femmes, plus souvent que les hommes, peuvent manquer de confiance en elles lorsqu’il s’agit de viser des postes de leadership. Il est crucial de surmonter cette hésitation. Pensez à toutes ces femmes inspirantes qui ont tracé la voie. Elles n’avaient pas les mêmes opportunités que nous aujourd’hui, mais elles ont posé les bases pour faire avancer le rôle des femmes dans la société. Entourez-vous de personnes qui vous soutiennent, cherchez des mentors et impliquez-vous dans des réseaux qui peuvent vous propulser vers l’avant. Rappelez-vous que chaque petit pas est un pas vers la réalisation de vos rêves et que chaque échec est une leçon précieuse, et surtout, restez fidèle à vos valeurs et à votre vision. Votre parcours est unique et c’est votre authenticité qui vous distinguera.»