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en voiture, simone!

La station-service peut-elle rimer avec bonne bouffe?



Beaucoup de mauvais, mais aussi de bonnes surprises: la bonne bouffe en station-service, c’est pas encore gagné... (Design : Carole Rossi / Maison Moderne)

Beaucoup de mauvais, mais aussi de bonnes surprises: la bonne bouffe en station-service, c’est pas encore gagné... (Design : Carole Rossi / Maison Moderne)

Au Grand-Duché, les stations-service sont une sorte d’image d’Épinal du «Luxembourg moins cher pour l’essence, l’alcool et les cigarettes». En adaptant leur offre gourmande, certaines sortent du lot, pour le meilleur ou pour le pire...

La station-service fait partie du quotidien de celles et ceux qui vivent au Luxembourg ou qui y passent la journée: on y fait le plein, bien sûr, mais on y fait aussi quelques courses tardives, on y prend un café, on y achète des glaçons, des cigarettes pour les fumeurs et une bouteille pour un apéritif de dernière minute, on y prend soin de sa jolie voiture... Mais est-il possible d’y grignoter, voire d’y déjeuner de manière qualitative? À la surprise générale, pas vraiment, mais quelques exceptions montrent une évolution vers le mieux!

Encore trop de malbouffe

Côté nourriture, les stations-service sont encore clairement assimilées aux sandwiches industriels, paninis blafards et fades et autre «junk food» variée pour laquelle chacune a semblé à une époque rivaliser de médiocrité. C’est encore malheureusement le cas aujourd’hui. Derrière des appellations de type «coin gourmand» et consorts se cache encore et toujours une pléthore de produits industriels sans goût et normés à l’extrême. Sans parler des grandes chaînes de fast-food qui trustent les stations d'autoroute géantes comme Berchem ou Capellen... 

Ne vous laissez donc pas avoir par la mention «fraîchement préparé par nos soins» de la station-service Total de Frisange ou par le «Deli Fresh Bakery» affiché fièrement par celle de Shell à Belair (à ne surtout pas confondre avec l’enseigne Delitraiteur de la route d’Arlon toute proche): le jambon-beurre de la première et le «panini kebab» de la seconde sont des insultes au bon goût. Et ce ne sont que deux exemples parmi tant d’autres...

Certaines mentions jouent avec les mots pour masquer la qualité médiocre des produits servis. Maison Moderne

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Certaines mentions jouent avec les mots pour masquer la qualité médiocre des produits servis. Maison Moderne

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Une bonne surprise

Parmi la constellation de stations-service grand-ducales, Esso semble avoir pris un tournant intéressant avec son concept encore relativement récent «Gourmet Rapide». En effet, si le cadre ne vend pas vraiment du rêve dans les stations concernées, à Steinfort ou à Leudelange, l’offre food s’avère à la fois très variée et plutôt honnête. Les salades, par exemple, sont fraîches et sans conservateurs, à consommer dans les deux jours, même si on y trouve des produits hors saison (entre 8 et 10€). Des petits «shakers» à moins de 5€, comme celui aux vermicelles de riz à la thaïe, constituent également un encas plutôt réussi.

La station Esso de Leudelange: peu de glamour, mais une offre food intéressante....  Maison Moderne

La station Esso de Leudelange: peu de glamour, mais une offre food intéressante....  Maison Moderne

Les stations «Gourmet Rapide» proposent aussi des plats chauds, des burgers, des quiches, des parts de pizza, des sushis (qu’on préfère éviter, faut pas exagérer...), mais aussi des desserts pas mauvais, le tout à consommer sur place sur des tables hautes ou à emporter.

Un exemple de salade fraîche servie dans l’enseigne «Gourmet Rapide». Maison Moderne

Un exemple de salade fraîche servie dans l’enseigne «Gourmet Rapide». Maison Moderne

Attention cependant: toutes les enseignes ne se valent pas! La station Esso de Frisange, par exemple, affiche «Gourmet Rapide», mais ne propose presque rien à part deux baguettes et trois croissants dans un mini-présentoir à peine visible...

Le take-away, une valeur sûre

Si l’on souhaite vraiment faire quelques courses alimentaires en station-service, la meilleure solution reste la vente à emporter. Ainsi, depuis des années déjà, il est possible de trouver des plats préparés du traiteur De Schnekert (Cactus, entre 7€ et 9€) qui font plutôt bien le boulot dans le réseau de 31 stations-service – toutes marques confondues – possédant une supérette Shoppi (la liste ici ).

Mais plus récemment, c’est carrément le traiteur Steffen qui fait son arrivée dans certains établissements avec sa gamme «L’Atelier Steffen», présente aussi au Quai Steffen de la gare centrale. On peut ainsi repartir avec un excellent risotto d’épeautre (6,90€), un émincé de volaille, curry et lait de coco bien servi, sans gluten ni conservateurs (9,40€), ou encore de très bonnes carottes glacées bicolores (8,90€). Le packaging en carton est séduisant et chaque plat peut quasiment faire deux repas. Une belle surprise dans les trois stations-service concernées: Aral Steinfort, Goedert Bereldange et Goedert Hollerich.

Valeur sûre de la vente à emporter gourmande, la gamme «L’Atelier Steffen» débarque dans certaines stations-service. Maison Moderne

Valeur sûre de la vente à emporter gourmande, la gamme «L’Atelier Steffen» débarque dans certaines stations-service. Maison Moderne

La grande gagnante

C’est d’ailleurs cette station de l’Autocenter Goedert à Hollerich qui gagne la palme gourmande, surtout au sein de la capitale. Outre la possibilité d’y trouver les plats de L’Atelier Steffen, il est aussi possible de les réchauffer et de les consommer sur place, dans un espace partagé avec le joli comptoir La Table du Pain, également présent dans la supérette. Cette dernière propose enfin un vrai petit rayon bio et une gamme de boissons plutôt originale pour une station-service (mention spéciale pour la boisson 28 Black aux baies d’açai).