ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Mini-entreprises 2020

Sohtel transforme les savons en crayons de couleur



Lisa Pesole, Philippe Nunes, Laura Arend, Daniel Fernandes, Sabrina Torres, João Gomes, Quynh Han Lien et Merjam Sehic ont remporté la troisième place au concours des Mini-entreprises 2020. Ils recyclent les savons d’hôtel, voués à être jetés, en les transformant en crayons de couleur. (Photo: Sohtel)

Lisa Pesole, Philippe Nunes, Laura Arend, Daniel Fernandes, Sabrina Torres, João Gomes, Quynh Han Lien et Merjam Sehic ont remporté la troisième place au concours des Mini-entreprises 2020. Ils recyclent les savons d’hôtel, voués à être jetés, en les transformant en crayons de couleur. (Photo: Sohtel)

Sohtel a atteint la troisième place du podium des Mini-entreprises 2020 grâce à ses crayons de couleur issus de savons d’hôtel usagés. Elle continue son activité jusqu’à mi-juillet et reversera une partie de ses bénéfices à Unicef Luxembourg.

Rares sont ceux qui peuvent prétendre avoir terminé leur savon à l’hôtel. Chaque année, 949 millions de pièces seraient jetées dans le monde, selon l’association Unisoap. Huit élèves âgés de 17 à 18 ans (Lisa Pesole, Philippe Nunes, Laura Arend, Daniel Fernandes, Sabrina Torres, João Gomes, Quynh Han Lien et Merjam Sehic) du Lycée Michel Lucius ont donc cherché une solution pour éviter un tel gaspillage.

«Notre première idée était de les recycler en nouveaux savons, mais c’était compliqué en termes d’hygiène. Alors nous avons décidé de les transformer en crayons de couleur», explique Daniel Fernandes, cofondateur.

Sept euros le pack

Le produit a la même texture qu’un crayon de cire. Il existe en six coloris: jaune, rouge, orange, bleu, doré et noir. Le pack de trois coûte sept euros. On peut l’acheter sur le site de vente en ligne de leur école, sharencarelml.com, ou sur celui d’Unicef Luxembourg, avec qui la mini-entreprise a noué un partenariat. «À la fin du projet, nous allons leur reverser une partie de notre bénéfice», révèle Daniel Fernandes. Des commandes en direct via leur page Facebook ou Instagram sont également possibles.

Produire ces crayons ne «coûte pas très cher», admet-il. La mini-entreprise travaille avec quatre hôtels luxembourgeois qui la fournissent en savons usagés: Goeres, Simoncini, Cravat et Pax. Chaque établissement donne en général un à deux kilos par semaine, voire plus. Par exemple, Goeres s’est débarrassé de 20 kilos de savon en deux à trois semaines. Alors qu’avec un kilo, «on peut faire une trentaine de crayons», calcule Daniel Fernandes.

Le savon est mixé en petits morceaux. Les élèves y ajoutent ensuite de la glycérine (achetée à la pharmacie), avant de le passer au four. Après, ils incorporent les pigments de couleur (de chez Peintures Robin) et mettent en forme les crayons grâce à l’imprimante 3D de leur lycée.

22 clients

Depuis son lancement en fin d’année dernière, Sohtel a séduit 22 clients, pour réaliser un chiffre d’affaires de 372 euros.

Elle est ainsi arrivée à la troisième place du classement des Mini-entreprises de Jonk Entrepreneuren la semaine dernière . Et a raflé, en plus, le Green Label Award de la Chambre des métiers. Elle a donc reçu une somme de 1.100 euros, qui sera distribuée à Unicef, aux actionnaires (des proches) et aux membres de l’équipe sous forme de salaire. «Nous étions très contents d’être la troisième Mini-entreprise sur 82. Nous avons appris beaucoup sur comment gérer une entreprise, s’organiser en équipe», témoigne avec joie Daniel Fernandes.

Une belle expérience, qui s’arrêtera tout de même mi-juillet avec la dissolution de la mini-entreprise. «Nous voulons tous nous concentrer sur la première, l’année prochaine», justifie-t-il.

En attendant, Sohtel reste active. Elle espère monter un partenariat avec des artistes luxembourgeois qui vont «faire des dessins avec nos crayons de couleur, qu’on vendra ensuite autour de 50 euros». La mini-entreprise vise cette fois un public plus âgé, qui agirait «pour la bonne cause». Rien n’a été signé, mais cela devrait se faire «prochainement».