PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

La liste

Six économistes pour garder le cap



Guy Wagner est administrateur directeur et chief investment officer de BLI – Banque de Luxembourg Investments. (Photo: Banque de Luxembourg)

Guy Wagner est administrateur directeur et chief investment officer de BLI – Banque de Luxembourg Investments. (Photo: Banque de Luxembourg)

Chef économiste, économiste, stratégiste… le titre varie, mais la fonction reste la même: conseiller – et rassurer – les gérants et les clients face aux soubresauts de plus en plus fréquents de l’économie.

Guy Wagner

Banque de Luxembourg

Licencié en sciences économiques de l’Université libre de Bruxelles, Guy Wagner a rejoint la Banque de Luxembourg en 1986, où il fut successivement responsable des départements Analyse financière et Asset Management. Depuis 2005, il est administrateur directeur et chief investment officer de BLI – Banque de Luxembourg Investments.

Tous les mois, lui et son équipe publient la revue Highlights, dans laquelle ils pré­sentent leurs anticipations sur l’évolution de l’économie. Dans la dernière livraison, il s’inquiète de la diminution du potentiel de croissance suite à la réduction des dépenses publiques par rapport aux ni­-veaux élevés d’il y a un an et de la hausse généralisée des prix, exacerbée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Yves Nosbusch

Yves Nosbusch est membre du comité exécutif de BGL BNP Paribas et en charge des départements Communication, RSE et Stratégie. (Photo: Anthony Dehez)

Yves Nosbusch est membre du comité exécutif de BGL BNP Paribas et en charge des départements Communication, RSE et Stratégie. (Photo: Anthony Dehez)

BGL BNP Paribas

Yves Nosbusch est membre du comité exécutif de BGL BNP Paribas et en charge des départements Communication, RSE et Stratégie. Il est également chief economist de la banque.

Il est titulaire d’un PhD. en économie de l’Université de Harvard, ainsi que d’un MSc. et d’un BSc. en économétrie et économie mathématique de la London School of Economics.

Avant d’entrer au sein de BGL BNP Paribas en 2012, il était membre à temps plein de la faculté de Finance de la London School of Economics. Ses recherches académiques ont porté sur la dette publi­que, le risque souverain et les systèmes de pension. Yves Nosbusch est également actif sur la Place. Ancien membre du Conseil de la Banque centrale du Luxembourg, il a été président de 2017 à novembre 2018 du Conseil national des finances publiques – institution qu’il a rejointe dès sa création, en 2014.

William Telkes

William Telkes est chef économiste à la Spuerkeess. (Photo: 101Studios)

William Telkes est chef économiste à la Spuerkeess. (Photo: 101Studios)

Spuerkeess

William Telkes a débuté sa carrière dans le monde de l’asset management en tant qu’économiste/stratégiste. Il rejoint Spuerkeess en 2017, où il est rapidement promu au poste de chef économiste. Depuis 2019, il y supervise également les activités de banque privée. Titulaire d’un master en sciences économiques de l’Université Nancy 2 et d’un doctorat en sciences économiques de l’Université d’Orléans, il se présente comme un «économiste passionné».

Pour lui, un bon chef économiste doit justifier d’une bonne formation, et d’ex­périences complémentaires sur le terrain. Et il se doit aussi d’être un bon orateur. «Sans se perdre dans un vocabulaire trop technique, il doit être capable de transmettre des messages clés de manière simple et compréhensible.»

Il constate que, dans le monde de la finance, le rôle des économistes a gagné en importance. «Dans un contexte conjoncturel caractérisé par de fortes incertitudes, les missions clés des économistes – à savoir interpréter, anticiper et prévoir – sont encore plus marquées. Comme le monde est en con­tinuelle évolution, tout comme les relations entre indicateurs économiques, l’économiste devrait rester un acteur essentiel du monde de la finance.»

Vincent Juvyns

Vincent Juvyns occupe le poste de stratégiste des marchés mondiaux chez J.P. Morgan Asset Management. (Photo: JP Morgan AM)

Vincent Juvyns occupe le poste de stratégiste des marchés mondiaux chez J.P. Morgan Asset Management. (Photo: JP Morgan AM)

J.P. Morgan Asset Management

Titulaire d’un master en gestion de l’entre­prise et en finance délivré par l’Institut catholique des hautes études commerciales de Bruxelles, Vincent Juvyns occupe le poste de stratégiste des marchés mondiaux. Basé en Europe, il est chargé de fournir des analyses économiques et de marché aux clients du Benelux, de France et de Genève. Le monde de l’économie et de la finance l’a toujours fasciné. Passion est le mot qui revient le plus souvent lorsqu’il parle de son métier. Curiosité ensuite.

Si on lui demande quelles sont les qualités pour devenir un bon stratégiste, il insiste sur la nécessité de l’expérience pour devenir encore meilleur. «Si la théorie est nécessaire pour acquérir le bon cadre de réflexion qui permet de jalonner notre raisonnement face aux environnements actuels, elle sert finalement relativement peu comme cadre de référence par rapport à ce à quoi on est confronté aujourd’hui. On est dans l’inédit en permanence. Un économiste qui a passé des crises, c’est un peu comme un militaire qui pourrait mettre des galons sur son épaule.» Pour lui, c’est l’expérience historique et du terrain qui fait la différence dans le conseil.

Alexandre Gauthy

Alexandre Gauthy est macroéconomiste chez Degroof Petercam Luxembourg. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne/Archives)

Alexandre Gauthy est macroéconomiste chez Degroof Petercam Luxembourg. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne/Archives)

Degroof Petercam Luxembourg

Alexandre Gauthy est macroéconomiste chez Degroof Petercam Luxembourg depuis septembre 2016. Diplômé de l’Université de Liège, où il a obtenu un master en banque et gestion d’actifs, il intègre la banque en août 2012 comme gestionnaire de portefeuilles.

Dès l’université, il est captivé par les marchés financiers. Le déclic? Il assiste à une présentation d’un stratégiste d’une banque belge. Son objectif professionnel est trouvé. Les qualités que doit avoir un bon chef économiste? «Avant tout, l’éco­nomiste est confronté à des questions dont l’étendue peut être très vaste. Il est donc primordial de rester informé de l’actualité économique et financière. Ensuite, le goût de l’analyse, l’ouverture d’esprit, la confrontation des arguments et la remise en question de ses hypothèses sont tous des éléments importants dans le métier. L’économie n’est pas une science exacte, et le futur est incertain. L’esprit de synthèse est impor­tant au vu du nombre d’informations à traiter, ainsi que le cheminement intellectuel découlant sur une opinion. J’ajouterai à cela la capacité d’expliquer des concepts parfois complexes de manière simplifiée.»

Étienne de Callataÿ

Étienne de Callataÿ est chief economist d’Orcadia Asset Management et président du conseil d’administration. (Photo: Orcadia AM)

Étienne de Callataÿ est chief economist d’Orcadia Asset Management et président du conseil d’administration. (Photo: Orcadia AM)

Orcadia Asset Management

Étienne de Callataÿ est chief economist d’Orcadia Asset Management et président du conseil d’administration. Durant sa carrière, il a travaillé à la Banque Nationale de Belgique (1987-1992), au FMI (1992-1996), a été chef de cabinet adjoint du Premier ministre belge (1996-1999) et chef de cabinet du ministre des Finances (1999), avant de rejoindre la Banque Degroof (1999-2015), dont il a été le chief economist et un des administrateurs délégués.

Son entrée dans la banque est le fruit du hasard. Il rencontre Alain Siaens, alors patron de la Banque Degroof, dans le cadre de son activité de bénévolat. Son aventure politique prenant fin avec la défaite de Jean-Luc Dehaene, Premier ministre belge de l’époque, il propose ses services à Degroof qui ne dispose alors pas d’économiste. Il endosse ce costume. Au début, il participe aux rencontres organisées par la banque privée avec les clients pour parler «climat économique», puis avec les journalistes. Et de fil en aiguille…

Pour lui, le bon chef économiste doit être «un esprit extrêmement curieux et ouvert». Être créatif. Et être prêt au choc des cultures entre celle de l’investis­sement, qui est une culture matérialiste, positive et optimiste, et celle des macroéconomistes, tournée vers l’obser­vation des crises, la conscience des dangers, et qui n’est pas obnubilée par l’argent.

Il se compare volontiers à un journaliste: «Je suis dans la transmission de l’information, sa mise en perspective dans une volonté de décryptage. Je me sens beaucoup plus proche du journaliste que de l’expert.»

Cet article a été rédigé pour l’édition magazine de Paperjam du mois de mai 2022  parue le 27 avril 2022. Le contenu du magazine est produit en exclusivité pour le magazine. Il est publié sur le site pour contribuer aux archives complètes de Paperjam.

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