ENTREPRISES & STRATÉGIES — Services & Conseils

Prix de la chambre de commerce

Simpleviu, la start-up qui veut révolutionner le tourisme



En parcourant le monde, Philippe Freitas Morgado et Liliana Soares sont tombés sur le concept qui a inspiré la création de leur hébergement circulaire. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

En parcourant le monde, Philippe Freitas Morgado et Liliana Soares sont tombés sur le concept qui a inspiré la création de leur hébergement circulaire. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

Le jeune entrepreneur Philippe Freitas Morgado a remporté un prix de la Chambre de commerce pour son concept de cabines pour les touristes qui peuvent se déplacer d’un endroit à l’autre, mais il estime qu’il faut davantage de soutien pour les jeunes pousses du secteur.

Étudiant de troisième cycle en entrepreneuriat et innovation à l’Université du Luxembourg en 2019, le parcours de Philippe Freitas Morgado a commencé lorsqu’il a dû élaborer un business plan pour l’un de ses cours.

«Le jour où j’ai dû présenter mes idées à mon superviseur, j’avais une liste avec trois idées. Simpleviu n’y était pas», raconte-t-il à Delano. «Mais à la dernière minute, j’ai décidé d’échanger l’une des trois autres contre celle-ci. Je n’ai jamais vraiment été sûr, mais en parlant avec ma petite amie, elle m’a rappelé ce concept que nous avions vu dans d’autres pays lors de nos voyages. Et mon superviseur a tout de suite aimé l’idée. J’ai donc eu beaucoup de chance de l’avoir choisie.»

Tous deux grands voyageurs, Philippe et sa petite amie Liliana Soares, qui est également sa partenaire en affaires, sont tombés sur le concept des minuscules cabines au Maroc, ainsi que dans les pays scandinaves, et ont vu un énorme potentiel pour lancer un projet similaire au Luxembourg. Après une étude de marché approfondie, le couple a ensuite élaboré un concept original adapté au Grand-Duché et aux touristes internationaux et locaux qu’il attire.

Le résultat? Simpleviu, un concept d’hébergement circulaire consistant en des cabines transportables d’environ 25 à 30m2, principalement en verre et en bois. «L’objectif est de les mettre réellement en pleine nature afin de créer une expérience alternative et isolée pour avoir ce lien avec la nature. Pour ce faire, le verre est censé créer une vue panoramique.» En même temps, différents services, dont le petit-déjeuner et la location de vélos, devraient être proposés aux clients, afin de leur offrir une expérience complète.

La circularité et la durabilité sont au cœur de l’expérience. Que ce soient les matériaux utilisés pour construire les cabines, les entreprises impliquées, ou encore la décoration intérieure et l’offre de repas, tout est fait au Luxembourg. Philippe souligne l’attention portée aux détails à cet égard, en disant qu’il est important d’analyser la source des détails les plus infimes, comme les tapis ou le papier toilette dans les cabines, pour s’assurer qu’ils respectent cet aspect écologique.

(Non) terre en vue

Mais le chemin qui mène de l’élaboration du concept à sa mise en pratique est semé d’embûches, et bien que M. Morgado fasse l’éloge de l’énorme soutien que les deux entrepreneurs ont reçu de la part de divers acteurs, cela n’a pas toujours été facile, dit-il.

L’un des principaux défis de la concrétisation de leur vision a été de trouver des terrains où ils pourraient installer les cabines. «Je crois qu’au moins au niveau européen, le Luxembourg est l’un des pays qui ont le plus de contraintes. Il a été très difficile de trouver ce que nous pourrions faire et où, car on ne peut pas simplement aller mettre une cabine au hasard dans la forêt. Cela aurait été trop facile. Il faut donc vraiment voir comment les différentes parcelles de terre sont classées, qui en est propriétaire, ce que l’on peut en faire, etc.»

Néanmoins, grâce à son énergie et à son enthousiasme, Philippe Freitas Morgado a réussi à présenter le concept à différents acteurs, suscitant ainsi beaucoup d’intérêt. Finalement, quelques communes ont approché le jeune entrepreneur en lui proposant des terrains potentiels.

Les deux premiers sites étant sécurisés dans la région du Mullerthal, les communes à bord et les différents fournisseurs et partenaires soigneusement choisis et informés, il ne reste plus qu’un élément avant que la start-up ne soit prête à démarrer.

«Pour l’instant, tout dépend d’un seul facteur, un facteur vraiment important, en fait, et c’est le financement. Nous sommes en contact avec une banque en ce moment, et j’espère avoir une réponse de leur part dans les prochains jours. Si cette réponse est positive, je pourrai alors donner le feu vert aux différents acteurs impliqués. J’espère donc que les premières cabines seront prêtes pour l’été 2021», déclare M. Morgado.

Et bien que Simpleviu ait encore un long chemin à parcourir, la start-up a déjà fêté son premier succès, en recevant le premier prix de la Chambre de commerce pour le meilleur business plan.

«J’ai été surpris et heureux, car la concurrence était féroce, il y avait tant de bonnes idées. Je pense que le plus important pour moi est de voir que le travail acharné, le concept et l’idée ont porté leurs fruits et sont appréciés», a déclaré M. Morgado à propos de son prix.

Une bouffée d’air frais pour le secteur de l’hôtellerie et de la restauration?

Mais ce n’est qu’un début, déclare M. Morgado, qui a son bureau dans l’incubateur de l’Université du Luxembourg, expliquant qu’il a déjà de grands projets pour l’avenir de Simpleviu, notamment des cabines autonomes et l’exploration des possibilités d’un concept similaire dans des zones plus urbaines.

Il voit un réel besoin d’apporter un souffle d’air frais à l’industrie du tourisme du Grand-Duché et de proposer des expériences plus modernes et innovantes afin d’attirer un public plus large.

En même temps, le jeune entrepreneur reconnaît qu’il est extrêmement difficile de se lancer dans ce domaine, car le soutien disponible pour les start-up dans le secteur du tourisme est extrêmement rare comparé à d’autres domaines.

«Si nous étions une start-up technologique ou fintech, nous aurions probablement déjà des fonds à ce stade. Mais comme nous sommes une entreprise dans le secteur de l’hôtellerie, il est beaucoup plus difficile de trouver des fonds. Il n’y a pas beaucoup de soutien financier disponible pour le tourisme et pour ce genre de start-up», note M. Morgado.