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SES renonce à sa séparation en deux



Partenariat avec Microsoft sur le cloud, avancée dans le dossier de la 5G américaine, plan d’économies: le CEO de SES, Steve Collar, est satisfait des derniers développements. (Photo: Matic Zorman / archives Paperjam)

Partenariat avec Microsoft sur le cloud, avancée dans le dossier de la 5G américaine, plan d’économies: le CEO de SES, Steve Collar, est satisfait des derniers développements. (Photo: Matic Zorman / archives Paperjam)

SES annonce ce jeudi matin, à l’occasion de la présentation de ses résultats sur neuf mois, renoncer à l’idée de séparer son activité «Networks» du cœur de la pépite luxembourgeoise.

«Nous avons décidé de ne pas procéder à la séparation de Networks du reste du Groupe SES à ce stade, mais plutôt de donner une forte impulsion opérationnelle à nos activités Video et Networks.» Dans le communiqué de presse publié à l’occasion des résultats de SES sur neuf mois, son CEO, Steve Collar, met un terme provisoire à la création d’une deuxième entité, «SES Cloud».

Imaginée au printemps, elle aurait permis de se focaliser sur l’activité Networks, un tiers des revenus de SES, mais en pleine croissance, tandis que SES aurait conservé le cœur de son activité historique, la vidéo, qui perd chaque année du terrain au rythme de l’évolution technologique qui modifie la consommation de vidéos.

Ce jeudi matin, le Britannique explique que «la différenciation de Networks est déjà forte et, avec les lancements de SES-17 et O3b mPower dans moins d’un an, nous continuons d’appliquer notre politique de services de réseaux multiorbites, continus, automatisés, flexibles et basés sur le cloud. Nous avons déjà sécurisé 500 millions de dollars de contrats pour SES-17 et O3b mPower et reviendrons régulièrement sur l’état d’avancement du chantier de construction du ‘Réseau du futur’, porté par notre stratégie ‘cloud-first’. Depuis que SES est devenu fournisseur de connectivité d’Azure Orbital, notre partenariat avec Microsoft s’est étendu aux gateways colocalisés d’O3b mPower, afin d’assurer à nos clients une proximité immédiate avec la passerelle Azure.»

Il faudra toutefois garder à l’œil ce sujet. Si Microsoft offre à SES une solution intéressante, il en a fait autant avec SpaceX autour de sa constellation à basse orbite Starlink, pour laquelle Elon Musk et ses équipes envoient des dizaines de petits satellites tous les 10 jours en orbite. L’enjeu est en partie le même pour les deux fournisseurs de connectivité depuis l’espace: la 5G américaine.

Sur ce sujet-là aussi, Steve Collar est satisfait. «Je suis tout particulièrement satisfait des progrès réalisés dans le cadre de la réaffectation du spectre de la bande C outre-Atlantique: le plan de transition se déroule parfaitement, la FCC devant lancer l’appel d’offres le mois prochain et l’échéance de versement du premier paiement de relocalisation n’étant plus qu’à 13 mois maintenant», dit-il, espérant récupérer assez vite quatre premiers milliards de dollars dans l’opération, conformément au plan adopté par le régulateur américain des télécoms.

Selon le communiqué, les revenus de «Networks» ont augmenté de 7,5% sur 12 mois et ceux de «Video» sont stables d’un trimestre à l’autre, une différence d’échelle temporelle accompagnée d’aucun résultat plus précis, mais le groupe se félicite de l’accord avec le groupe Canal+ (230 millions d’euros). L’Ebitda, à 883 millions d’euros sur trois trimestres, est en ligne avec les attentes, grâce en partie aux 50 millions d’euros économisés dans le cadre du plan «Simplify and amplify», qui s’est traduit par une réduction de 10 à 15% des effectifs et par la fermeture de certains points de présence physique.

97% des revenus annoncés (1,86-1,9 milliard d’euros) sont sécurisés, dit encore le communiqué.