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Opérateur de connectivité

SES récupère le premier milliard de la 5G américaine



Bonne nouvelle pour Steve Collar et SES: la FCC a reconnu que la société avait rempli la première partie de son contrat, doté d’un milliard de dédommagements pour 1,6 milliard de coûts. (Photo: Archives Maison Moderne)

Bonne nouvelle pour Steve Collar et SES: la FCC a reconnu que la société avait rempli la première partie de son contrat, doté d’un milliard de dédommagements pour 1,6 milliard de coûts. (Photo: Archives Maison Moderne)

La stratégie mise en place par Steve Collar porte ses premiers fruits: SES a annoncé dans un communiqué, mercredi soir, que la FCC a validé la première phase de la libération du spectre américain pour la 5G. À la clé, un premier milliard de dollars, qui seront versés au premier trimestre 2022.

C’est une bonne nouvelle, mais pas une surprise. Après avoir consenti des efforts pour négocier avec le régulateur américain des télécoms, puis avoir mis en place un véritable plan de bataille, SES recevra un milliard de dollars de la FCC au premier trimestre 2022, en dédommagement de ces opérations inédites pour l’opérateur de satellite.

Deux ans et demi après avoir pris ces engagements, avec d’autres opérateurs de satellites, qui ont nécessité 1,6 milliard de dollars d’investissements, SES peut viser son deuxième objectif: libérer 280Mhz supplémentaires, d’ici le 5 décembre 2023, pour bénéficier de 3 milliards de dollars supplémentaires. Ce n’est que là que cela sera véritablement intéressant, même si, évidemment, ce milliard est le bienvenu pour une société qui a conservé sa limite d’endettement de 3,3 fois son Ebidta tout en investissant dans son infrastructure futuriste.

«Nous sommes heureux d’avoir respecté l’ambitieux délai de compensation accélérée et de relocalisation de la phase 1 de la FCC. Au cours des deux dernières années, nous avons travaillé sans relâche pour effacer rapidement le spectre tout en assurant une transition prudente des services de nos clients, et nous sommes incroyablement fiers de ce que nous avons accompli. Il s’agissait d’une entreprise formidable, et notre succès renforce notre confiance dans notre capacité à respecter l’échéance de la phase 2 de la FCC en 2023», a déclaré le CEO de SES, Steve Collar .

Pas de fusion en vue

Le timing est parfait puisque le leader mondial des satellites a lancé avec succès, depuis Kourou, SES17, le satellite fabriqué chez Thales, et doit lancer une nouvelle partie d’O3b mPower d’ici la fin de l’année. SES a également commandé deux autres satellites, toujours auprès de Thales, Astra 1P et Astra 1Q, pour en remplacer deux. La commande faisait déjà partie de la stratégie pour 2021-2025. Les satellites seront mis sur orbite en 2024.

Mercredi matin, en marge de la conférence NewSpace organisée par l’Agence spatiale luxembourgeoise et par le ministère de l’Économie (où il a partagé la vedette avec le nouveau directeur général de l’Agence spatiale européenne, Josef Aschbacher), M. Collar s’est distancié des affirmations récentes du Financial Times selon lesquelles l’opérateur luxembourgeois n’éviterait pas de devoir trouver un actionnaire ou un partenaire industriel.

«C’est peut-être le cas pour d’autres opérateurs, mais nous avons déjà des satellites en orbite, une stratégie à double orbite avec O3b mPower qui nous permet d’offrir toute la flexibilité à nos clients et un carnet de commandes», a-t-il confié. Début 2020, SES s’était interrogé sur une réorientation de sa stratégie, avant de conclure qu’elle ne chercherait pas cette sorte de chevalier blanc. En septembre 2020, la plus célèbre des start-up luxembourgeoises avait finalement écarté l’idée avant d’annoncer un partenariat pluriannuel avec Microsoft et son cloud Azure .