POLITIQUE & INSTITUTIONS

Projection 

Sensibiliser sur la guerre «occultée» au Yémen



La réalisatrice du documentaire «Enfants reporters de guerre», Khadija Al-Salami, était en visite ce jeudi matin au Lycée technique de Bonnevoie pour y présenter son film tourné au Yémen, son pays d’origine, ravagé par la guerre depuis 2014.

Dans la salle de projection du Lycée technique de Bonnevoie, une centaine d’élèves assistent à la projection du film «Enfants reporters de guerre» tourné au Yémen. Depuis 2014, le pays est ravagé par la guerre et les bombardements, opérés par une coalition internationale menée par l’Arabie saoudite.

«Moi, je ne connaissais pas le Yémen. C’est important que l’on prenne conscience de ce qui se passe», confie Gianni, 17 ans, élève en 3e.

Des enfants reporters et témoins de la guerre

Dans le documentaire, la réalisatrice Khadija Al-Salami donne la parole aux enfants yéménites eux-mêmes. Ils parlent de leur quotidien. Filment leurs proches au moyen d’un téléphone portable, les interrogent. Les enfants évoquent leurs peurs. Les bombardements. La perte d’une maman ou encore leurs cheveux blancs qui poussent «à cause de la peur». «Toi au moins tu as fait ta vie, nous, on a vécu que la guerre», dit un jeune garçon à sa grand-mère dans l’une des scènes.

Lorsqu’une guerre est cachée, c’est aussi tous les crimes commis sur une population entière qui sont omis.

Khadija Al-Salami,  réalisatrice,  «Enfants reporters de guerre»

«Je veux conscientiser sur ce qui se passe au Yémen. On entre dans la 5e année de conflit», explique à Paperjam la réalisatrice Khadija Al-Salami. «C’est une guerre complètement cachée. Lorsqu’une guerre est cachée, c’est aussi tous les crimes commis sur une population entière qui sont omis. Il s’agit d’une guerre régionale et internationale qui implique beaucoup de pays directement ou indirectement, notamment via la vente d’armes. Le pays est fermé. Et l’aide humanitaire peine à rentrer. Il faut que la communauté internationale se réveille et fasse pression pour que ce massacre s’arrête.»

Après la projection, les élèves ont pu échanger avec la réalisatrice. (Photo: DR)

La projection du film au sein de l’établissement scolaire a pour but de conscientiser les jeunes sur les enjeux internationaux, de développer leur esprit critique, tout en les sensibilisant à la citoyenneté.

«Nous avons lancé le projet LTBonne action», explique à Paperjam Patrice Entringer, attachée à la direction pédagogique du Lycée technique de Bonnevoie. Le but est d’évoquer avec les élèves une thématique, un sujet de société dans le monde. Nous voulons les motiver ensuite à développer de bonnes actions au sein de l’école, au profit de projets humanitaires par exemple.»

Avec 50 euros, on peut financer un an de scolarité au Yémen.

Alain Grosjean,  secrétaire générale,  Union internationale des avocats

À l’origine de cette projection, maître Alain Grosjean (Étude Bonn & Schmitt). Il est l’actuel secrétaire général de l’Union internationale des avocats.

«J’ai eu l’occasion de faire une projection du documentaire auprès de confrères à Genève. Je me suis dit qu’il fallait aussi sensibiliser les jeunes. C’est eux qui font le monde demain. Nous avons également lancé une collecte de dons dans le but de financer le projet d’écoles éphémères au Yémen, soutenu par la réalisatrice elle-même , qui s’investit dans de nombreux projets humanitaires. Avec 50 euros, on peut financer un an de scolarité au Yémen.»

Maître Florence Holz, membre de l’organisation, la réalisatrice Khadija Al-Salami et maître Alain Grosjean, secrétaire général de l’UIA. (Photo: DR)