POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

surveillance de la schueberfouer

Security-Service-Schmitt: la Ville se dit hors de cause



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Selon la Ville, la surveillance du montage de la Schueberfouer ne nécessitait pas une autorisation du ministère de la Justice. (Photo: Martine Huberty/Archives)

Il n’y a pas que le dossier des trottinettes qui a donné de l’urticaire à la bourgmestre de Luxembourg Lydie Polfer. Les perquisitions menées en juillet au sein de l’administration et l’enquête menée autour des activités de la société Security-Service-Schmitt ont aussi appelé une mise au point de sa part.

Lydie Polfer  (DP), bourgmestre de Luxembourg, l’a répété plusieurs fois ce mercredi matin: nous vivons dans un État de droit et il est évidemment hors de question de remettre en cause des initiatives judiciaires. Par contre, si elle est pointée du doigt, la Ville estime pouvoir rendre publics ses arguments. Ce qu’elle a fait dans le cadre du dossier dit «Security-Service-Schmitt».

Plusieurs contrats depuis 2008

Pour rappel, nos confrères de la radio 100,7 ont révélé voici quelques jours que des perquisitions avaient eu lieu au sein de l’administration communale en lien avec des contrats passés entre la Ville et la société Security-Service-Schmitt , dont le siège se trouve à Wasserbillig et qui a  déjà été sanctionnée en 2015  en ce qui concerne la surveillance de la Schueberfouer en 2015 et 2016.

«Et le document signé du juge d’instruction stipule bien que ce sont ces deux seules années qui sont visées», souligne dans un premier temps Lydie Polfer. «On peut s’en étonner car la Ville travaille avec Security-Service-Schmitt, comme avec d’autres sociétés, depuis bien plus longtemps sur la Schueberfouer.» Au moins depuis 2008, plusieurs contrats témoignent de versements de 89.000, 77.000, 130.000 ou 116.000 euros pour des missions effectuées.

Si Security-Service-Schmitt a, à un moment, effectué des missions hors du périmètre que nous lui avions assigné, ce n’est pas de notre responsabilité.
Lydie Polfer

Lydie Polfer,  bourgmestre de Luxembourg-ville

Et en ce qui concerne justement les missions accomplies en 2015 et 2016, la Ville estime être totalement hors de cause. «Les contrats sont clairs: il s’agissait de surveiller la phase de montage de la Schueberfouer, ceci dans le but de ne laisser entrer sur le chantier que les personnes autorisées», mais aussi  «assurer la sécurité événementielle», avance Lydie Polfer.

Ce que la Ville avait déjà expliqué le 21 août 2015, précisant alors, déjà, qu’il ne s’agissait pas d’une mission de gardiennage. Et que donc elle ne nécessitait pas d’autorisation du ministère de la Justice. «En ce qui concerne le gardiennage, la société G4S, disposant de l’agrément ministériel requis, assure la surveillance des biens sur le champ du Glacis pour le compte de la Ville de Luxembourg, ceci pendant la nuit lors de la phase de montage et 24h/24 pendant les 20 jours de la Schueberfouer», avait encore précisé la Ville dans un communiqué. 

Quelques jours plus tard, interrogé par le député  Laurent Mosar  (CSV), le ministre de la Justice Felix Braz (Déi Gréng) avait confirmé la chose en répondant que «les activités décrites dans la prise de position du 21 août 2015 de la Ville de Luxembourg, pour lesquelles cette dernière a eu recours à la société Security-Service-Schmitt à l’occasion de la Schueberfouer, ne relèvent pas du champ d’application de la loi du 12 novembre 2002 relative aux activités privées de  gardiennage et de surveillance. Un agrément délivré sur base de cette loi n’est donc pas requis». Difficile d’être plus clair.

La Ville n’aurait donc rien à se reprocher. «Et si Security-Service-Schmitt a, à un moment, effectué des missions hors du périmètre que nous lui avions assigné, ce n’est pas de notre responsabilité», conclut Lydie Polfer, qui attend maintenant de connaître la qualification des faits qui sont l’objet de cette instruction.

En attendant, Security-Service-Schmitt, qui collaborait à d’autres événements de la Ville comme la Fête nationale ou les Winterlights, a été temporairement écartée «en application du principe de précaution».