Partenariat public-privé né en 2008, Luxembourg for finance a durant ses 15 premières années d’existence parfaitement joué son rôle de promotion de la Place financière. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Partenariat public-privé né en 2008, Luxembourg for finance a durant ses 15 premières années d’existence parfaitement joué son rôle de promotion de la Place financière. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Luxembourg for Finance a célébré son 15e anniversaire ce lundi 20 février au Cercle Cité. L’occasion de rappeler à quel point la Place avait assumé sa nécessaire évolution tout en maintenant sa compétitivité.

Luxembourg for Finance a 15 ans et cet anniversaire a été célébré lundi 20 février en soirée, au Cercle Cité. En présence du , du Premier ministre (DP), de la ministre des Finances (DP) et du ministre de l’Économie (LSAP). Et d’une longue liste de décideurs de la Place financière, que ce soit du secteur bancaire, de celui des fonds, des fintechs, de la compliance…

«Les cinq dernières années sont passées en un clin d’œil, mais il s’est passé tant de choses», a introduit , CEO de LFF. Par exemple, 95 entreprises financières se sont installées au Luxembourg suite à un Brexit devenu une réalité. Autre évolution notable: le changement subtil dans le ton des conversations avec les journalistes internationaux et les diverses parties prenantes qu’il a détecté. Le temps n’est plus à «expliquer ce que le Luxembourg n’est pas», mais «à parler de ce que le Luxembourg est». Notamment en tant que centre financier durable.

Nous n’atteindrons pas l’objectif [climatique] de Paris si nous démondialisons.
Nicolas Mackel

Nicolas MackelCEOLuxembourg for Finance

D’autre part, Luxembourg for Finance avait mené, il y a trois ans, une campagne de promotion visant à expliquer aux résidents ce que fait le secteur financier. Pour son CEO, il reste «dommage» qu’une telle sensibilisation soit encore nécessaire au Luxembourg.

Commentant enfin le spectre de la démondialisation de l’économie, Nicolas Mackel a averti que, selon lui, il ne faisait aucun doute que ce serait aller dans la mauvaise direction: «Nous n’atteindrons pas l’objectif [climatique] de Paris si nous démondialisons» le secteur financier, a-t-il encore dit.

Relever les défis

, ministre des Finances (DP) et dès lors présidente de Luxembourg for Finance, a noté que le Grand-Duché est le troisième centre financier le plus international, après les États-Unis et le Royaume-Uni. Il est aussi la capitale mondiale des obligations vertes. Mais attention, car «le succès n’engendre pas seulement le succès», a-t-elle observé. «Le succès engendre la concurrence.»

Le succès n’engendre pas seulement le succès, il engendre aussi la concurrence.
Yuriko Backes

Yuriko Backesminisitre des Finances 

Selon la ministre, les autorités luxembourgeoises «doivent agir maintenant pour assurer la croissance future du centre financier». Les acteurs publics et privés doivent par exemple relever le défi «d’attirer et de retenir les talents», un challenge auquel le Luxembourg, tout autant que ses centres financiers rivaux, est confronté. «Le gouvernement s’attaque très sérieusement à ce problème», a-t-elle affirmé, notamment en travaillant sur les politiques d’immigration, de logement et de transport.

Yuriko Backes a aussi évoqué son projet de budget actuel, qui comprend des régimes d’imposition des expatriés et de participation aux bénéfices. «Pour moi, c’est une priorité». Elle a également mis l’accent sur le traitement fiscal des milliers de frontaliers que compte le pays. Elle s’est notamment entretenue avec le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, pour augmenter le nombre de jours de télétravail des résidents allemands, au moins au même niveau que les résidents belges et français.

En outre, elle a ajouté que le régime des stock options devait être actualisé.

Maintenir l’attractivité du pays

Le Premier ministre  (DP) est lui revenu sur la décision du gouvernement luxembourgeois d’abandonner les lois sur le secret bancaire et d’adhérer aux normes fiscales tant européennes que mondiales. Aujourd’hui, le Luxembourg est «connu pour sa stabilité, sa connaissance et sa conformité», a-t-il déclaré à l’auditoire composé de professionnels du secteur financier. Et non plus pour des «leaks».

Voici quelques années, a-t-il rappelé, plusieurs (notamment présents dans la salle, ndlr) lui auguraient la chute de la Place financière si la transparence devenait trop forte. «Que serait maintenant cette même place sans cette compliance. Vous osez l’imaginer?» a faut valoir le Premier ministre.

Faisant référence à cette réputation et anticipant la prochaine réunion tripartite, Xavier Bettel a annoncé: «Nous ne pouvons pas dire aux gens que la vie devient plus chère, mais que nous ne nous en soucions pas». C’est pourquoi il souhaite conclure un nouvel accord tripartite «maintenant» et pas seulement avant les élections législatives d’octobre.

Nous voulons rester ce que nous sommes, mais nous ne voulons pas rester là où nous sommes. Nous voulons aller de l’avant et garder le pays attractif.
Xavier Bettel

Xavier BettelPremier ministre 

Faisant allusion à la devise nationale du Luxembourg (Mir wëlle bleiwe wat mir sinn/Nous voulons rester ce que nous sommes), le Premier ministre a encore déclaré: «Nous voulons rester ce que nous sommes, mais nous ne voulons pas rester là où nous sommes. Nous voulons aller de l’avant… et garder le pays attractif.»

«Il est facile d’attaquer les banquiers, d’attaquer le secteur de la finance… cela n’arrivera pas avec moi» a-t-il affirmé. Le Luxembourg a longtemps été un pays pauvre, doté d’un patrimoine industriel, si bien que le secteur financier «est une réussite pour le pays». Pour Xavier Bettel, les professionnels du secteur financier et le secteur privé doivent être «fiers de ce qu’ils ont fait».


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Cet article a été rédigé par  en anglais, traduit et édité par Paperjam en français.