LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Habitat

Sécurité

Se protéger en freinant l’intrusion



C’est la vidéosurveillance qui est aujourd’hui de plus en plus plébiscitée, au Luxembourg comme ailleurs. (Illustration: Shutterstock)

C’est la vidéosurveillance qui est aujourd’hui de plus en plus plébiscitée, au Luxembourg comme ailleurs. (Illustration: Shutterstock)

Est-il aujourd’hui devenu indispensable d’équiper sa maison de dispositifs de protection évolués? Face à l’audace grandissante des cambrioleurs, le principe est en tout cas de freiner au maximum l’intrusion au sein du logement.

Dévoilés il y a quelques mois par la police grand-ducale, les chiffres sur les cambriolages commis au Luxembourg en 2020 ont de quoi rassurer tous les résidents du pays: les vols dans les habitations ont en effet chuté de 23%, et les cambriolages dans des lieux non habités (magasins, restaurants, etc.) ont, quant à eux, diminué de 12,19%.

Évidemment, il est difficile de ne pas établir un lien de cause à effet entre ces statistiques favorables et la crise sanitaire qui s’est déclarée en 2020, conduisant un grand nombre de travailleurs à rester à la maison et à réduire considérablement leurs déplacements privés. Dans ces conditions, on comprend que la tâche des cambrioleurs a été rendue bien plus délicate que l’année précédente.

Hausse des vols en journée

Il est donc judicieux de ne pas prendre cette diminution des cambriolages en 2020 pour une réelle tendance, appelée à s’inscrire dans la durée. Avec la réouverture progressive de la plupart des secteurs d’activité et le retour à une vie normale, il y a fort à parier que les statistiques sur les vols commis sur le territoire grand-ducal repartiront à la hausse. Les vraies nouveautés en matière de cambriolage sont peut-être à chercher ailleurs.

«Au fur et à mesure des années, on constate que les cambrioleurs font preuve de plus en plus d’audace, souligne Patrick Hentzen, directeur technique de DSK Systems, une société spécialisée notamment dans le contrôle d’accès. Alors qu’il y a 25 ans, la majorité des cambriolages avaient lieu quand les occupants étaient en vacances, loin de leur maison, on assiste aujourd’hui à de nombreux vols commis en journée, parfois même lorsqu’il y a du monde à la maison.»  

Heureusement, la technologie a elle aussi évolué et permet de mieux se protéger contre les intrusions au sein de son logement. Internet et la connectivité accrue des objets sont en effet passés par là, et les systèmes de protection et de surveillance se sont perfectionnés. Malgré tout, la protection intégrale n’existe pas. «J’ai toujours coutume de dire qu’il est impossible d’empêcher totalement quelqu’un de rentrer chez soi, même si l’on vit dans un bunker. Certains malfrats n’hésitent pas à se faire passer pour un visiteur lambda pour vous conduire à ouvrir vous-même la porte et vous dépouiller ensuite. C’est souvent de cette façon que commencent les home-jackings, explique Patrick Hentzen. Selon moi, le plus important est donc de freiner l’intrusion du cambrioleur et, surtout, de faire en sorte qu’il ne s’éternise pas dans le logement, sous peine de causer un traumatisme important à ses occupants.»

Contacts magnétiques et alarme

Parmi l’arsenal proposé par les différents prestataires proposant des systèmes de protection et de surveillance, certains dispositifs classiques continuent, jour après jour, à démontrer leur efficacité.

«Nous préconisons toujours l’installation de contacts magnétiques à toutes les ouvertures, portes et fenêtres accessibles, connectés à une alarme. En cas d’intrusion, l’alarme retentit et fait fuir les voleurs. Il est également possible d’équiper portes et fenêtres de capteurs de vibration: si l’on force l’entrée, l’alarme se déclenche également, avant même que les cambrioleurs aient pénétré dans le logement», détaille Thierry Krombach, administrateur délégué de DSK Systems. Ce type d’alarme, qualifié de «périmétrique», est mieux adapté aux propriétaires d’animaux de compagnie que l’alarme «volumétrique», qui se déclenche, par exemple, en cas de mouvement au sein de la maison. Ce dernier choix peut en effet poser problème si un chien ou un chat circule librement dans la maison et peut donc traverser le «champ de vision» du détecteur de mouvement.

Notons que, de manière générale, c’est plutôt dans des maisons que ces systèmes sont installés au Luxembourg. La pose d’une sirène extérieure au sein d’un appartement expose en effet à certaines difficultés légales qu’il est parfois délicat de lever. «En appartement, il nous faut obtenir l’accord de la copropriété pour installer ce type de dispositif», confirme le directeur technique de DSK Systems.

Nous préconisons plutôt l’installation, en intérieur, de détecteurs de mouvement avec caméra intégrée et connectée.
Thierry Krombach

Thierry Krombach,  Administrateur délégué,  DSK Systems

La vidéo, pour lever le doute

Au-delà de ces systèmes que l’on connaît déjà depuis de nombreuses années, c’est la vidéosurveillance qui est aujourd’hui de plus en plus plébiscitée, au Luxembourg comme ailleurs. Et on ne parle pas ici forcément des systèmes de vidéosurveillance placés à l’extérieur de la maison. «Les dispositifs extérieurs peuvent avoir un effet dissuasif, mais force est de constater que, la plupart du temps, on ne regarde jamais les images qu’ils enregistrent, explique Thierry Krombach. Nous préconisons plutôt l’installation, en intérieur, de détecteurs de mouvement avec caméra intégrée et connectée. Si un mouvement est détecté dans le logement, la caméra se met en marche, et la vidéo vous est envoyée directement par e-mail.» Ce système s’avère évidemment plus utile lorsque vous n’êtes pas présent à domicile. Il permet de «lever le doute» quant à la présence d’un intrus dans votre logement, et de demander à la police d’intervenir. «Il faut savoir que la police ne se rendra pas sur place s’il n’y a qu’une alarme qui retentit. Rien ne prouve en effet que ce n’est pas un dysfonctionnement qui a déclenché l’alarme et qu’une personne s’est bien introduite dans la maison. Avec une image montrant clairement qu’une personne étrangère au foyer se trouve bien dans le logement, tout doute sera levé, et les agents de police pourront intervenir», ajoute l’administrateur délégué de DSK Systems.

Particulièrement efficaces, ces dispositifs vidéo sont, de plus, proposés à un coût nettement inférieur à celui qui était pratiqué il y a quelques années. «Il est vrai que de plus en plus de personnes peuvent accéder à ce type de solution, relève Patrick Hentzen. Au départ, seule une fraction de la population, qui disposait de moyens considérables, pouvait se payer ces dispositifs. Aujourd’hui, il y a une solution adaptée à tous les budgets. On peut déjà protéger toute une maison pour une somme de 2.000 à 3.000 euros.» À ces prix, les systèmes proposés sont également sécurisés contre les risques de piratage, une perspective qu’il faut également prendre en considération aujourd’hui. «Nous n’avons encore jamais été confrontés à ce type d’incident, mais le risque d’attaque informatique existe toujours. Ce qui est sûr, c’est que les connexions sans fil de ces appareils sont hautement sécurisées», précise encore Patrick Hentzen.

Une connectivité accrue

Cette démocratisation des systèmes de surveillance les plus poussés incite, logiquement, un nombre grandissant de résidents à faire appel aux services de sociétés comme DSK Systems. Pour Thierry Krombach, une sorte d’émulation locale contribue aussi à renforcer l’attrait pour ces solutions. «Quand on installe un nouveau système de surveillance dans une maison d’un quartier, on constate souvent que d’autres habitants de la zone nous contactent. Le bouche-à-oreille fonctionne bien dans ce secteur. En même temps, il est vrai qu’un cambrioleur se trouvant dans une rue où plusieurs maisons sont protégées choisira vraisemblablement de s’attaquer à celle laissée sans défense…»

Pour le consommateur, comme pour les installateurs, l’évolution de la technologie a en tout cas renforcé l’efficacité de ces ­solutions de protection, tout en facilitant leur maintenance. «C’est la grande évolution que nous avons connue au cours des dernières années: tous ces systèmes sont aujourd’hui ultraconnectés et peuvent être facilement contrôlés depuis un smartphone, indique Patrick Hentzen. De notre côté, il est également possible de réaliser une partie de notre travail à distance: nous nous connectons à l’appareil et nous pouvons souvent régler le problème depuis nos locaux. Cela évite des frais de déplacement, tout en accélérant l’intervention et donc en augmentant la satisfaction du client.»

Malgré tout, il est essentiel de pouvoir compter sur une équipe de techniciens disponibles en permanence pour intervenir si nécessaire. «C’est évidemment toujours lorsqu’on est sur le point de partir en vacances qu’on constate que la caméra de surveillance ne fonctionne plus… Dans ce genre de cas, il est important de pouvoir compter sur un support immédiat», ajoute Thierry Krombach.

La clé: dissuader

Quel que soit le système de sécurité choisi, la principale priorité de chacun, dans l’optique de protéger sa maison et ses occupants, est bien de dissuader le cambrioleur d’entrer. Pour y parvenir, les apparences s’avèrent très importantes. «Si un cambrioleur constate qu’il a affaire à une porte ou une fenêtre blindée, il ne tentera parfois même pas de s’y attaquer. Bien souvent, il renoncera après quelques minutes et trouvera une cible plus facile à proximité», explique encore Thierry Krombach. Parfois, il faut également faire preuve d’astuces pour faire renoncer le cambrioleur. «Dans des appartements où nous ne pouvons pas installer de sirène extérieure, nous pouvons placer un autocollant sur la porte, qui indique qu’un système d’alarme est actif, indique le directeur technique de DSK Systems. De la même façon qu’une caméra extérieure qui ne fonctionne pas, cela peut conduire les personnes malveillantes à rebrousser chemin.»

Si une protection totale contre tout risque d’intrusion est difficile – voire impossible – à garantir, on peut donc facilement rendre sa maison moins attirante aux yeux des cambrioleurs. À vous de choisir le système de sécurité qui vous semble le plus opportun…

5 solutions pour protéger sa maison

Vous vous interrogez sur la meilleure façon de protéger votre logement? Il existe en réalité une foule de systèmes de protection et de surveillance. Voici une sélection d’incontournables.

Détecteur de mouvement et caméra intégrée

Solution idéale qui met à profit les avancées technologiques, l’installation d’un détecteur de mouvement avec caméra intégrée, et connectée, permet de lever le doute lorsqu’une intrusion est détectée. Les images, envoyées directement par e-mail, peuvent prouver à la police qu’un intrus a bien pénétré dans votre logement.

Contacts magnétiques et alarme périmétrique

Le placement de contacts magnétiques à chaque porte et fenêtre accessible du logement est un incontournable. Ces contacts sont reliés à une alarme centrale, qui se déclenche à l’ouverture d’une porte ou d’une fenêtre. Cette sirène suffit, en règle générale, à éloigner les cambrioleurs qui ont tenté de s’introduire chez vous.

Alarme volumétrique

Un autre type d’alarme peut être installé dans votre logement: l’alarme volumétrique. Celle-ci se déclenchera par exemple en cas de mouvement au sein de votre logement. Cette solution n’est toutefois pas idéale si vous être propriétaire d’un animal de compagnie, qui est susceptible de la déclencher en pleine nuit, ou si vous voulez activer l’alarme alors que vous êtes à la maison.

Capteurs de vibration

Il est également possible d’installer des capteurs de vibration à vos portes et fenêtres. Une fois activés, ces capteurs déclencheront une alarme si quelqu’un tente de forcer l’ouverture d’une porte ou d’une fenêtre. Ce système permet de repousser l’intrus avant même qu’il pénètre dans le logement.

Portes et fenêtres blindées

S’il n’est pas forcément au goût de tout le monde de transformer sa maison en bunker, la pose de portes et fenêtres blindées est une garantie de sécurité supplémentaire. Les cambrioleurs comprendront rapidement qu’ils ne peuvent pas franchir l’obstacle, et choisiront une autre cible.

Cet article a été rédigé pour  l’édition magazine de Paperjam du mois d’août/septembre  parue le 15 juillet 2021.

Le contenu du magazine est produit en exclusivité pour le magazine, il est publié sur le site pour contribuer aux archives complètes de Paperjam.

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