PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Charles Muller (The Directors’ Office)

«Se poser la question de l’impact de ses activités»



Charles Muller: «Ne rien faire n’est pas seulement irresponsable, mais sera bientôt illégal.» (Photo: DR)

Charles Muller: «Ne rien faire n’est pas seulement irresponsable, mais sera bientôt illégal.» (Photo: DR)

En amont de l’événement «10x6 Finance: Impact Investing» organisé par le Paperjam Club le mercredi 27 mai en livestream, l’un des orateurs, Charles Muller (The Directors’ Office), partage sa vision sur l’impact investing.

L’impact investing est-il adapté à tous les types de sociétés?

Charles Muller . – «Ceux qui pensent que l’impact investing est une niche pour quelques bonnes âmes se trompent de siècle. Aujourd’hui, chaque entreprise se doit de se poser la question de l’impact de ses activités sur son entourage (environnemental ou humain). C’est une question de bonne gouvernance pour prévenir des risques grandissants réputationnels, judiciaires ou financiers. En tant que président de l’asbl Finance and Human Rights, je m’intéresse particulièrement aux impacts du secteur financier sur les droits humains, mais un devoir de diligence existe pour l’ensemble des entreprises.

Quels sont, selon vous, les enjeux pour le Luxembourg?

«En tant que signataire des Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme, le Luxembourg s’est engagé à mettre en place un cadre efficace, ceci à travers un plan d’action que le ministre des Affaires étrangères a présenté en février. Il y est question d’une approche volontaire des entreprises, mais également de la possibilité de légiférer. Parallèlement, la Commission européenne réfléchit à une directive et, pour le secteur financier, a déjà émis un règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité. Partant de là, ne rien faire n’est pas seulement irresponsable, mais sera bientôt illégal.

Comment mettre en place une stratégie d’impact investing?

«Il existe entre-temps bon nombre d’organismes publics et privés, initiatives, ONG… qui ont émis des recommandations, aides, procédures… Elles suivent toutes en gros le même schéma:

1) Un engagement au plus haut niveau de l’entreprise;

2) La mise en place d’une diligence raisonnable;

3) Un système d’évaluation des risques;

4) Des principes de remédiation et de contrôle;

5) Une procédure et politique de réparation.

Ce n’est pas sorcier et doit bien entendu être adapté en fonction de la taille de l’entreprise et de la nature et de la sévérité des impacts.»

Vous pouvez vous inscrire à l’événement «10x6 Finance: Impact Investing» ici .