ENTREPRISES & STRATÉGIES — Immobilier

En travaux

Schroeder & Associés construit son nouveau siège



245676.png

Le nouveau siège de Schroeder & Associés permettra de regrouper l’ensemble des équipes. (Illustration: Architecture et Urbanisme 21)

C’est sur le site de Luxite/la Poudrerie à Roeser que Schroeder & Associés a trouvé un terrain pour construire son nouveau siège, qui sera opérationnel en 2020.

Actuellement, le bureau d’ingénieurs-conseils Schroeder & Associés est réparti dans une trentaine d’appartements autour de la rue des Girondins à Luxembourg-ville. Une situation assez peu confortable à laquelle le comité de direction souhaitait remédier.

Une recherche de terrain sur lequel construire son nouveau siège a donc été lancée, mais ses critères lui ont posé quelques freins: «Cette nouvelle construction est financée par la société, et nous recherchions, par conséquent, un terrain avec un bail emphytéotique pour éviter les discussions sur la plus-value du terrain», explique Thierry Flies, administrateur-délégué. «Par ailleurs, nous avions réalisé en interne une étude sur la mobilité afin de déterminer une zone géographique d’implantation qui serait favorable au plus grand nombre de nos salariés.»

«Comme 56% de nos employés sont des résidents et 44% sont des frontaliers dont la moitié vient de France, nous nous sommes vite concentrés sur le sud de la ville de Luxembourg, qui est une zone privilégiée pour tous ceux qui viennent de France et d’Allemagne, et qui reste facile d’accès pour ceux de la ville. Des discussions ont alors été entamées avec les différentes communes pour trouver un terrain avec un bail emphytéotique, et c’est finalement à la Poudrerie que nous avons trouvé la bonne proposition.»

Un terrain, mais aussi une étude

Sur ce terrain de la Poudrerie, une préétude initiée par la Commune avait été menée avec le bureau Architecture & Urbanisme 21. Schroeder & Associés s’est donc appuyé sur ces esquisses pour son projet et a choisi de poursuivre la conception de son nouveau siège avec ce bureau.

«Nous avons lancé un concours d’idées en interne pour les questions de structure, qui est notre corps de métier. Mais les études étant déjà avancées, il n’y avait que peu de liberté pour nos ingénieurs. Une structure en bois, par exemple, n’était plus envisageable. Nous avons donc opté pour une ossature ouverte en béton armé, avec une façade en bois de mélèze, complétée par de la cellulose de luzerne», précise Marc Feider, administrateur.

D’une surface de 8.000m2 hors sol, le bâtiment était un peu surdimensionné, dans un premier temps. «Nous avions donc envisagé de sous-louer une partie de notre bâtiment, l’aile C. Pour cela, nous avons créé deux entrées séparées. Mais il se trouve que nos équipes ont grandi rapidement et que nous allons finalement occuper l’ensemble des locaux. Actuellement, notre équipe se compose de 340 personnes qui pourront donc toutes être regroupées sous un même toit», déclare Thierry Flies.

Vue de l’entrée du futur bâtiment. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

1 / 3

Vue arrière de l’entrée. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

2 / 3

Vue arrière du bâtiment. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

3 / 3

Un travail d’équipe

L’équipe a été associée à l’élaboration du programme du bâtiment. En plus du concours d’idées pour la structure portante, les employés ont été sollicités sous forme de groupes de travail pour les questions liées à la restauration, la mobilité, la règlementation interne. Une page «Schroeder 2020» a également été créée sur l’intranet de la société, page sur laquelle on trouve une webcam de chantier, les plans du bâtiment, les différentes présentations…

«Nos salariés reçoivent beaucoup d’informations sur ce projet et nous accordons une grande importance à la gestion du ‘change’. Ce chantier est pour nous l’occasion de renforcer l’esprit d’équipe et de casser les méthodes de travail en silos qui se sont imposées au fur et à mesure des années, induites notamment par la configuration éclatée de nos bureaux», assure Thierry Flies.

Vue de la zone d’accueil. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

1 / 3

Vue de la zone d’accueil. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

2 / 3

Vue de la zone d’accueil. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

3 / 3

Une répartition harmonieuse

À l’intérieur du bâtiment, tout est fait pour le bien-être des utilisateurs et pour faciliter le travail des salariés. Au rez-de-chaussée se trouveront l’accueil, le centre de conférences, les services administratif et informatique. Il y aura aussi le restaurant qui pourra être prolongé par une cour intérieure végétalisée, y compris par un mur végétal.

«Nous nous situons dans une zone d’activité avec peu de commerces autour. Il fallait donc offrir à nos équipes un point de restauration de qualité, d’où le choix d’un restaurant et non pas d’une cantine.» Le futur exploitant aura à disposition une cuisine de production. La possibilité d’accueillir ponctuellement un invité extérieur est aussi envisagée, ce qui offrira encore plus de choix culinaires. La salle est aménagée selon cinq ambiances différentes, ce qui permet de changer d’ambiance tous les jours, si les employés le souhaitent.

«Nous souhaitons que cet espace soit un lieu de rencontre et nous y avons donc apporté beaucoup de soins et d’énergie pour sa conception. En dehors des heures de repas, il sera aussi possible d’y tenir des réunions, le lieu étant ouvert de 7h à 17h», assure Thierry Flies.

Vue du restaurant. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

1 / 8

Vue du restaurant. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

2 / 8

Vue du restaurant. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

3 / 8

Vue du restaurant. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

4 / 8

Vue du restaurant. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

5 / 8

Vue du restaurant. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

6 / 8

Vue du restaurant. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

7 / 8

Vue du restaurant. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

8 / 8

Des bureaux regroupés

Les services de production sont dans les étages. On y accède soit par un ascenseur, soit par un large escalier métallique réalisé par Guy Gardula. Les longs couloirs sont évités au profit d’une distribution plus courte à partir d’un noyau central. Les quelques couloirs, qui sont quand même présents, ne sont pas traités en ligne droite, mais avec des angles et des lignes brisées pour donner du rythme et différentes vues.

«Nous n’allons pas disposer les équipes dans des open spaces, mais dans des bureaux d’une à quatre personnes. Pour autant, aucun de ces bureaux ne sera équipé de porte, et entre chaque bureau, une partie vitrée permettra la communication visuelle.»

À tous les étages, chacun répondant au même schéma d’implantation, on trouve, en plus des salles de réunion, des espaces de «think tank» et des espaces «lounge» thématiques (sport, zen, musique). L’acoustique n’a pas été oubliée et a même fait l’objet d’un travail poussé avec ATE EL. «Nous allons disposer de 2.000m2 par étage, répartis dans trois ailes qui ont chacune une surface d’environ 600m2 au sol. Cela nous permet d’accueillir 40 personnes par aile, soit 120 personnes par étage», déclare Thierry Flies.

Vue des bureaux. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

1 / 10

Vue du couloir.  (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

2 / 10

Vue d’un bureau pour deux + une personnes. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

3 / 10

Vue d’un bureau pour quatre personnes (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

4 / 10

Vue de l’espace «lounge» zen. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

5 / 10

Vue de l’espace «lounge» zen. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

6 / 10

Vue de l’espace «lounge» sport. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

7 / 10

Vue de l’espace «lounge» sport. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

8 / 10

Vue de l’espace «lounge» musique. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

9 / 10

Vue de l’espace «lounge» musique. (Illustration: Architecture & Urbanisme 21)

10 / 10

Des approches de travail renouvelées

Ce déménagement est l’occasion, pour Schroeder et Associés, de revoir sa méthode de management. Les heures de travail sont rendues un peu plus flexibles, et le télétravail peut être envisagé pour certains métiers. Si le «paperless» est déjà en cours depuis plusieurs années, le déménagement est l’occasion de se poser la question du traitement des archives de la société. «Nous sommes actifs depuis 1961 et avons accumulé une grande quantité de documents. Ce déménagement est l’occasion pour nous de faire le tri, de digitaliser tout ce qui peut l’être ou de faire don de certains éléments.»

Ce changement de localisation est aussi une opportunité de reconsidérer la mobilité des employés. «Nous allons disposer de 215 places de stationnement, soit une place de parking pour deux salariés. De plus, ce parking ne sera pas gratuit. Le covoiturage ou l’utilisation des transports en commun doivent donc être encouragés et nous sommes en dialogue avec la Commune et Luxite pour améliorer l’accessibilité du site», assure Thierry Flies.

Un chantier et un bâtiment écologiques

La construction de ce bâtiment est aussi l’occasion pour le bureau d’ingénieurs de construire un bâtiment à la pointe des dernières avancées, tout en faisant intervenir au maximum des entreprises luxembourgeoises. «Nous visons une certification DGMB Gold, et la construction répondra aux exigences qui seront obligatoires à partir de 2022, à savoir un bâtiment ‘nearly zero energy’, explique Marc Feider. Le bâtiment peut donc fonctionner sans apport extérieur d’énergie. L’électricité est produite par des panneaux photovoltaïques, et grâce à une excellente isolation et des dalles actives, l’apport en chauffage est minimum. Une chaudière à pellets est prévue si nécessaire.

La phase chantier est aussi l’occasion de mener un projet pilote avec Superdreckskescht pour la question du tri des déchets. Cela se concrétise avec un centre de tri à l’extérieur pour tous les déchets générés par notre chantier et une zone de récupération des différents éléments, comme la laine de roche qui est en surplus, par exemple.

D’une manière générale, les entreprises luxembourgeoises ont toujours été privilégiées dans l’élaboration de ce chantier qui a été géré par un comité de pilotage composé de cinq associés. Le bâtiment bénéficie d’un environnement très favorable, avec une grande partie boisée en lisière de terrain. Les alentours du bâtiment seront ainsi aménagés pour créer une zone de détente extérieure. Le déménagement est prévu pour le printemps 2020.

Fiche technique:

Maître d’ouvrage: Schroeder & Associés

Architecte: Architecture & Urbanisme 21

Génie technique: Goblet Lavandier & Associés

Génie civil: Schroeder & Associés

Pilotage: Schroeder & Associés

Acoustique: ATE EL

Paysagiste: Büro Ernst & Partner

Conception restaurant: Sandra Leidner

Terrassement: Baatz Constructions Exploitation, Efco-Forodia Exploitation

Gros œuvre: Soludec

Façade: Steffen Holzbau et Metalica

HVAC : A+P Kieffer Omnitec 

Électricité: Paul Wagner et Fils

Sprinkler: Climalux

Ascenseurs: Thyssenkrupp

Étanchéité: Bati-travaux

Escalier métallique: Guy Gardula

Plâtre: Manuel Cardoso

Faux plancher: Lindner group

Chape et carrelage: Maroldt

Menuiserie intérieure: Binsfeld & Bintener

Menuiserie intérieure-portes: Russo Concept

Menuiserie intérieure-armoires en bois: Menuiserie Kraemer

Peinture: SLP et fils

Portes métalliques: Ginge Kerr

Lavabo: Marbrerie Michelini

Murs végétaux: Tracer

Surface: 8.000m2 hors sol

Budget: 30 millions d’euros