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Mission économique

Schneider à l’assaut de la «start-up nation»



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Numéro 1 mondial de l’innovation, la Corée du Sud défend son rang depuis des années face à ses encombrants voisins chinois ou japonais. (Photo: Shutterstock)

Le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie, Étienne Schneider, a entamé une mission économique de quatre jours en Corée du Sud. La «start-up nation» reste solidement attachée à son rang de numéro 1 mondial de l’innovation.

L’innovation, moyen de diversifier son économie, contre l’innovation, stratégie de survie face aux géants japonais ou chinois: un an après la visite du Premier ministre, Xavier Bettel , chez son alter ego coréen, Lee Nak-yeon, le numéro 2 du gouvernement, Étienne Schneider , rejoue le match depuis lundi et jusqu’à jeudi pour accentuer les synergies entre le «petit» Luxembourg et le numéro 1 mondial de l’innovation depuis quelques années.

Un an après avoir intensifié les échanges, notamment académiques, après avoir visité le Seoul Startup Hub et ses 450 start-up, signé deux «memoranda of understanding» (entre la Lhoft et son homologue sud-coréenne et entre les deux chambres de commerce) et après avoir visité le Seoul Fintech Lab, la visite du vice-Premier ministre et ministre de l’Économie est beaucoup plus précise que ce qu’en dit le communiqué de presse diffusé lundi matin.

Après les politesses d’usage pour les 64 membres de la délégation luxembourgeoise, dont des représentants de 40 sociétés locales, le premier temps fort aura lieu ce mardi, entre 10h et midi. «Luxembourg, your Trusted Data Hub», dirigé par Mario Grotz , se focalisera sur le «high-performance computing», sur la «digital supply chain» et sur la cybersécurité. À côté de ses géants de voisins, auxquels il faudrait rajouter la Corée du Nord, Séoul aurait peut-être besoin (et envie) de mettre une copie de ses données dans les centres de données luxembourgeois, comme l’Estonie et Monaco avant elle.

La Corée déjà à l’heure de la 6G

À l’heure où le Luxembourg prépare seulement l’arrivée de la 5G, la Corée du Sud ne pense déjà plus qu’à la 6G, reléguant les discussions entre Américains et Chinois sur le rôle de Huawei à des disputes d’enfants. La délégation ira d’ailleurs voir le quartier général de LG Uplus, puis le  musée de l’innovation de Samsung  et l’ AI Expo Korea , l’expo sur l’intelligence artificielle, dont la promesse n’est rien d’autre que «vous êtes les champions méconnus de l’intelligence artificielle de demain». 30.000 personnes sont attendues lors de cette deuxième édition qui réunira près de 150 sociétés ou stands.

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Séoul a doublé la taille de son exposition sur l’intelligence articielle pour sa deuxième édition. (Photo: AI Expo Korea)

Après ce «shoot» de technologies futuristes, la délégation prendra part à un événement de start-up avec le  Korea Institute of Startup & Entrepreneurship Development  (Kised), hub coréen né il y a près de 20 ans. Huit start-up coréennes pitcheront leur projet... et le Luxembourg vantera son écosystème unique en présence du ministre de l’Économie, du directeur général de la Chambre de commerce, Carlo Thelen , du président du conseil d’administration de Luxinnovation, Mario Grotz, du CEO de Tomorrow Street, Kenneth Graham, et du manager du Paladin Capital Group, Ken Pentimonti.

Luxinnovation signera à son tour un «memorandum of understanding», avec le Kised.

L’espace comme dessert

Enfin, la mission économique se terminera jeudi par la visite du Korea Space Forum , événement au cours duquel le ministre de l’Économie interviendra. Étienne Schneider ne sera pas en terre inconnue: non seulement il a, dans ses conseillers internationaux, Seung Jo Kim, le président de l’institut de recherche aérospatiale coréen, mais il retrouvera également le directeur des relations internationales de l’agence spatiale émiratie Nasser al Hammadi, le CEO de Space Angels, Chad Anderson, un vice-président de SES Networks, Malik Imran Khan, ou le CEO d’Ispace, Takeshi Hakamada, pour n’en citer que quelques-uns. L’événement sera ouvert par le ministre coréen de la Science et de l’ICT, You Young-min.

Le Luxembourg et la Corée du Sud entretiennent depuis 1962 des relations diplomatiques. Le ministère de l’Économie dispose d’un Luxembourg Trade and Investment Office  (LTIO) à Séoul en tant que relais de la stratégie de promotion économique en Corée du Sud en particulier et dans la région de l’Asie du Nord-Est en général. Plusieurs sociétés coréennes sont implantées au Luxembourg, dont les entreprises industrielles Sam Hwa Steel, Doosan et Hyosung.