POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Avis du CNFP

«Les scénarios macroéconomique et budgétaire tiennent la route»



«L’évolution est favorable et les équilibres budgétaires, à la fois européens et luxembourgeois, sont respectés», s’est satisfait, lundi 15 novembre, le directeur du CNFP, Marc Wagener. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

«L’évolution est favorable et les équilibres budgétaires, à la fois européens et luxembourgeois, sont respectés», s’est satisfait, lundi 15 novembre, le directeur du CNFP, Marc Wagener. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Les évolutions macroéconomiques sont favorables et les équilibres budgétaires respectés, estime le CNFP dans son évaluation du projet de budget pour 2022. C’est davantage à long terme, avec l’augmentation des coûts liés au vieillissement, que des risques apparaissent.

«Les scénarios macroéconomique et budgétaire tiennent la route, sont cohérents et plutôt favorables», déclarait lundi le directeur du Conseil national des finances publiques (CNFP), Marc Wagener , lors de la présentation de l’évaluation des finances publiques, quelques semaines après la présentation du projet de budget pour 2022 .

De fait, l’économie luxembourgeoise a été moins impactée que la zone euro dans son ensemble par la crise du Covid-19. La prévision d’une évolution de l’économie en «V» est ainsi confirmée, et celui-ci est même «plutôt plus prononcé du côté de la reprise que du côté de la dégradation», précise le rapport du CNFP.

Reprise en «V»

En 2020, le Luxembourg a ainsi connu une récession de 1,8% de son PIB, suivie d’un rebond en 2021 de 6% du PIB. La croissance économique devrait par la suite atteindre 3,5% en 2022, puis se stabiliser autour de 2,6% à moyen terme – presque le double de la croissance prévue de la zone euro (1,4%), mais en dessous du taux historique de 3,1% observé au Luxembourg entre 1995 et 2020.

Les prévisions du projet de loi de programmation financière pluriannuelle (PLPFP) pour la période 2021-2025 sont ainsi pratiquement identiques aux prévisions du PLPFP 2019-2023 faites à l’automne 2019, soit avant la pandémie (en 2019, le PIB prévu pour 2023 était de 75.699 millions d’euros, il est désormais prévu à 75.340 millions).

Des incertitudes demeurent

Bien sûr, des incertitudes demeurent: une recrudescence du Covid menace toujours, avec son corollaire de mesures sanitaires, et les évolutions de l’inflation à moyen terme seront à observer de près.

Du côté des prévisions budgétaires, après des années 2020 et 2021 mouvementées, «un retour à une situation normale est retenu pour les prévisions des recettes et des dépenses» à partir de l’année 2022, analyse le rapport du CNFP. Ainsi, même si le solde nominal des administrations publiques devait rester «en terrain négatif» en 2023 (-0,1% du PIB), il devrait ensuite s’améliorer lentement pour atteindre +0,3% en 2025.

Dette en hausse

Quant à la dette publique, sans surprise, la tendance générale est à l’augmentation. Sur la période 2020-2021, la hausse est de 4 milliards d’euros, soit +3,5 points du PIB. La dette devrait par la suite se stabiliser entre 2022 et 2025 autour de 26 ou 27% du PIB. Une aggravation finalement moindre que lors de la crise financière de 2008: la dette avait alors cru de 8 milliards, soit +14,3 points de pourcentage du PIB, entre 2007 et 2013.

Ainsi, de manière générale, «l’évolution est favorable», estime Marc Wagener. «Les équilibres budgétaires, à la fois européens et luxembourgeois, sont respectés», se satisfait-il. Même s’il reconnaît que c’est davantage à long terme que des difficultés pourraient survenir.

Risque concernant les pensions

«Nous avons un risque élevé concernant les coûts liés au vieillissement , à savoir les dépenses que nous devons acter pour financer les pensions, les frais de santé et d’assurance dépendance», remarque le directeur du CNFP. Une situation qui s’explique par la démographie et le dynamisme du marché du travail: les nouveaux contingents de travailleurs, dont le nombre a explosé ces dernières décennies, ont beaucoup cotisé pour les pensions, mais vont à l’avenir réclamer à leur tour des prestations de pension.

«Dans une perspective de 15-20 ans, cette dynamique sera de plus en plus perceptible», constate Marc Wagener. «Nous voulons donc attirer l’attention sur ce risque non négligeable et véhiculer le message que plus tôt nous commençons à contrebraquer, moins nous devrons prendre des mesures incisives.»