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Une étude initiale mal faite

Le satellite de défense coûtera deux fois plus cher



Le nouveau satellite de défense ne pourra pas être opéré depuis le Luxembourg et sa gestion sera externalisée en Belgique, annonce le nouveau ministre de la Défense. (Photo: Shutterstock)

Le nouveau satellite de défense ne pourra pas être opéré depuis le Luxembourg et sa gestion sera externalisée en Belgique, annonce le nouveau ministre de la Défense. (Photo: Shutterstock)

Le Luxembourg aura un nouveau satellite de défense. Fait rarissime, le projet de loi explique déjà en quoi cela va apporter son lot de problèmes, notamment financiers, avec un doublement des coûts à prévoir.

Étienne Schneider  (LSAP) n’est pas militaire, mais il en prend pour son grade. Dans le projet de loi déposé le 27 mars par son successeur, le nouveau ministre de la Défense, François Bausch (Déi Gréng), est expliqué que non seulement l’étude financière a été menée sur des informations sommaires, mais que plusieurs aspects de ce satellite, destiné «à contribuer activement aux efforts de défense de l’Otan et de l’UE dans le domaine de l’observation», ISR («Intelligence, Surveillance and Reconnaissance»), ne peuvent pas être opérés depuis Diekirch.

La première loi, de 2018, portant sur l’autorisation d’acquérir ce nouveau satellite, «n’incluait pas le volet complet de l’exploitation et de la maintenance du système après mise en orbite de celui-ci. Néanmoins, des arrangements sont à présent incontournables pour mener à bien le programme et opérer le NAOS sur la durée de vie entière du satellite, à savoir près de 10 ans.»

«Il avait été prévu de centraliser l’ensemble des systèmes de gestion à Diekirch, y compris les antennes. De même, il avait été prévu de confier la prise en charge d’une grande partie des besoins en gestion du système à l’armée, sans pour autant clarifier les détails de cette prise en charge. Il s’avère cependant que les antennes ne peuvent pas être installées à Diekirch pour des raisons techniques et qu’aucun bâtiment du centre militaire de Diekirch ne peut accueillir le segment sol sans adaptations contraignantes et économiquement significatives. De plus, d’un point de vue stratégique, il est également intéressant de diversifier les endroits des différentes stations d’ancrage dans le but d’augmenter la résilience demandée par l’Otan. Dès lors, le choix a dû être fait d’installer une partie du segment terrestre du programme NAOS, et plus particulièrement les antennes, en Belgique, à Redu. Ceci permet de mitiger les risques liés notamment à la contrainte temporelle et d’approfondir la coopération du Luxembourg en matière spatiale avec la Belgique, partenaire de référence pour la Défense luxembourgeoise. À noter que le site de Redu offre également la faculté de développer de nouvelles coopérations de défense qui s’inscrivent dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune de l’UE, comme la possibilité de jouer un rôle actif dans les projets spatiaux en cours d’étude et à venir de l’EDA», dit aussi le texte déposé en cette fin mars.

«Il est également devenu évident que l’armée ne sera pas en mesure d’effectuer la gestion opérationnelle du système. En effet, cette gestion demande des compétences techniques spécifiques, dont l’armée ne dispose pas et qu’elle ne pourra pas développer à moyen terme. Il s’ensuit qu’aujourd’hui, il est nécessaire de mettre en place une équipe conséquente pour la gestion de l’ensemble. Au vu de la taille des ressources nécessaires et de leur technicité, il devient nécessaire d’externaliser la gestion opérationnelle et de la confier à des professionnels du métier», ajoute encore le ministre de la Défense.

«Une étude externe a estimé le montant total pour mener à bien le programme sur toute sa durée de vie, et s’ajoutant aux 170 millions d’euros autorisés par la loi LUXEOSys, à 180 millions d’euros», écrit le ministre de la Défense dans son projet de loi. Soit le doublement du prix du satellite.