Rushank Bardolia au milieu d’une partie de ses employés au Ghana. Où la start-up est revenue aux fondamentaux plutôt qu’à la technologie. (Photo: collection personnelle de Rushank Bardolia)

Rushank Bardolia au milieu d’une partie de ses employés au Ghana. Où la start-up est revenue aux fondamentaux plutôt qu’à la technologie. (Photo: collection personnelle de Rushank Bardolia)

Sa petite start-up ne connaît pas la crise. Rushank Bardolia, un Indien venu étudier au Luxembourg, n’en est jamais reparti... sauf pour créer sa start-up au Ghana. Sans technologie moderne.

Entre le ministre de l’Économie et le CEO de Spire Global Peter Platzer, entre le risotto au gingembre et le fish and chips, Rushank Bardolia a ce sourire exquis qui illumine tant de visages indiens.

Personne ne s’en soucie vraiment, mais il est exactement à contre-courant des 300 autres personnes présentes ce jeudi soir dans un des salons privés du Kinepolis.

Alors que tout le monde célèbre la nouvelle promotion du Fit4Start, programme d’accélération de start-up de Luxinnovation pour entrepreneurs nourris au sein des technologies, Rushank… n’a pas de technologie.

50.000 euros pour des vieilles machines

Ou plutôt, ce trentenaire bienveillant est allé rechercher de la technologie du 19e siècle pour lancer sa start-up. 50.000 euros investis dans des machines dont personne ne voulait plus. Il s’y est investi jusqu’à en connaître chaque rouage, à la manière d’un Edward Snowden, dans son autobiographie parue récemment.

Rien ne le prédestinait à ce choix. Indien venu étudier à l’Université du Luxembourg, il n’en est jamais reparti. Diplômé dans la finance, il cède aux avances de RBC, puis de la State Street et enfin de BBH. Mais la finance ne le passionne pas autant que comprendre les mécaniques qui l’animent.

C’est cela qui le pousse à s’intéresser au business de l’huile de palme. «Alors que tout le monde croit qu’elle a été inventée en Malaisie, les industriels ont juste trouvé des terres plus clémentes qu’au Ghana, d’où elle est originaire!»

40 employés et des familles qui revivent

Alors le financier quitte la finance, vend sa maison et décide de tout investir dans ses vieilles machines et sa start-up GreenEarth Agro.

«Régulièrement, quand j’ai dépensé tout mon cash, puisque mon business est financé sur fonds propres, je reviens travailler au Luxembourg un mois ou deux et je repars. Là-bas, ils m’attendent en travaillant», explique-t-il, la main qui dessine un ailleurs.

La start-up emploie aujourd’hui 40 personnes – «et en fait vivre 250 autres», dit-il – grâce au commerce durable de l’huile de palme. «Plus ils deviennent riches, plus je deviens riche», sourit-il.

«Aucun acteur comme moi ne peut entrer sur le marché de l’huile de palme, face aux géants du secteur», regrette-t-il. «Mais ma production se vend de plus en plus loin autour du Ghana, selon des principes verts.»

Circuits courts, respect de l’environnement, retour aux traditions, respect des forces de travail. À contre-courant, vraiment, la start-up de Rushank?