ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Le business en mode estival (7/9)

Rosport, étancheur de soif



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Max Weber, directeur des Sources Rosport, compte 8 millions de bouteilles écoulées en juin, soit deux fois plus qu’un mois de novembre. (Photo: Rosport)

Un été chaud, voire caniculaire, fait les affaires des producteurs d’eau minérale comme Rosport.

«Nous réalisons nos meilleures ventes en juin, juillet et septembre», confirme Max Weber , directeur des Sources Rosport. «Août est un mois beaucoup plus faible, du fait qu’une grande majorité de résidents est en vacances.» Et cette année, comme en 2018, «nous avons connu un bon mois de juin, avec les écoles encore ouvertes, la Fête nationale, les fêtes de village et une période caniculaire». De quoi vendre en un mois «deux fois plus qu’en février ou en novembre», compare M. Weber.

Ainsi, Rosport vend environ 8 millions de bouteilles en juin et 9 millions en juillet – sur un volume annuel de 35 millions, écoulé exclusivement au Luxembourg. Côté production, quelques intérimaires viennent prêter main-forte au tri des bouteilles consignées. Et les deux équipes de production, comptant au total une vingtaine de personnes, peuvent être amenées à travailler le samedi en cas de pic de consommation.

En période de canicule, il s’agit de donner la priorité à certains packagings par rapport à d’autres parmi nos références: des produits familiaux comme les grandes bouteilles en verre pour la grande distribution, et plutôt Blue et Viva ½ litre pour l’horeca.

Max Weber,  directeur,  Sources Rosport

La canicule n’étant plus une exception depuis quelques années, le producteur luxembourgeois s’est adapté. «Avec notre partenaire de distribution Coca-Cola European Partners, nous avons établi avant la saison un ‘heatwave plan’ qui rentre en compte dès l’annonce d’une période de canicule», explique M. Weber. «Il s’agit de donner la priorité à certains packagings par rapport à d’autres parmi nos références: des produits familiaux comme les grandes bouteilles en verre pour la grande distribution, et plutôt Blue et Viva ½ litre pour l’horeca. Au restaurant, les consommateurs ont tendance à demander des quantités plus conséquentes, plutôt un demi-litre qu’une petite bouteille, parce qu’il faut compenser la perte d’eau due à la transpiration.»

Si, à l’année, Rosport vend un peu plus d’eau plate que d’eau gazeuse (60-40%), le rapport entre les deux s’équilibre durant l’été. «Souvent, le consommateur préfère boire de l’eau gazeuse au restaurant, pour rehausser le goût de son plat, tandis qu’il boit plutôt de l’eau plate au bureau, en faisant du sport ou à la maison pour se désaltérer», note M. Weber. «Beaucoup prennent les deux.»

Une concurrence jugée écologiquement «déraisonnable»

Rosport surfe également sur la tendance des eaux aromatisées, avec le lancement, en avril dernier, de «Rosport Mat» (Rosport avec, ndlr), de l’eau gazeuse au citron, citron vert ou menthe. «Ce sont des produits très désaltérants, particulièrement recherchés lorsqu’il fait chaud, et nous avons remarqué une très nette croissance en juin et en juillet», se réjouit M. Weber.

Et même si une pétition réclamant que les restaurants proposent des carafes d’eau gratuites à leurs clients rencontre un certain succès et pourrait recueillir assez de signatures pour être discutée à la Chambre des députés, Max Weber n’est pas inquiet. «L’eau du robinet et l’eau minérale sont complémentaires», estime-t-il.

C’est une autre concurrence qui le gêne: celle des eaux gazeuses françaises et italiennes. «Je m’insurge par rapport aux eaux en bouteille consignées de l’Italie, de France ou d’Allemagne, parce que je trouve ça déraisonnable au niveau de l’empreinte carbone de consommer en 20 minutes une bouteille qui a fait 2.000km depuis l’Italie et qui doit y retourner pour être recyclée.» Consommer une eau gazeuse locale, «c’est bon pour l’économie, pour l’environnement et pour le maintien des entreprises grand-ducales»!