POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Roger Spautz (Fondateur de Greenpeace Luxembourg)

«Chez Greenpeace, on agissait au lieu de discuter»



Roger Spautz (2e à gauche) fait partie des pionniers de Greenpeace au Luxembourg aux côtés de (de gauche à droite) Luc Stoffel, Cary Greisch, Martina Holbach, Martine Kass, Raymond Triebel et Danielle Petesch. (Photo: Greenpeace)

Roger Spautz (2e à gauche) fait partie des pionniers de Greenpeace au Luxembourg aux côtés de (de gauche à droite) Luc Stoffel, Cary Greisch, Martina Holbach, Martine Kass, Raymond Triebel et Danielle Petesch. (Photo: Greenpeace)

L’association Greenpeace fête son 50e anniversaire ce 15 septembre. Son antenne luxembourgeoise a vu le jour en 1984 sous l’impulsion d’un petit groupe de jeunes gens déjà très engagés pour la préservation de l’environnement. Dont Roger Spautz, toujours actif.

Radicale et non violente, Greenpeace est née le 15 septembre 1971 avec l’idée un peu folle d’envoyer un bateau stopper les essais nucléaires américains en Alaska. Au Luxembourg, l’ONG qui fête ses 50 ans est née en 1984 sous l’impulsion d’un groupe de jeunes gens dont Roger Spautz, qui œuvre toujours au sein de l’antenne luxembourgeoise en tant que chargé de campagne Nucléaire.

Comment est née l’antenne Greenpeace Luxembourg?

Roger Spautz. – «Nous étions une petite demi-douzaine de personnes déjà engagées à gauche et à droite, contre le nucléaire, pour la paix, pour la protection de l’environnement et de la nature. On se connaissait et on avait vu des articles sur Greenpeace. On s’est intéressé à son fonctionnement et on a rapidement compris qu’il s’agissait d’une organisation où l’on agissait au lieu de seulement discuter. Nous avons pris des contacts avec Greenpeace France et à Hambourg pour savoir s’il était possible d’ouvrir une antenne au Luxembourg.

Quelles sont les actions les plus mémorables de Greenpeace au Luxembourg?

«Les actions contre la centrale nucléaire de Cattenom. Ce n’est pas au Luxembourg, mais nous sommes évidemment concernés. Dans les années 1990, nous avons mené des actions contre DuPont de Nemours qui utilisait à l’époque des substances nocives pour la couche d’ozone dans la fabrication du Tyvek. Par la suite, le fabricant a décidé de changer ces substances. On peut aussi être heureux de na pas avoir d’OGM utilisés au Luxembourg.

Est-ce qu’avec 20 personnes au sein de l’antenne luxembourgeoise, Greenpeace a assez de moyens pour organiser des actions marquantes?

«Oui, je pense. Nous avons les moyens d’agir même si aujourd’hui, nous travaillons différemment, par rapport aux années 1980 et 1990. Nous effectuons un travail supplémentaire au niveau politique, dans les médias et les réseaux sociaux. On participe également à des conférences internationales. Le travail est plus vaste et plus complexe qu’il y a 30 ou 50 ans.

L’Overshoot Day montre que le Luxembourg n’est pas un très bon élève en matière de consommation des ressources de la Terre. Et pourtant, le pays n’a jamais autant investi dans la transition écologique et climatique…

«Des efforts ont été menés… mais avec 20 ans de retard. Ce n’est pas propre au Luxembourg, c’est le cas dans de nombreux pays. Les responsables politiques ont réagi beaucoup trop tard. Depuis au moins 30 ans, nous parlons des risques liés aux changements climatiques. On parle de la nécessité d’investir dans les énergies renouvelables depuis longtemps. Les politiques ont fait quelques études sur la question, mais pendant des années, rien n’a bougé. Il y a quelques initiatives de particuliers, mais le changement doit se faire dans tous les secteurs.

On a récemment vu les jeunes donner de la voix quant à la question climatique. Est-ce qu’à 50 ans, Greenpeace est encore en phase avec cette jeunesse?

«Les autres organisations et les jeunes ayant pour raison d’être la lutte climatique sont complémentaires avec le travail de Greenpeace. Nous sommes toujours disponibles pour les aider, les conseiller ou encore les soutenir pour travailler ensemble. C’est une bonne chose de voir les jeunes donner de la voix car, pendant longtemps, au Luxembourg, il n’y a pas eu de mouvements des jeunes s’emparant de la question climatique.

Au Luxembourg, quelles sont les grandes priorités actuelles de Greenpeace?

«Comme dans les autres pays, c’est le changement climatique. C’est un sujet complexe et global, mais chaque pays doit y contribuer. Au Luxembourg, il y a aussi un secteur financier important qui doit jouer un rôle en investissant davantage dans les entreprises avec des valeurs et des actions favorables au changement climatique et non plus dans les énergies fossiles et les activités qui accélèrent ce changement climatique.»