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Retour vers les soft skills du futur



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Romain Tisné, Talantlers Olivier TOUSSAINT

Aucune intelligence artificielle n’est aussi protéiforme et capable d’abstraction et de sensibilité que celle de l’Homme. Pourtant, la machine est, désormais, plus autonome que jamais et réalise des tâches cognitives complexes. Quels soft skills faut-il développer pour maintenir notre employabilité?

Aucun robot ni intelligence artificielle ne remplacera les interactions humaines! Pourtant, le monde du travail s’est largement ouvert à l’automatisation. L’intelligence artificielle et les robots constitueront une grande partie de la main-d’œuvre de demain. Dès lors, quelle place occupera l’Homme au sein de l’entreprise en demande d’innovation permanente? Cette nouvelle donne transmute le paysage des compétences humaines et exige de facto de repenser les référentiels existants. La question nous brûle les lèvres: quelles seront les compétences les plus recherchées? Voyage vers les savoir-être du futur.

Soft skills: les compétences techniques de demain?

Capacité d’empathie, aptitude à la collaboration et esprit d’analyse… Les soft skills, ou savoir-être, occupent désormais une place de choix dans l’entreprise. À l’inverse des hard skills, c’est-à-dire les compétences techniques qui s’acquièrent à coup de cursus ou de plan de formation continue, les soft skills, eux, font appel aux compétences comportementales, émotionnelles et relationnelles de chacun. Il s’agit de notre potentiel à mobiliser nos capacités humaines et nos différentes intelligences dans un environnement professionnel. Ces compétences recouvrent à la fois des aspects inter- et intrapersonnels. En d’autres termes, comment réagit-on avec soi-même et avec les autres? Ces savoir-être, nous les cultivons, consciemment ou non, tout au long de notre vie au gré de nos expériences. Autre point: les savoir-être ne connaissent pas l’obsolescence. Au contraire, ils se développent. Cette réalité nécessite de nouvelles postures de la part des accompagnants. D’où l’émergence du coaching d’organisations, parfois controversée.

Reste à savoir, lesquels seront les plus prisés? Prenons l’exemple du compliance officer. Ce dernier doit, en plus de son devoir à la conformité, être «customer centric», chef de projet et décisionnaire. Ce sont bien les soft skills qui lui permettront de faire la différence sur la durée. De manière générale, un esprit intrapreneurial est sans doute un facteur de réussite. Au fond, le monde d’aujourd’hui aime les profils qui bougent les lignes. Cette pratique répond à des besoins actuels: avoir des collaborateurs multispécialistes qui se sentent impliqués tout en se dépassant pour une cause commune.

Une étude du World Economic Forum propose un classement des soft skills à posséder. Quatre notions essentielles ressortent: la résolution de problèmes complexes, la communication, la pensée critique et la créativité. Une étude LinkedIn, réalisée en 2019, nous parle, elle, de créativité, de persuasion, de collaboration, d’adaptabilité et de gestion du temps. Dans les deux cas, il s’agit de compétences intrinsèquement humaines, ou tout du moins, celles que nous réserverons à l’Homme au profit de celles prises en charge par l’intelligence artificielle et les robots.

Comment détecter les savoir-être?

Impossible de se fier au simple CV pour identifier des soft skills. On évitera également de faire des raccourcis maladroits avec les passions et les sports pratiqués pour y voir un quelconque signe d’esprit collectif ou de créativité exacerbée. Dès lors, comment savoir si son candidat possède les compétences comportementales requises? La réponse se trouve en amont de l’entretien de recrutement. En effet, l’identification des savoir-être démarre dès l’instant où le besoin et la volonté de gonfler ses rangs jaillissent. Quels soft skills sont nécessaires pour assurer l’intégration d’une nouvelle recrue, pour qu’elle mène à bien ses missions et pour qu’elle s’épanouisse? Les lister dans une offre d’emploi permet d’être davantage à propos et de gagner du temps.

Il convient également d’interroger les processus de recrutement, généralement structurés pour valider un certain nombre de compétences techniques. L’enjeu est d’identifier ce qui ne s’apprend pas, en toute objectivité. Ne faudrait-il pas miser sur des questions ou des pratiques qui sortent les candidats du processus de recrutement traditionnel pour faire émerger leurs soft skills?

Autre option: les tests de recrutement prédictifs qui permettent de découvrir les candidats, au-delà de leur CV, et de vérifier leur capacité à réussir et à s’épanouir durablement au sein de l’entreprise.

En définitive, les processus de recrutement doivent évoluer vers des méthodes combinées et différentes. C’est en alliant technologie et sensibilité humaine que nous pourrons identifier au plus tôt les soft skills des futures forces vives de l’entreprise.

La diffusion et la multiplication des technologies ont des répercussions sur nos destinées professionnelles dont la désuétude de nos compétences techniques est la plus flagrante. Face à cette obsolescence programmée, les soft skills apportent certains éléments de réponse. Lorsque les robots assureront l’ensemble des tâches opérationnelles, que restera-t-il à l’Homme si ce n’est d’affirmer son intelligence émotionnelle? Corollaire de cette valorisation des savoir-être, les profils les possédant sont en forte demande et donc… potentiellement en pénurie. La guerre des intelligences aura bel et bien lieu… mais seuls les Hommes s’y affronteront.

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