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TRANSFORMATION ET ACCÉLÉRATION DE LA PERFORMANCE

Repenser son impact via l’économie circulaire



Repenser son impact via l’économie circulaire . (TNP Luxembourg)

Repenser son impact via l’économie circulaire . (TNP Luxembourg)

Le business as usual a fait son temps, et le «toujours plus et toujours plus vite» est en train de faire place au «meilleur et plus longtemps». Ces préceptes résument le changement de paradigme qu’est l’économie circulaire, cette nouvelle façon de concevoir la manière de générer de la valeur.

L’économie circulaire décorrèle la croissance économique de la consommation des ressources, et dépasse le schéma désormais désuet du «Product-Use-Waste». En changeant leur façon de voir leurs produits obsolètes ou les déchets générés, les entreprises peuvent trouver des opportunités économiques là où il n’y avait jusqu’alors que coûts de traitement et pollutions diverses.

La conjonction du développement démographique et des modèles de consommation actuels rend le niveau d’utilisation des ressources naturelles inacceptable et non durable. Développer une politique circulaire dans sa chaîne d’approvisionnement permet à l’entreprise de garder le contrôle sur les ressources utilisées dans le cycle de vie d’un produit, en augmentant son indépendance et sa résilience face aux contraintes et menaces extérieures potentielles, qu’elles soient de nature politique, économique ou environnementale.

Au-delà de l’aspect économique, une meilleure gestion des ressources permet, de facto, de minimiser l’impact environnemental de l’activité d’une entreprise, enjeu ô combien décisif aujourd’hui et bien compris des politiques et législateurs. Lorsqu’on regarde l’agenda de l’économie circulaire de l’Union Européenne, élaboré dans la continuité du Plan d’Action de 2019, on constate une forte accélération législative et normative qui touchera, sur les trois prochaines années, une diversité de sujets tels que la politique pour les produits durables, les achats verts, la réduction des déchets, la supervision de la circularité, la certification de la circularité pour l’industrie, des initiatives en matière de gouvernance d’entreprise durable, ainsi que des règles sur l’information non financière. Dans la conjoncture actuelle, trois facteurs viennent renforcer le développement de l’économie circulaire de l’Union Européenne:

·       Les plans de relance verts qui visent à sauvegarder et à renforcer les acquis en termes de circularité;

·       L’importance accrue de la résilience pour se prémunir contre les pénuries de ressources et les risques liés à la chaîne d’approvisionnement;

·       La prise de conscience, lors de la pandémie, de la nécessité d’une relocalisation et d’une création de valeur intra-européenne.

Si l’économie circulaire peut être infusée dans tous les pans de notre économie, certains secteurs sont plus propices à la mise en œuvre de projets circulaires. Ainsi, la construction est le secteur emblématique d’une circularité qui interviendrait de la conception des produits jusqu’à leur valorisation après usage. L’électronique, l’industrie des transports, l’agriculture, la chimie et l’industrie pharmaceutique sont aussi propices à développer de nouveaux procédés.

Bien que le tournant de l’économie circulaire prôné par les Accords de Paris soit aujourd’hui essentiel pour préserver les ressources, il paraît pour beaucoup incompatible avec la rentabilité des entreprises. Cette transformation en est à ses débuts et ne se fait pas encore à grande échelle. Pour accélérer ce changement de paradigme, le rôle des catalyseurs est clé, qu’il s’agisse des instances publiques gouvernementales (législateurs, régulateurs, instituts de recherche) ou non gouvernementales, tels que les banques, asset managers et investisseurs. Ces derniers ont un rôle majeur à jouer dans le financement d’un virage vers plus de circularité. En effet, investir dans l’économie durable et circulaire peut constituer de belles opportunités, notamment dans un cadre législatif qui exhorte à diminuer, voire supprimer les financements d’activités extractives non renouvelables . Pour l’instant, dans un contexte où les ressources sont abordables et facilement accessibles, la question peut sembler épineuse car le retour sur investissement ne serait pas aussi élevé. Mais en prenant de la hauteur, les risques à venir liés à une économie linéaire sont tellement importants, imminents, et potentiellement générateurs de coûts ou destructeurs de valeur, qu’il semble urgent que les dirigeants les considèrent et les gèrent en repensant leurs modes de production et de consommation.

Certaines entreprises ont déjà fait le pari de la transition vers la circularité. Un grand groupe de construction ferroviaire arrive à concevoir des trains à grande vitesse pratiquement entièrement recyclables et modulables, et avec une consommation amoindrie à l’utilisation grâce à une conception pensée en amont pour faire des économies (financières et énergétiques). Ce groupe se positionne comme un acteur majeur de la mobilité durable de demain.

Finalement, le tournant de l’économie circulaire exige un changement de comportement. Au niveau de la société, il s’agit de créer un environnement plus favorable aux innovations axées sur la durabilité et encourageant les pratiques durables des citoyens et des entreprises. Au niveau de ces dernières, il s’agit également d’une transformation culturelle passant par le déploiement de nouvelles pratiques, assises sur de nouvelles compétences.

Pour en savoir plus, rendez-vous à l’événement TNP « Comment la finance peut-elle relancer une économie durable? », le 6 juillet.

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