POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Union européenne

Rentrée perturbée pour le Parlement européen



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Entre la nomination de son nouveau président reportée à demain, mercredi, les manifestations annoncées de Catalans et le nouvel équilibre politique, le Parlement européen connaîtra une rentrée difficile. (Photo: Shutterstock)

Pas de Brexit, des manifestations d’indépendantistes catalans et pas de nouveau président: la rentrée du Parlement européen sera perturbée ce matin à Strasbourg, alors que les négociations pour les «top jobs» reprendront à 11h à Bruxelles.

Antonio Tajani n’aura pas de successeur aujourd’hui. Blocage dans les négociations pour les «top jobs» oblige, le président du Parlement européen a reporté à demain, mercredi, le sujet principal de la session de rentrée de l’institution, à laquelle participeront les six députés européens luxembourgeois.

Et même si rien n’indique que les chefs d’État et de gouvernement se mettront d’accord aujourd’hui, mardi, le conservateur italien a indiqué que le Parlement européen désignerait son successeur demain.

La session devrait donc commencer... par des manifestations d’indépendantistes catalans, qui entendent protester contre la décision du gouvernement espagnol de ne pas transmettre les noms de trois députés au Parlement européen: ceux de Carles Puigdemont, ex-chef du gouvernement régional catalan qui vit en Belgique pour échapper à un mandat d’arrêt espagnol; de son bras droit Toni Comin; et de l’indépendantiste Oriol Junqueras, qui est en détention provisoire en Espagne.

Les Britanniques toujours là

À l’inverse, les députés britanniques, qui n’étaient plus attendus dans l’enceinte européenne, seront bien là puisque le Brexit n’a toujours pas été adopté. 73 députés britanniques seront donc dans l’hémicycle de Strasbourg ce matin. Avec 29 élus, le parti de Nigel Farage sera même le parti national avec la plus grosse délégation.

Et comme le Parlement européen ne devait compter que 705 sièges sans les Britanniques, avec 27 sièges de moins redistribués aux autres États membres, 27 personnes (donc cinq Français, cinq Espagnols et trois Italiens) attendent la suite des événements pour intégrer, ou pas, le Parlement européen.

L’équilibre politique sera lui aussi inédit, puisque les conservateurs du PPE (182 députés) et les sociaux-démocrates (154) n’ont plus assez de députés européens pour s’entendre sur les grandes décisions. Renew Europe, poussé par les ambitions du président français Emmanuel Macron, avec ses 108 députés, et les Verts (75) ont bien l’intention de se faire entendre.

L’hémicycle strasbourgeois accueillera les six représentants du Luxembourg élus en mai dernier: Christophe Hansen (CSV, 62.622 voix), Isabel Wiseler-Lima (CSV, 49.496), Tilly Metz (Déi Greng, 55.359), Charles Goerens (DP, 97.445), Monica Semedo (DP, 50.890) et Nicolas Schmit (LSAP, 39.000).

Même si ce dernier ne devrait pas rester très longtemps au Parlement européen. L’accord de la coalition prévoit qu’il sera le prochain commissaire européen du Luxembourg.