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Rendre l’IT responsable et plus vert



L’IT responsable.  CGI

L’IT responsable.  CGI

Lentement mais sûrement, le numérique responsable tend à se faire une place dans le domaine de l’IT. Cyrille Chopelet, architecte technique chez CGI, nous explique comment l’entreprise optimise le codage et la conception d’applications pour rendre ses services plus verts. 

Monsieur Chopelet, quelles demandes recevez-vous actuellement de la part de vos clients ?

Cyrille Chopelet Nous observons, au Luxembourg et en France, un intérêt croissant pour le numérique responsable, un intérêt qui ne devrait pas tarder à être suivi par la mise en place de projets spécifiques autour de ce sujet. À titre d’illustration, l’un des leaders français de l’aéronautique a demandé à l’ensemble de ses partenaires de procéder à une autoévaluation de leur maturité dans ce domaine.

Comment réduire notre impact sur l’environnement et favoriser l’inclusion à travers les services technologiques et de télécom ?

C. C. Les logiciels faisant partie de notre activité, nous mettons tout en œuvre pour qu’ils soient le moins impactants possible. Pour ce faire, nous nous attaquons à l’aspect « obésiciel », désignant les logiciels devenus trop gros et disposant de nombreuses fonctionnalités non utilisées. Il est important de se concentrer sur le réel besoin auquel répondent ces solutions technologiques. Un autre impact important provient de la fin de support de certains logiciels ou matériels. Souvent, les machines trop anciennes ne peuvent pas installer et supporter de nouveaux systèmes. Les entreprises et particuliers qui souhaitent effectuer une transition doivent par conséquent renouveler leur parc informatique, alors que ce matériel est par ailleurs tout à fait fonctionnel.

Il est également important de noter qu’il ne suffit pas de rendre un outil disponible en ligne pour que chacun puisse s’en servir. Pour réduire son impact, la France a souhaité dématérialiser un maximum de démarches, mais ceci pourrait avoir pour effet de renforcer la fracture numérique. L’intégralité des démarches publiques doivent en principe être accessibles aux personnes en situation de handicap. En réalité, seuls 13 %* le sont. Dans ce contexte, on estime aujourd’hui que 17 %** de la population française souffre d’illectronisme et plus de 50 % des plus de 75 ans n’ont pas accès à internet. Encourager l’inclusion est donc primordial.

En matière de numérique responsable, vous misez notamment sur le Green Coding. En quoi cela consiste ?

C. C. Le Green Coding a pour but d’optimiser le code et de l’écrire de manière plus efficiente pour le rendre plus léger et respectueux de l’environnement. Cette manière de coder permet d’atteindre le même résultat en utilisant moins de ressources, ce qui se traduit souvent par un gain de performance.

Chez CGI, nous portons ce projet depuis cinq ans. Nous avions pour objectif de sensibiliser nos collaborateurs afin que le fait de coder de la manière la plus verte possible devienne un réflexe. Notre référentiel de bonnes pratiques de code s’intéresse, entre autres, aux itérations. Modifier la manière dont nous testons et calculons la longueur d’une collection (structure de données permettant de ranger plusieurs objets informatiques) permet d’économiser 5 % d’énergie.

Le Green Coding reste toutefois à mettre en œuvre pour optimiser son impact. En effet, si cette démarche permet de réduire cet impact de 15 %, il ne faut pas oublier que 25 % sont liés à l’hébergement et 60 % concernent la conception fonctionnelle (besoin réel de la solution technologique) ou technique (conception de l’architecture).

Outre cet aspect « code », l’écoconception permet également de devenir plus responsable. Comment la manière de concevoir des applications a-t-elle changé ?

C. C. On parle aujourd’hui de plus en plus de Green IT et d’IT for Green ou Tech for Good. Le premier consiste à la mise en œuvre de bonnes pratiques permettant de réduire les impacts de l’existant tandis que le second vise à élaborer de nouvelles solutions pour améliorer la situation, telles les smart cities.

Plus globalement, le numérique responsable regroupe ces préoccupations et intègre des notions de RSE. En matière de conception responsable de service numérique, le principal axe est de viser la sobriété, en se recentrant notamment sur les besoins utilisateurs. Des pratiques comme l’UX Design ou le Design Thinking sont connues pour la meilleure compréhension qu’elles apportent sur ces points, permettant d’éviter un « gras » fonctionnel et numérique.

Dans ce contexte, l’analyse du cycle de vie constitue un autre outil particulièrement important. Elle permet d’évaluer les impacts d’un service lors de sa création, de son utilisation et de sa fin de vie, évitant ainsi de faux gains perçus qui correspondraient à des transferts de pollution vers d’autres étapes.

Le numérique en quelques chiffres

50 %

des fonctionnalités demandées ne sont finalement jamais utilisées

15 %

des serveurs actifs ne rencontrent généralement aucune utilité

15 %

de l’impact environnemental peuvent être épargnés grâce au Green Coding

Le numérique responsable

Green Coding

Les applications stockées occupent une place importante dans les bases de données. Optimiser le code permet de réduire cette occupation et d’améliorer l’impact environnemental.

Conception

Modifier la manière de concevoir les applications en se focalisant sur les besoins des utilisateurs permet de les rendre accessibles au plus grand nombre (malentendants, malvoyants) et d’améliorer son environnement IT.

Analyse de cycle de vie

Ce processus nécessite des compétences pointues et est indispensable pour mesurer les impacts de chaque fonctionnalité (de sa mise en place à sa fin de vie).

Référentiels

Mise en place de référentiels par l’Institut du numérique responsable pour concevoir de manière responsable.   

Pour en savoir plus, rendez-vous sur  https://www.cgi.com/luxembourg