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Que faut-il attendre en 2019 sur les marchés?

Une volatilité accrue



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Maya Bhandari: «Les signaux d’alarme auxquels nous sommes attentifs, et qui pourraient laisser présager un retournement brutal, ne sont pas encore tous activés.» (Photo: Columbia Threadneedle Investments)

Les contributeurs de la chronique financière livrent leurs prévisions sur les marchés en 2019. Que faut-il attendre comme tendances? Quels marchés seront porteurs? Éléments de réponse avec Maya Bhandari, gérante du fonds Threadneedle (Lux) – Euro Dynamic Real Return chez Columbia Threadneedle Investments.

La dernière décennie depuis la grande crise financière représente le plus long marché haussier de l’histoire.

Par conséquent, il ne fait aucun doute que le cycle actuel touche à sa fin, même si celle-ci n’est pas encore imminente selon nous. Nous pensons plutôt que le cycle a été prolongé par une combinaison de facteurs structurels conduisant à des taux d’intérêt bas, une faible inflation et une croissance modérée. Les signaux d’alarme auxquels nous sommes attentifs, et qui pourraient laisser présager un retournement brutal, ne sont pas encore tous activés. Cependant, nous devons nous attendre à une volatilité accrue. 

Notre prévision pour 2019 est que la croissance économique mondiale ralentira, mais restera suffisamment stable pour que les banques centrales resserrent leur politique monétaire et pour que la croissance des entreprises et de leurs bénéfices se maintienne. Les valorisations, quant à elles, semblent plus attrayantes et offrent de meilleures primes de risque suite à la correction des marchés à laquelle nous avons assisté au cours du dernier trimestre.

Dans ce contexte, nous estimons que les obligations d’État des pays développés n’offrent pas une diversification efficace au sein des fonds mixtes. Par conséquent, nous n’avons recours à la duration que modérément dans nos portefeuilles. Au lieu de cela, nous nous tournons vers du crédit Investment Grade à court terme, les titres gouvernementaux à court terme et les liquidités pour ancrer notre portefeuille et réduire sa volatilité globale.

Les écarts de crédit entre les États-Unis et l’Europe se sont élargis.

Maya Bhandari, gérante du fonds Threadneedle (Lux) – Euro Dynamic Real Return, Columbia Threadneedle Investments

Les écarts de crédit entre les États-Unis et l’Europe se sont élargis. Certains aspects du crédit d’entreprises paraissent intéressants du point de vue de la valorisation, notamment le high yield européen. Une croissance économique décente, des bénéfices des entreprises satisfaisants, un effet de levier nettement moindre et un risque de défaut limité sont autant de supports du crédit d’entreprises européennes, qui présentent aussi l’avantage d’être de meilleure qualité et de durée inférieure au crédit des entreprises américaines.

Conscients des opportunités et des risques potentiels, nous nous préparons à débuter 2019 avec une préférence pour les marchés actions plutôt que les marchés obligataires, et nous sommes plus optimistes en particulier sur le marché boursier japonais, qui se caractérise par un fort niveau de restructuration et par une croissance économique et des bénéfices supérieurs au consensus. Nous prévoyons également une bonne croissance des bénéfices des entreprises sur les marchés des actions asiatiques et européens, où nous avons progressivement accru nos expositions.

Grâce au réajustement des valorisations boursières, l’environnement actuel constitue un terrain de chasse idéal pour les gérants actifs capables d’identifier des actions se négociant en deçà de leur valeur intrinsèque.