POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Mobilité sur le rail

Une ligne à deux vitesses



Les craintes fusent autour du futur plan d'horaires de la SNCB qui inquiète politique et usagers en Luxembourg belge. (Photo: Blog passion trains)

Les craintes fusent autour du futur plan d'horaires de la SNCB qui inquiète politique et usagers en Luxembourg belge. (Photo: Blog passion trains)

Chaque semaine, Paperjam.lu revient sur une actualité de la Grande Région. Il est cette fois question de la ligne ferroviaire Bruxelles-Luxembourg qui suscite les inquiétudes des élus et usagers belges en raison des nouveaux horaires proposés par la SNCB.

Inquiétudes et déceptions dominent – à nouveau – l'actualité autour de la ligne ferroviaire 162 qui relie Bruxelles à la capitale grand-ducale. La Société nationale des chemins de fer belges (SNCB) bat en effet campagne médiatique depuis quelques jours pour avertir ses usagers des nouveaux horaires qu'elle proposera dès le 14 décembre prochain.

Échaudés vis-à-vis du sort réservé à l'axe utilisé par de nombreux frontaliers belges, différents interlocuteurs politiques et associatifs basés dans le Luxembourg belge voisin se sont d'ores et déjà penchés sur le tableau des départs de train.

Pagaille en vue

Parmi ces observateurs vigilants, Les amis du rail, association basée à Halanzy et active depuis plusieurs années pour le maintien d'un service public ferroviaire dans le sud du Luxembourg belge, «ne décolèrent pas».

Leur site internet ajoute que, d'après les premières simulations, les «navetteurs et étudiants auront des surprises en décembre, si rien ne change...»

À titre d'exemple, toujours selon l'association, le parcours sera allongé de plus ou moins 12 minutes entre Libramont et Luxembourg. Entre 17h45 et 18h30, moins d'arrivées seront proposées à Libramont en provenance du Grand-Duché. «De plus, très difficile pour les personnes qui quittent à 17 heures les bureaux de reprendre le train de 17h09», ajoutent Les amis du rail.

Interpeller sans décider

Multipliant les exemples au départ de différentes gares frontalières, ces passionnés par l'univers du train entendent s'appuyer sur tous les leviers possibles pour modifier ces horaires.

Le point était d'ailleurs à l'ordre du jour de la séance de rentrée du Parlement wallon la semaine dernière. Un député luxembourgeois et bourgmestre de la ville de Neufchâteau, le socio-chrétien Dimitri Fourny, s'en est fait l'écho, ajoutant auprès des nos confrères de l'Avenir que «les chemins de fer suisses ont renoncé à l'achat de rames pendulaires qui étaient originellement destinées à accroître la vitesse commerciale sur la liaison internationale entre Bruxelles et la Suisse, via Luxembourg et Strasbourg».

Dans le même temps, la SNCF investit pour lancer des liaisons reliant Bruxelles à Strasbourg... en passant par Lille. Sous la tutelle du pouvoir fédéral belge, «la SNCB ne dépend pas du gouvernement wallon», a simplement regretté, en substance, le ministre en charge des Transports, Maxime Prévot.

Investissements souhaités

De l'autre côté de la frontière, on ne cesse de répéter que «l'on est prêt à investir», ce qui est d'ailleurs fait pour la partie de la ligne sur le sol grand-ducal. Les visites ministérielles se font aussi sur un rythme régulier.

En 2013, Claude Wiseler, à l'époque ministre en charge des Transports, signait à Arlon un protocole d'accord d'un «Schéma stratégique de mobilité transfrontalière» (SMOT) entre le Luxembourg et la Wallonie», aux côtés du ministre wallon Philippe Henry.

Son successeur, François Bausch, avait également rencontré ce dernier avant qu'il ne quitte le gouvernement wallon (où lui a succédé M. Prévot) dans la foulée des élections de mai dernier. En juillet dernier, François Bausch toujours se rendait à Stockem-Arlon pour y évoquer avec les autorités locales un projet de P+R qui serait en partie financé par l'État luxembourgeois.

Mais les autorités luxembourgeoises frappent-elles à la bonne porte? Les bonnes volontés sont présentes en Grande Région, encore faut-il les faire entendre à Bruxelles où le gouvernement est encore en formation. Car de l'avis de toutes les parties en présence, il serait difficilement concevable de vouloir établir un véritable plan de mobilité transfrontalière sans investir dans le rail.