PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS
BANQUES

Que faut-il attendre en 2019 sur les marchés?

Une croissance moins soutenue



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Damien Petit: «La politique monétaire moins expansionniste, la vigueur du dollar et la diminution progressive des effets favorables de la politique fiscale devraient freiner la croissance. Ailleurs dans le monde, les signaux d’essoufflement conjoncturel se multiplient.» (Photo: Banque de Luxembourg)

Les contributeurs de la chronique financière livrent leurs prévisions sur les marchés en 2019. Que faut-il attendre comme tendances? Quels marchés seront porteurs? Éléments de réponse avec Damien Petit, head of private banking investments à la Banque de Luxembourg.

La proximité du passage à la nouvelle année n’est pas de nature à modifier notre perception des marchés financiers et de l’environnement économique. Le contexte actuel nous incite en effet à maintenir un positionnement prudent au sein des portefeuilles gérés, qui se traduit par une sous-pondération de la poche actions. 

Outre-Atlantique, l’expansion économique, certes lente par rapport aux standards historiques de reprise, va entamer sa 10année, soit une période très longue. Il est cependant trop tôt pour parler de récession, mais le pic de croissance a probablement été atteint. 

La politique monétaire moins expansionniste, la vigueur du dollar et la diminution progressive des effets favorables de la politique fiscale devraient freiner la croissance. Ailleurs dans le monde, les signaux d’essoufflement conjoncturel se multiplient. Ils sont particulièrement visibles en zone euro, région où l’indicateur précurseur PMI composite se situe à son plus bas niveau depuis quatre ans.

Au sein des pays émergents, tous les regards sont tournés vers la Chine, en proie à un conflit commercial d’ampleur avec les États-Unis.

Damien Petit, head of private banking investments, Banque de Luxembourg

Les troubles sociaux impactent négativement l’activité, en particulier en France. L’atonie de la croissance italienne continue par ailleurs d’inquiéter, d’autant que les mesures expansionnistes prônées par le gouvernement ne sont pas de nature à doper le – très faible – potentiel de croissance du pays.

La zone euro, très exposée à un ralentissement du commerce mondial, ne dispose pas de marges de manœuvre significatives sur le plan monétaire et budgétaire pour réagir à une dégradation supplémentaire de la conjoncture. 

Au sein des pays émergents, tous les regards sont tournés vers la Chine, en proie à un conflit commercial d’ampleur avec les États-Unis. L’économie chinoise ralentit, freinée par une dynamique intérieure moins soutenue. La confiance des exportateurs chinois, en chute libre, laisse également présager un ralentissement brutal de la dynamique exportatrice en l’absence d’avancées importantes avec les USA.

Des signaux plus encourageants sont apparus ces derniers jours, mais l’émergence d’un accord d’ampleur sur la problématique du commerce entre les deux pays endéans les trois prochains mois paraît pour le moins une tâche ambitieuse.

Des valorisations moins tendues, mais reposant sur des attentes ambitieuses

Les valorisations des marchés actions paraissent moins tendues après la correction des dernières semaines, ce qui constitue un point encourageant. Les attentes de croissance bénéficiaires restent toutefois très ambitieuses, notamment en Europe. Il est dès lors probable que les bénéfices continueront à faire l’objet de révisions à la baisse dans les prochains mois.  

Dans ce contexte, nous privilégions une approche prudente, en maintenant notre sous-pondération de la poche actions au profit de la liquidité, celle-ci pouvant être très rapidement redéployée en cas d’accès de volatilité sur les marchés. Au niveau obligataire, nous favorisons une exposition importante à la dette des pays émergents en devises dures et à la dette étatique américaine. L’or – actif refuge – complète notre allocation.