POLITIQUE & INSTITUTIONS

Énergies renouvelables

Une course contre la montre pour passer au vert



D’ici à 2020, le Luxembourg s’est engagé à atteindre 11% d’énergies renouvelables dans sa consommation énergétique finale. Un objectif qui répond aux engagements pris dans le cadre des accords de Kyoto, mais qui se heurte encore à plusieurs défis.

Près de 20 ans après avoir ratifié les accords de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, le Luxembourg peine encore à tenir ses engagements. Avec une réduction de 19% de ses émissions de CO2 par rapport à 1990, année de référence, le pays n’atteint pas encore son objectif de baisse, fixé à 28%. En 2013, dernier chiffre disponible, le niveau d’émission rejoignait celui enregistré près de 20 ans plus tôt, après avoir connu un pic au milieu des années 2000.

Une situation paradoxale au vu des changements observés dans l’économie du pays, désormais pleinement orientée vers le secteur tertiaire au détriment de l’industrie, gros producteur d’émissions de gaz à effet de serre. D’autant plus que la tendance à la baisse observée depuis 2007 se présente comme moins importante que celle enregistrée entre 1990 et 1998. À cette date, l’ensemble des rejets de CO2 atteignait 8,4 tonnes, soit le chiffre le plus bas au cours des 25 dernières années.

Selon Camille Gira (Déi Gréng), secrétaire d’État au Développement durable, cette situation s’explique avant tout par «l’action des gouvernements précédents» qui n’auraient pas assez pris en compte l’impact environnemental dans leurs calculs, notamment fiscaux. Alors que les émissions issues de l’industrie ont été drastiquement réduites, celles du secteur de l’énergie restent à un niveau comparable sur la même période, et celles du transport routier ont doublé. Comprenez la politique visant à favoriser le tourisme à la pompe.

Le retard accumulé dans le domaine environnemental se traduit également par des difficultés à atteindre les objectifs de hausse de production et de consommation d’énergies renouvelables. D’ici à 2020, 11% de cette dernière doit provenir de sites de production fonctionnant aussi bien à l’éolien qu’à l’hydraulique, au photovoltaïque qu’à la biomasse. Selon les derniers chiffres disponibles, le niveau de consommation n’atteint pas encore les 5%.

Pour tenter d’accélérer la transition, le gouvernement mise prioritairement sur la multiplication des sites de production sur le territoire national. Sur la vingtaine de sites déjà actifs ou projetés, l’éolien tire son épingle du jeu puisque représentant plus de 75% des volumes globaux. Un choix qui s’explique bien évidemment en raison de la géographie du pays, peu propice à une exploitation plus poussée de l’hydraulique par exemple. Des expérimentations en lien avec le photovoltaïque ou la biomasse se développent cependant.

Déplacez votre souris sur la carte pour faire apparaître les éléments interactifs (Carte: Maison Moderne)

La concrétisation des engagements luxembourgeois d’ici à quatre ans passe donc par une accélération des projets de production d’énergie verte. Trois d’entre eux ont été présentés la semaine dernière au ministère de l’Économie. Représentant à eux seuls «un peu moins de 10% de l’objectif 2020», ces derniers visent à aboutir à la fois à réduire les émissions de CO2 et à accroître l’offre verte, que ce soit par l’éolien ou la biomasse. Réalisés dans le cadre de partenariats public-privé pour un total de 131 millions d’euros, ces trois projets doivent entrer tour à tour en service entre la fin 2016 et le deuxième semestre 2017. D’autres projets devront eux aussi voir le jour pour que le Luxembourg s’engage réellement sur la voie verte pour laquelle il a signé, en 1997...