POLITIQUE & INSTITUTIONS

«Trois mesures concrètes au gouvernement»



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«Depuis la création de mon entreprise, j’ai fait évoluer mes services, mes compétences, pour répondre aux attentes et demandes de mes clients», explique Corinne Migueres. (Photo: Atout Conseil Image)

Chaque mardi, Paperjam donne carte blanche à un entrepreneur, dans laquelle il évoque la manière dont il considère l’entrepreneuriat, les mesures qui pourraient être prises en faveur de celui-ci et un fait d’actualité qui l’a marqué. Aujourd’hui: Corinne Migueres, fondatrice et directrice d’Atout Image Conseil.

Madame Migueres, vous dirigez aujourd’hui Atout Image Conseil. Quels sont vos arguments pour convaincre plus de monde à devenir entrepreneur?

«Les motivations et les raisons qui poussent une personne à se lancer dans l’entrepreneuriat sont propres à chacune. Je dirais qu’elles sont liées à son propre vécu professionnel. Une des raisons est ce besoin essentiel de se réaliser en tant que créateur, coordinateur, réalisateur de ses idées; donner du sens à son travail en s’épanouissant pleinement et gagner de l’argent en étant autonome. 

Il me semble important de se poser les bonnes questions et d’identifier ses propres motivations entrepreneuriales, cette étincelle qui va allumer le feu sacré pour créer son business. Cette étape permet de se souvenir pourquoi on se lance dans cette belle aventure et faire face aux différents obstacles qui se dresseront inévitablement sur le parcours.

Mon travail est une véritable passion, assorti à un réel besoin de liberté. Depuis la création de mon entreprise, j’ai fait évoluer mes services, mes compétences, pour répondre aux attentes et demandes de mes clients. Ceux-ci ont plus que jamais besoin d’un accompagnement global pour aider leurs collaborateurs à mieux s’intégrer et s’épanouir au sein de l’entreprise, mais aussi avoir des outils leur permettant d’être plus performants. L’excitation et la stimulation sont nécessaires pour relever chaque jour les nouveaux défis.

Quelle proposition concrète voudriez-vous formuler au gouvernement pour favoriser l’émergence de nouvelles entreprises au Luxembourg?

«Je pense que le gouvernement devra se pencher davantage sur les aides, notamment financières, à destination des petites structures de services qui actuellement ne bénéficient pas de grand-chose.

L’entrepreneur(e) doit fournir beaucoup de travail et investir pas mal de temps avant de parvenir à générer des revenus suffisants lui permettant de couvrir les différents frais inhérents à la vie de son entreprise (la location de ses bureaux, le salaire qui permet de vivre de son activité, sa sécurité sociale, sa TVA, le matériel de travail…). De même, faire partie de réseaux professionnels pour développer son activité n’est pas gratuit non plus et il n’y a que 24 heures dans une journée!

Je proposerais donc trois mesures concrètes au gouvernement pour soutenir l’entrepreneur, lors de la première année de son activité:

1/prendre en charge tout ou partie des charges de la sécurité sociale;

2/appliquer un taux de TVA réduit;

3/mettre en place des subsides et aides ciblés pour les petites sociétés de services qui ont toujours du mal à obtenir des financements de la part des banques.

Un autre point important pour l’entrepreneur(e) réside dans le développement de l’accompagnement de sa société par des réseaux de référents, de mentors, qui sont autant de soutiens-clés lors du développement de ses activités.

Qu’avez-vous retenu de l’actualité de ces derniers jours? Quel événement vous a plus particulièrement marquée? Et pourquoi?

«Ce qui s’est passé à Nice le 14 juillet m’a évidemment terriblement marquée et bouleversée, d’autant plus que je suis originaire de cette merveilleuse ville multiculturelle et que toute ma famille y réside encore.

Au-delà de ce drame humain, je suis aussi choquée par l’impuissance du gouvernement français à gérer cette situation. Plutôt que de sans cesse panser les plaies après, il faudrait songer à mettre en place de vraies mesures de prévention et de sécurité pour davantage être efficace face à ces problèmes de radicalisation et d’importation de violence aveugle. Pourquoi ne pas rétablir, par exemple, le service militaire obligatoire, afin de permettre aux soldats de métier de mieux se consacrer à ce genre de missions? Cela permettrait aussi de réapprendre certaines valeurs patriotiques et républicaines à de jeunes Français qui ont perdu leurs repères.»