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Formule 1

Sortie de piste pour Gravity Sport Management



La saison de F1 2015 s'est avérée compliquée pour Genii. (Photo: The Geniii Group)

La saison de F1 2015 s'est avérée compliquée pour Genii. (Photo: The Geniii Group)

Chaque jeudi, la rédaction de Paperjam.lu revient sur les événements ayant marqué l’actualité un an auparavant. Cette semaine, le conflit latent autour de la liquidation de Gravity Sport Management.

Le 9 avril 2015, Gravity Sport Management (GSM), une société de gestion de pilotes de F1 basée au Luxembourg, a été placée en liquidation volontaire. L’acte officiel a été publié au Registre de commerce et des sociétés.

À l’époque, GSM est une filiale commune du groupe Genii Capital, qui détient l’écurie de F1 Lotus via sa filiale Gravity Motorsports, et de Promobe. Gerard Lopez et Éric Lux, aux commandes de Genii, en détiennent deux tiers du capital, et Flavio Becca, via son véhicule Promobe, 33%. GSM gérait la carrière des pilotes de l’écurie Lotus F1, Romain Grosjean et Esteban Ocon.

Promobe avait demandé la liquidation de la société dès janvier 2015, après avoir pris connaissance des chiffres provisoires de 2013. Selon lui, l’endettement colossal de GSM (22 millions d’euros pour un capital social de 31.000 euros) ne permettait pas la poursuite des activités. Ce que contestaient ses associés.

Incertitudes juridiques

Une assemblée générale extraordinaire a pourtant eu lieu le 9 mars 2015 et elle a voté en faveur de la mise en liquidation. Après cela, l’officialisation a encore mis un mois. Le gestionnaire du Registre de commerce et des sociétés (RCSL) avait en effet marqué son opposition, évoquant des incertitudes juridiques, liées au fait que les actionnaires majoritaires avaient voté contre la liquidation. Une incertitude balayée après enquête du comité juridique du RCSL.

Selon Genii, le problème de l’endettement ne se posait pas pour GSM, parce qu’il était presque exclusivement envers Genii et que la dette bancaire était quasi inexistante. Via communiqué, la société avait ensuite expliqué que l’endettement s’expliquait par la comptabilisation par GSM des investissements effectués dans le développement de la propriété intellectuelle comme dépenses, en attendant qu’ils deviennent productifs. Elle précise aussi que Promobe avait avalisé ce principe dans une assemblée générale antérieure.

Les négociations sont ensuite restées délicates, tout au long de l’année, entre les anciens partenaires autour de Gravity Sport Management. De son côté, Genii a aussi réduit la voilure de son aventure en F1. Le groupe a revendu l’écurie Lotus F1 à Renault au début de l’hiver tout en gardant une participation de 10% et une place au conseil d’administration pour Gerard Lopez.