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CHRONIQUE DES CHEFS ÉCONOMISTES

Mi-mandat et marchés



Stefan Van Geyt: «Il faut savoir que le marché actions américain suit un cycle de quatre ans connu sous le nom de ‘cycle présidentiel’, au cours duquel la deuxième année a tendance à être la pire et la troisième la meilleure.» (Photo: KBL epb)

Stefan Van Geyt: «Il faut savoir que le marché actions américain suit un cycle de quatre ans connu sous le nom de ‘cycle présidentiel’, au cours duquel la deuxième année a tendance à être la pire et la troisième la meilleure.» (Photo: KBL epb)

Chaque semaine, Paperjam vous propose un regard de chef économiste d’institution bancaire et financière sur l’actualité des marchés et de l’économie. Aujourd’hui, Stefan Van Geyt, group CIO au sein de KBL European Private Bankers, décortique les élections de mi-mandat aux US et la situation des marchés.

À seulement quelques semaines des élections de mi-mandat américaines qui auront lieu le 6 novembre, quelle est l’issue la plus probable – et qu’est-ce que cela signifie pour les marchés? 

Les Républicains détiennent actuellement 51 sièges contre 49 pour les Démocrates, et il suffirait donc d’un gain de deux sièges pour en prendre le contrôle. Avec une avance confortable dans les sondages et une campagne compétitive menée dans certains États traditionnellement acquis par les Républicains, comme le Nevada et l’Arizona, cela semble réalisable à première vue pour les Démocrates.

Toutefois, sur les 33 sièges à pourvoir, seuls huit sont Républicains. Sur les 25 sièges Démocrates restants, 10 se trouvent dans des États remportés par Trump en 2016, et dans six de ces États, Trump l’avait emporté avec un écart supérieur à 10%. Il s’agit donc d’une carte difficile à jouer pour les Démocrates, et bien qu’ils soient en tête dans les sondages et qu’ils soient capables de remporter deux États «Républicains», il semble assez improbable qu’ils n’en perdent aucun autre.

Il serait surprenant que les Démocrates ne reprennent pas la Chambre.

Stefan Van Geyt, group CIO au sein de KBL European Private Bankers

Contrairement au Sénat, les 435 sièges de la Chambre des représentants sont à renouveler. Bien que le découpage électoral ait tendance à favoriser les Républicains, il serait surprenant que les Démocrates ne reprennent pas la Chambre.

Bien qu’il soit difficile de formuler des hypothèses quant aux répercussions sur le marché, le scénario de référence prévoit un retour à une situation d’impasse, les Démocrates s’efforçant de bloquer la politique de Trump.

Il faut savoir que le marché actions américain suit un cycle de quatre ans connu sous le nom de «cycle présidentiel», au cours duquel la deuxième année a tendance à être la pire et la troisième la meilleure.

Depuis 1901, l’indice Dow Jones Industrial a progressé en moyenne de 7,3% en valeur réelle (après déduction de l’inflation).

Stefan Van Geyt, group CIO au sein de KBL European Private Bankers

À cet égard, il est bon de noter que les piètres performances enregistrées ces années-là ont tendance à se concentrer sur les neuf premiers mois de l’année. À partir du mois d’octobre de l’année électorale en question, le marché commence généralement à se redresser pour entrer dans la phase la plus vigoureuse du cycle de quatre ans, phase qui se prolonge jusqu’à la moitié de la troisième année.  

Nous nous situons précisément à ce stade du cycle – mais cela ne signifie pas pour les investisseurs que les marchés américains vont tout d’un coup reprendre leur envol.

Normalement, lors d’une année de ce type, les taux d’intérêt et les impôts augmentent, ce qui se traduit par des performances médiocres sur les marchés actions. Sous la présidence de Trump, les taux d’intérêt ont effectivement augmenté en 2018, mais les impôts ont baissé de façon spectaculaire. Il est donc très peu probable que la période 2018/2019 suive la tendance habituelle.

En outre, l’histoire montre que, lorsque le président est un Républicain, le marché est plus performant quand le parti républicain est majoritaire lors de l’année des élections de mi-mandat, tant à la Chambre qu’au Sénat.

Notre scénario de référence repose sur un Congrès divisé – avec un Sénat républicain et une Chambre démocrate.

Stefan Van Geyt, group CIO au sein de KBL European Private Bankers

Depuis 1901, l’indice Dow Jones Industrial a progressé en moyenne de 7,3% en valeur réelle (après déduction de l’inflation) lorsque la présidence et le Congrès étaient aux mains des Républicains. Les années durant lesquelles le président était républicain, mais la Chambre et le Sénat étaient contrôlés par les Démocrates, le Dow Jones a perdu en moyenne 2% en valeur réelle.

Toutefois, notre scénario de référence repose sur un Congrès divisé – avec un Sénat républicain et une Chambre démocrate. Historiquement, il s’agit du pire scénario, avec un recul annuel moyen de 7,3% en valeur réelle pour le Dow Jones.

Comme l’élection surprise de Donald Trump l’a elle-même montré, le vote de mi-mandat peut donner des résultats différents de toutes les prévisions. Et, quelle que soit l’issue électorale, les marchés restent influencés par un certain nombre d’autres facteurs externes.

C’est pourquoi, alors que la seule certitude mondiale reste l’incertitude, il n’a jamais été aussi important de diversifier son portefeuille.