ENTREPRISES & STRATÉGIES

Christine Hansen – Sleep Like A Baby

«Les fintech ou l’IT sont une vue trop restreinte»



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Christine Hansen: «Il ne faut pas oublier qu’à la fin c’est quand même l’être humain qui est la ressource la plus importante.» (Photo: DR)

Chaque mardi, Paperjam donne carte blanche à un entrepreneur, dans laquelle il évoque la manière dont il considère l’entrepreneuriat, les mesures qui pourraient être prises en faveur de celui-ci et un fait d’actualité qui l’a marqué. Aujourd’hui: Christine Hansen, fondatrice et directrice de Sleep Like A Baby, mention «Coup de cœur» du Cyel 2016.

Madame Hansen, vous dirigez aujourd’hui Sleep Like A Baby et Sleep Like A Boss. Quels sont vos arguments pour convaincre plus de monde à devenir entrepreneur?

«Convaincre n’est peut-être pas le terme le mieux choisi. Je crois qu’on a le 'gène' entrepreneur ou qu’on ne l’a pas.

Ce que j’apprécierais ce serait une plus grande visibilité du rôle et du potentiel de l’entrepreneur afin que les personnes qui ont le sentiment d’avoir une vocation ou un destin différents du travail 'régulier' puissent se reconnaître dans l’entrepreneuriat aussi tôt que possible.

Quelle proposition concrète voudriez-vous formuler au gouvernement pour favoriser l’émergence de nouvelles entreprises au Luxembourg?

«J’entends souvent que le Luxembourg se décrit 'entrepreneurial friendly'. Je trouve cela un peu hypocrite puisque la plupart du temps les seuls projets qui sont vraiment soutenus sont ceux appartenant au secteur des fintech ou de l’IT tout court.

Cette vue me semble un peu trop restreinte.

Il ne faut pas oublier qu’à la fin c’est quand même l’être humain qui est la ressource la plus importante.

Cependant, les petites entreprises qui visent le bien-être de cette ressource précise qu’est l’humain ne reçoivent pas de soutien financier ou un intérêt comparable aux start-up visant directement le développement de l’économie.

Je propose donc que le gouvernement prenne en compte les nombreuses et différentes facettes de l’entrepreneuriat.

Qu’avez-vous retenu de l’actualité de ces derniers jours? Quel événement vous a plus particulièrement marquée? Et pourquoi?

«Les événements aux États-Unis, liés au racisme, m’ont beaucoup touchée. Un de mes romans favoris est ‘To Kill a Mockingbird’ de Harper Lee. Et je trouve qu’en ce moment, ce roman retrouve toute son actualité.

Lorsque je l’ai lu avec mes étudiants, dans mon ancienne fonction de professeur d’anglais, ils avaient beaucoup de mal à comprendre l’injustice qui touchait les Afro-Américains à cette période-là, dans les années 1930.

Cependant, en observant les dernières nouvelles et les plus récents développements politiques, on peut constater que cette histoire a encore une très grande valeur d’actualité en 2016.

Cette violence et cette criminalité m’inquiètent, mais en même temps je sais que dans notre monde il y a encore beaucoup d’Atticus, l’avocat qui se bat pour Tom Robinson, qui est innocent, mais Noir.

C’est dans ces personnes que je place mon espoir, pour un monde meilleur, tout en sachant que j’ai ma propre responsabilité moi aussi.»