POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Martin Guérin (CEO de Nyuko)

L’entrepreneuriat, une qualité à travailler



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C’est donc aussi la responsabilité des entreprises de former leurs salariés, de favoriser les nouvelles idées et de trouver de nouveaux modèles de collaboration avec les start-up. (Photo: Chambre de Commerce)

Paperjam a laissé carte blanche à des experts pour revenir sur le rapport repris par le Statec et l’action de l’asbl Jonk Entrepreneuren à propos de l’esprit d’entreprise au Luxembourg.

Pour favoriser encore davantage l’esprit d’entreprise et la création de nouvelles entreprises au Luxembourg, il y a évidemment plusieurs axes de travail.

  • Développer la formation

Comme le démontre l’étude menée par le Statec, les personnes ayant reçu une formation à l’entrepreneuriat sont plus enclines à créer leur propre entreprise. Sur cet aspect, Nyuko contribue depuis plusieurs années aux formations de Jonk Entrepreneuren, la House of Training et l’Université du Luxembourg. Rappelons que ces quatre structures bénéficient toutes du soutien de la Chambre de commerce. Il faut persévérer.           

  • Trouver le bon angle de motivation

En Europe, plus d’un entrepreneur sur cinq se lance, car il n’a pas d’autre choix. Au Luxembourg, ce chiffre tombe à un sur dix. Cela s’explique probablement par le fait qu’il est plus facile au Grand-Duché de trouver un emploi stable et confortable. Ce n’est pas une mauvaise chose, au contraire! Cela signifie juste que ceux qui se lancent le font pour d’autres raisons.

  • Rendre le choix facile et partager le risque

L’étude indique que les entrepreneurs du Luxembourg sont avant tout motivés par l’opportunité. Très bien! Il faut donc faire en sorte que saisir l’opportunité soit facile et le moins risqué possible. Par exemple, la possibilité de tester ses idées sans prendre trop de risques peut être favorisée par des mesures phares, comme le statut d’auto-entrepreneur, le congé création, ou le statut chômeur-créateur d’entreprise.

  • Communiquer, fédérer et concentrer nos actions

La dynamique doit motiver tout le pays et envoyer un message au-delà même de ses frontières. Les institutions publiques, comme les entreprises luxembourgeoises déjà établies, doivent jouer le jeu. C’est l’un des objectifs de la House of Start-ups, bâtiment totem qui verra le jour début 2018 sur initiative de la Chambre de commerce et réunira sous un même toit le Luxembourg City Incubator, Nyuko et la Luxembourg House of Financial Technologies (Lhoft). Je suis convaincu que ce sera un argument de poids pour l’attractivité de la ville et du pays en matière d’entrepreneuriat.

  • Développer l’intrapreneuriat

Enfin, l’étude révèle qu’un tiers de l’activité entrepreneuriale se passe en fait dans les entreprises déjà établies, c’est ce que l’on appelle l’intrapreneuriat. C’est donc aussi la responsabilité des entreprises de former leurs salariés, de favoriser les nouvelles idées et de trouver de nouveaux modèles de collaboration avec les start-up. C’est dans ce but précis que nous avons créé le Luxembourg Open Innovation Club (LOIC).