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Festival

Le film italien à l’honneur



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Carlo Verdone recevra un Amilcar (trophée du festival) de la Ville de Villerupt en hommage à son œuvre. (Photo: D.R.)

Le 37e Festival du film italien de Villerupt bat son plein. Ce week-end encore, il sera possible de visionner les trésors récents de la production transalpine, notamment ceux récompensés par des prix.

Cette 37e édition est placée sous le thème de la famille. C’est sans doute un reflet de l’époque tourmentée que nous vivons et qui entraîne des replis vers des valeurs que l’on croit sûres: depuis quelques années, la famille est le thème dominant dans la cinématographie italienne. Certes, la vieille famille patriarcale n’est plus qu’un souvenir et les cinéastes italiens en déclinent à l’envi toutes les transformations.

La programmation laisse voir des comédies grand public (comme celle de Carlo Verdone «Sotto una buona Stella», à voir ce samedi en présence de l’équipe du film) ou des films plus pointus («Noi 4», également en présence de l’équipe), des bijoux excentriques («Marina» de Stijn Coninx), des films historiques («Sangue» sur les Brigades rouges), des films noirs («Anime nere» autour d’un trafic de drogue)… 

Flash-back

Villerupt, comme toute la région de part et d’autre des frontières, a connu une forte immigration italienne. De là à y créer un festival de cinéma italien, l’idée était quand même osée. C'est en fait un peu par hasard que le Festival du film italien de Villerupt est né en 1976. Un groupe de jeunes passionnés de cinéma organisait des week-ends thématiques sur le western, la comédie ou encore la science-fiction et, pourquoi pas… le film italien. L’époque était propice: une douzaine de films ont été diffusés et plus de 3.500 spectateurs se sont pressés pour les voir.

Les organisateurs ont donc reconduit l’expérience l’année suivante, puis encore… D'édition en édition, le succès a été grandissant jusqu'à dépasser 30.000 entrées en 1983. Le succès n’était pas seulement celui d’un cinéma, mais aussi celui d’une équipe, tous bénévoles, et d’une ambiance: transformation de la mythique Salle des fêtes de l’hôtel de ville (600 places), réouverture de salles de cinéma fermées et surtout restauration familiales, vu l’absence de restaurants sur la ville.

Progressivement, le nombre de films a été augmenté, le nombre de jours aussi, pour atteindre les deux semaines entre la Toussaint et le 11 novembre. Le nombre d’invités, leur renommée ont cru et on a pu voir Ettore Scola, Paolo Taviani, Nanni Moretti ou Ugo Tognazzi dans les allées du festival. Pourtant, en 1983, le festival s’est arrêté, reflet de la crise du cinéma italien, pour renaître trois ans plus tard, par la motivation d’une poignée de bénévoles.

Renouveau

En 1998, le festival a été professionnalisé et modernisé, il s’est détaché de la Maison des jeunes et de la culture, tout en continuant à mobiliser plus d’une centaine de bénévoles. Le schéma culturel est défini dans sa forme actuelle et le nombre de films est porté à plus de 60. Chaque année, le festival inclut une section thématique avec une rétrospective, un panorama des films de l’année et diverses compétitions.

La sélection des films vise principalement à refléter autant que possible la pertinence du cinéma italien sans aucune autocensure, même et surtout lorsque les auteurs, les comédiens et les thèmes évoqués sont ignorés en France. L’adhésion du public (plus de 46.000 spectateurs en 2010), plus jeune, plus international et d’un niveau culturel plus élevé, prouve le bien fondé de cette stratégie, validée par les institutions françaises, luxembourgeoises et italiennes.

Programme complet: www.festival-villerupt.com

Remise des prix, ce vendredi à 20h

Samedi, toute la journée, le Cinéma Paradiso programme les films primés.