PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS

Carte blanche

Instabilité financière: le calme avant la tempête?



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Aline Fares présente le monde bancaire comme vous ne l’avez jamais vu. (Photo: Aline Fares)

Notre association etika fête les 20 ans de son compte Épargne Alternative qui a prouvé sur la durée que l’on peut investir de manière socialement responsable dans l’économie luxembourgeoise et de façon transparente.

Notre association ne se borne cependant pas à promouvoir un produit financier, elle s’est aussi donné pour objet d’interroger le système bancaire et financier dominant, et ce surtout depuis le désastre de l’automne 2008. On aimerait pouvoir dire qu’aujourd’hui, les leçons d’un tel cataclysme ont bien été retenues: malheureusement il n’en est rien, et la situation est globalement pire que celle que nous avions connue à l’été 2008.

Les dettes privées sont au cœur du problème: cela avait déjà été le cas en 2007-2008 avec le crédit immobilier, mais aujourd’hui, la dette étudiante américaine a dépassé 1.350 milliards de dollars en 2017 et le pourcentage de défauts de paiement atteint plus de 11%. Une bulle immobilière s’est formée au Canada. La dette des ménages aux États-Unis a dépassé début 2017 le niveau qu’elle avait atteint en 2008 avant la faillite de Lehman Brothers. Le volume total de la dette des ménages avoisine 13.000 milliards de dollars.

Mais les États-Unis ne sont pas les seuls dans cette situation précaire. En fait, la dette privée mondiale atteint désormais 324% du PIB mondial, situation à la fois inédite et absolument inquiétante selon le FMI, d’autant que les dettes des pays du G20 croient beaucoup plus vite que leurs économies.

Enfin, et conformément avec l’administration Trump, qui n’a pas caché son aversion sur toute forme de régulation bancaire et financière au grand plaisir de Wall Street, les 30 banques systémiques mondiales (les fameuses «too big too fail») sont encore devenues plus grosses qu’en 2008; et comme si cela ne suffisait pas, le Financial Stability Board (FSB) a annoncé récemment qu’il abandonnait le critère du «too big to fail» pour évaluer les risques que font courir les assureurs au système financier mondial alors qu’on a vu que ceux-ci ont joué un rôle majeur dans la crise de 2008.

Bref, nous marchons vraiment sur la tête alors que, pendant ce temps, les défis fondamentaux concernant le changement climatique et l’accroissement phénoménal des inégalités dans le monde sont au pire ignorés, et au mieux très mal pris en compte. C’est pour répondre aux dysfonctionnements de notre système financier actuel, mais aussi pour présenter les pistes de sortie, que la finance sociale propose que etika organise deux évènements publics. Le premier est une conférence intitulée «La finance sociale pour une société plus juste» mercredi 29 novembre à 18h au 19, avenue de la Liberté, où nous traiterons des progrès réalisés comme des difficultés rencontrées par la finance sociale les 30 dernières années en Belgique comme au Luxembourg. Le deuxième évènement est une conférence gesticulée d’Aline Fares intitulée «Chroniques d’une ex-banquière». Ce one woman show traitera sur un ton très libre et absolument pas académique du vécu d’Aline Fares qui, après avoir travaillé pour Dexia Luxembourg, a franchi le Rubicon pour joindre les troupes du contre-lobby bancaire Finance Watch à Bruxelles. La représentation unique aura lieu le vendredi 1er décembre à 19h à l’Altrimenti.